Fiche technique
Film américain
Date de sortie (France) : 26 février 2003
Genre : Survival musical
Scénario : Scott Silver
Musique : Eminem
Photographie : Rodrigo Prieto
Avec Eminem, Kim Basinger, Brittany Murphy, Mekhi Phifer, Eugene Byrd…
Synopsis : Rabbit sait que son talent de rappeur peut lui offrir une porte de sortie vers la réussite, mais pour réaliser ses rêves, il doit trouver les mots qui expriment sa révolte et ne pas se laisser paralyser par le trac lors des « rap battles », où des rappeurs s’affrontent à coups de rimes devant un public surchauffé…
Mon avis : On connaissait l’étalon de Philadelphie. Voici venu son poulain de Détroit…
La médisance semblait être de rigueur à l’annonce d’un « biopic » sur le phénomène du hip-hop Eminem. On pouvait craindre un édifiant film publicitaire, un produit indigeste pour ados et autres inconditionnels de la star. Il n’en est rien, n’en déplaise aux détracteurs du « rappeur blanc ». On en est même très loin. Curtis Hanson et son scénariste Scott Silver ont misé sur le réalisme avec 8 Mile en tenant à dépeindre le plus fidèlement possible cet univers si méconnu des « battles » où poètes de rues et autres anonymes luttent sans fin pour leur survie.
Et si le film est à ce point réaliste, c’est qu’il s’agit d’une biographie à peine déguisée d’Eminem. Film générationnel s’il en est, 8 Mile entend non seulement nous présenter le parcours d’un prodige ayant logiquement réussit à percer en franchissant cette symbolique 8 mile, barrière aussi bien physique (une route) que psychologique séparant Détroit de sa banlieue, mais également faire découvrir au néophyte que le hip-hop, le vrai, est à cent lieues des clichés qu’on lui assène quotidiennement sur MTV et ses nombreuses petites sœurs.
Ce qui fait la force du film de Curtis Hanson, c’est avant tout la performance d’Eminem. Pour une première prestation sur grand écran, nul doute qu’elle restera dans les annales tant son jeu sidère par une telle intensité. Un regard qui en dit long et fait rapidement oublier le personnage et ses frasques plus ou moins gratinées. Eminem acteur est un bon et aurait probablement été un grand s’il avait poursuivi l’aventure après 8 Mile, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Et puis à noter aussi que Curtis Hanson persiste et signe en voulant redorer le blason poussiéreux de la moribonde Kim Basinger.
Outre la performance de son acteur, le cinéaste a su également bâtir un récit qui tient en haleine grâce à de nombreux emprunts. Avec non pas 45 secondes (le temps d’une « battle ») mais près de deux heures pour convaincre, Hanson prenait le risque de lasser avec les clichés du « film d’ascension sociale » et ses nombreux passages obligés. Or, il n’en est rien, et ce grâce à Rocky et Will Hunting. Oui, rien que ça. On est rapidement charmé par Jimmy et sa bande de potes comme on avait pu l’être avec Will et les siens. Preuve que les « galériens » ont toujours la cote.
Sinon, il ne fait aucun doute que 8 Mile est construit sur le modèle de Rocky avec un outsider qui va en prendre plein la gueule mais finira quand même par éclater au grand jour. Pour s’en convaincre il suffit de relever les nombreux clins d’œil à la saga Balboa : saut à la corde (sans corde) devant le miroir, présentation des deux concurrents les yeux dans les yeux (à noter que l’intimidation en boxe est une exclusivité américaine), silences de Jimmy au début de chaque "battle" (comme Balboa encaisse au début de chaque combat) avant un déluge de rimes ou de coups, etc… Bref, les modèles étaient bons et le petit nouveau n’a pas à rougir de la comparaison.
Note : 8/10










