Fiche technique

 

Film américain
Genre : Thriller conspirationniste
Titre original : The Parallax View
Durée : 1h42
Scénario : David Giler, Lorenzo Semple Jr. et Robert Towne, d'après le roman de Loren Singer
Musique : Michael Small
Photo : Gordon Willis
Avec Warren Beatty (Joseph Frady), Paula Prentiss (Lee Carter), Hume Cronyn (Bill Rintels), William Daniels (Austin Tucker)...

 

Synopsis : Le sénateur Carroll a été assassiné par un individu isolé et déséquilibré. C'est du moins la conclusion de la commission d'enquête. Bizarre quand même tous ces témoins qui tombent comme des mouches, "accidentellement". Une journaliste tente de convaincre son collègue (Warren Beatty) qu'il y a anguille sous roche. Beatty doute, son amie meurt, Beatty est convaincu. Il part donc chasser l'anguille, découvrant peu à peu l'insoupçonnable vérité...

 

Mon avis : On nous cache tout, on nous dit rien.

 

Thriller paranoïaque et pessimiste comme le cinéma américain en était friand dans les années 70, A cause d'un assassinat n'a rien perdu de son efficacité, à l'instar de Conversation secrète ou des Trois jours du Condor. S'inspirant de l'assassinat de John F. Kennedy, Pakula nous régale avec cette histoire de complot et d'organisation secrète, en l'occurrence la très inquiétante Parallax Corporation. Organisation que le petit journaliste têtu incarné par Warren Beatty (très bon, très chevelu) va affronter à ses risques et périls dans ce film sobre et prenant.

 

La tension d'A cause d'un assassinat repose paradoxalement sur sa lenteur, et c'est quand l'action s'emballe un peu (une bagarre banale et une poursuite bof) que l'intérêt retombe. Jouant sur l'ellipse ou au contraire sur l'étirement des séquences, Pakula mène son récit avec une grande intelligence. L'atmosphère, très soignée, inquiète subtilement. A ce titre, le travail de Gordon Willis, à qui l'on doit la photo du Parrain, est exceptionnel, alternant les clairs-obscurs d'intérieurs confinés avec la grandeur menaçante de décors écrasants, comme lors de la longue séquence finale dans l'immense salle de conférence. Le film flirte alors avec une certaine abstraction très séduisante.

 

Entre autres scènes remarquables, citons celle de l'avion : Warren Beatty, persuadé qu'il y a une bombe à bord, tente d'alerter l'hôtesse. Et Alan J. Pakula de signer un moment de cinéma digne d'Alfred Hitchcock. Quant au très bizarre "clip" projeté par la Parallax Corporation à ses apprentis Lee Harvey Oswald, c'est un petit chef-d'oeuvre de montage, un véritable film-dans-le-film qu'il faudrait analyser en détail mais je n'ai pas le temps. Pour l'anecdote, les deux premières versions du scénario n'étant pas satisfaisantes, Warren Beatty proposa à Robert Towne, l'auteur de Chinatown, de collaborer à la réécriture. Ce qu'il fit, mais incognito, car la grève des scénaristes en ce printemps 1973 le lui interdisait.

 

Ma note : 7,5/10

 


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Ecrit par Pisto.

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