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		<title>Eve, 1950, Joseph L. Mankiewicz</title>
		<description>Commentaires pour Eve, 1950, Joseph L. Mankiewicz</description>
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			<title>Dick Anginson A écrit :</title>
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			<description><![CDATA[1950 fut une très grande année pour le cinéma américain : "Quand la ville dort" de John Huston, "Sunset Bvd" de Billy Wilder, "Le convoi des braves" de John Ford, "Winchester 73" d'Anthony Mann... et "All about Eve". L'un des plus beaux films sur le théâtre ? Oui et non ou pas seulement. C'est avant tout un film de Mankiewicz et comme tous les films de Mankiewicz, une chronique acide de la manipulation. Le marionnettiste s'appelle Joseph Leo (surnommé par ses détracteurs "Monkeybitch") qui a confié ici les ficelles à l'insidieux Addison de Witt, alias George Sanders, acteur "bigger than life" au sommet de son art et de sa diction aussi élégante que perverse. Tout le cinéma de Mankiewicz est dans sa réplique glaciale à Anne Baxter : "You're an improbable person, Eve, and so am I. We have that in common. Also a contempt for humanity, an inability to love and be loved, insatiable ambition - and talent. We deserve each other...and you realize and you agree how completely you belong to me ?" Peu ou prou ce que dira 22 ans plus tard Andrew Wyke à Milo Tindle dans "Le limier", son ultime morceau de roi. "Le limier" qui contient quelques clins d'oeil à "Eve"... Quand les studios Disney firent "Le livre de la jungle", les animateurs se servirent non seulement des expressions de salaud aristocratique de Sanders pour créer le tigre Sher-Khan mais il lui prêta sa voix de fiel. La vie est un jeu, trichez ! Non, ce n'est pas dans un de ses films mais ce slogan publicitaire d'il y a quelques années irait à ses personnages comme une main d'acier dans un gant de velours. Dans le monde des animaux humains, la gentillesse et le manque d'ambition sont pour certains des faiblesses mais Mankiewicz sait aussi que l'on trouve toujours plus malin et carnassier que soi. Eve sera donc à son tour phagocytée par une fausse ingénue, aussi "mousy" qu'elle était elle-même apparue à Margo Channing. Comme Volpone-Fox sera trompé par Mosca-McFly, Diello par la comtesse Staviska, Pitman par sa rapacité et un crotale dans "Le reptile" (le titre original est bien plus mankiewicz-ien "There was a crooked man...") et Wyke à la fois par Tindle et aveuglé par sa prétendue supériorité intellectuelle et de caste. Mankiewicz adapta le "Jules César" de Shakespeare et sait bien que la Roche Tarpéenne n'est jamais loin du Capitole et qu'il faut se méfier de son propre fils adoptif. Il a peint les milieux qu'il connaissait à la perfection, lui qui fut scénariste, producteur et metteur en scène. Il décrira celui du cinéma avec "La comtesse aux pieds nus" et se serait certainement attaqué à celui de la télévision si il en avait eu les moyens et le temps. Ces portraits sans concession étant tout aussi transposables dans la bulle politique, des finances, des affaires et plus globalement partout où il vaut mieux s'abstenir d'espérer faire son trou si on a peur de se salir les mains pour arriver à ses fins. "Eve" est simplement une leçon de cinéma, de dialoguiste et de direction d'acteurs, au top desquels flamboient Bette Davis, Anne Baxter et George Sanders aidés par quelques seconds rôles remarquables, Celeste Holm, Thelma Ritter et le haut en couleur Gregory Ratoff, lui-même réellement producteur et réalisateur. Chapeau bas éternel à Bette Davis (une des plus fortes personnalités d'Hollywood avec Katherine Hepburn et Mae West) d'avoir eu le cran d'interpréter un personnage aussi proche d'elle, celui d'une star inquiète de se sentir vieillir. Doublement proche puisqu'elle épousera son partenaire Gary Merrill. Mais preuve que le cinéma n'est qu'une belle illusion, Bette Davis et Anne Baxter devinrent les meilleures amies du monde. Contre-exemple immédiat : le "Sarah Siddons Award" que remporte Eve Harrington fut inventé par Mankiewicz mais devint un trophée récompensant des acteurs de théâtre, trophée que reçurent beaucoup plus tard... Celeste Holm puis Bette Davis à titre honorifique ! Il faut voir et revoir Davis-Margo descendre l'escalier, légèrement imbibée et asséner à ses amis médusés de sa voix traînante et rauque inimitable "Fasten your seatbelts, it's going to be a bumpy night !" J'aurais aimé assister au tournage, ça a du être chaud avec de telles bêtes de et hors scène ! Essayez seulement d'imaginer un dîner réunissant Mankiewicz, Davis et Sanders. Aux tables à côté, personne ne devait moufter. Dans la mémoire du cinéma, Bette Davis restera Margo Channing comme Gene Tierney Laura Hunt, Mitchum le pasteur Harry Powell et... George Sanders Addison de Witt. "Eve" relancera sa carrière (un peu à l'image de Gabin avec "Touchez pas au grisbi") mais elle ne se verra jamais proposer mieux. Je n'ai pas le droit d'oblitérer la performance d'Anne Baxter, comédienne faussement passe-partout et d'une rare subtilité de jeu. Une qualité qui se remarqua dès ses débuts quand elle joua la Lucy de "La splendeur des Ambersons" (de ce film un peu bancal de Welles je garde la scène impressionnante où elle écoute avec un sourire désarmant Tim Holt lui annoncer qu'il s'en va puis, dès qu'il a le dos tourné, ses traits deviennent hagards, elle entre comme une somnambule dans une boutique puis s'effondre). Dans "Eve" elle est aussi crédible en apparaissant, petite chose fragile dans son imper miteux de pauvre groupie qu'en ambitieuse démasquée par de Witt puis à la fin en star déjà rouée et presque lasse de tant d'honneurs et restera à jamais associée à ce rôle.]]></description>
			<dc:creator>Dick Anginson</dc:creator>
			<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 13:01:19 +0000</pubDate>
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			<title>Sylkarion A écrit :</title>
			<link>http://cinecritiques.free.fr/cc/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=502&amp;catid=3:critiques-de-films&amp;Itemid=54#comment-341</link>
			<description><![CDATA[Note : 10/10 Film « ultime » sur la condition théâtrale, analogie de l'ambition côté pile et côté face, duel au sommet entre Bette Davis et Anne Baxter, scénario d'une habileté et d'une justesse inégalable, rien ne manque à ce chef d'ouvre de Mankiewicz. On appréciera particulièremen t le numéro de « Norma Desmond » de Bette Davis (le film de Wilder était sorti l'année précédente), ainsi que le duel de prédateurs opposant Anne Baxter et l'impressionnant George Sanders, dont le charisme n'a d'égal que la stature imposante. Rarement les sentiments humains n'avaient été aussi bien cernés et restitués sur grand écran. Une analyse de toute beauté parfaitement équilibrée par cette narration médiatisée qui opère comme un prisme reflétant les états d'âme des différents personnages. Une idée qu'on retrouvera dans la scène finale avec le trophée. Quelle chute !]]></description>
			<dc:creator>Sylkarion</dc:creator>
			<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 13:00:53 +0000</pubDate>
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