Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 27 septembre 1968
Genre : Science-fiction
Titre original : 2001 : a space odyssey
Durée : 2h21
Scénario : Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke
Musique : Richard Strauss, Johann Strauss...
Directeur de la photographie : Geoffrey Unsworth
Avec Keir Dullea (David Bowman), Gary Lockwood (Frank Poole), William
Sylvester (docteur Heywood Floyd), Daniel Richter (Moonwatcher),
Douglas Rain (voix de HAL9000), Leonard Rossiter (Smyslov), Margaret
Tyzack (Elena)...
Synopsis : L'histoire de l'humanité.
Mon avis : Pourquoi parler de ce film ? C'est un film long, lent et intellectuel. Oui c'est un film long, lent et intellectuel, mais pourquoi parler de ce film ? Parce que c'est un film puissant dans sa forme et dans sa réflexion, c'est une expérience cinématographique marquante à condition de ne pas le voir avec des idées préétablies et péjoratives à propos des films "intellectuels". Selon moi ce n'est pas un film d'"intello", c'est plutôt un film mature. Avant 1969, on réalisait des films de science fiction style La Guerre des Mondes, films plutôt de divertissement pour un large public. 2001 : l'odyssée de l'espace ouvre une nouvelle voie pour le cinéma de science fiction : le cinéma de science fiction pour adultes.
La force de 2001 tient dans sa portée philosophique. Ainsi dès le
début retentissent les notes de Ainsi parlait Zarathoustra de R.
Strauss, ce qui fait directement référence à Nietzsche, on est dans la
vision de ce philosophe. La technologie permet à l'animal de devenir
homme et la destruction de cette technologie par la main de l'homme
permettent à ce dernier de devenir un surhomme. C'est sous cette vision
que le film s'articule : 3 parties, l'aube de l'humanité (stade
animal), l'espace (l'homme) puis le voyage visionnaire intergalactique
sous LSD pour finir sur l'image d'un foetus géant flottant dans
l'espace (le surhomme).
Le film est une adaptation très libre du roman du même titre de
Arthur C. Clarke. Par ailleurs pourquoi ce film est considéré comme un
chef d'oeuvre du genre ? Kubrick a collaboré avec la NASA pour la
conception des vaisseaux, des décors époustouflants, des costumes
jamais filmés auparavant... Tous ces éléments servis par un scénario
solide aux symboliques multiples libres d'interprétation selon chaque
spectateur, par la maîtrise de la mise en scène, par des dialogues
quasi inexistants (la première phrase est prononcée au bout de 20
minutes de film : "Vous êtes arrivé"), stimulent l'intérêt du
spectateur, sa concentration ; le spectateur est actif (chose assez
rare au cinéma).
Je vais m'arrêter de parler de 2001 puisque l'on pourrait en parler très longuement. Tout amateur de cinéma de science fiction doit voir et comprendre ce film, l'aimer ou le détester... Ce film ouvre la curiosité du spectateur et on ne ressort pas indemne de cette expérience cinématographique.
Note : 9/10











Commentaires
Quant à l'information mentionnée dans le dossier Kubrick selon laquelle le nom de l'ordinateur HAL ferait référence à IBM, elle a été démentie à la fois par Clarke et Kubrick : il s'agirait, selon eux, d'une simple coïncidence...
Voir ou revoir le film de Kubrick est à chaque fois une expérience sensorielle et philosophique unique. Nietzsche, omniprésent d'un générique à l'autre, trouve ici une illustration symbolique de sa pensée sous l'oeil d'un Kubrick qui devait rarement toucher terre durant le tournage.
Référence absolue pour certains, allégorie du trompe-l'oeil cinématographiq ue se vautrant allègrement dans ce qu'il pointe du doigt pour les autres, 2001 : A Space Odyssey ne laisse en tout cas personne indifférent. On a beau savoir à quoi s'attendre, chaque fois on se fait avoir. C'est aussi ça la force de ce film, l'incroyable attraction qu'il exerce sur l'oeil de l'esprit humain.
Note : 10/10
Ce qui a vieilli ? Le psychédélisme un peu fumeux de Clarke même si c'était aussi dans l'air du temps. Par contre, deux détails très basiques font de "2001" un film infiniment plus réaliste que n'importe quel autre tourné depuis : les ordinateurs ne font pas "bip bip" quand on tape sur les claviers et surtout les vaisseaux se déplacent sans bruit dans l'espace !
Pour ce qui est du hasard qui fit choisir le nom de HAL, je reste persuadé que ce n'en est pas un, quoi qu'aient pu dire Kubrick et Clarke et que la toute puissante IBM n'a pas du apprécier (même au second degré) qu'on suggère que dans un futur proche, un ordinateur devienne aussi inquiétant. Sur ce thème et à la même époque fut réalisé un petit film très sympa "Colossus : the Forbin project" (dont la trame sera bien pompée par "Wargames").
Allez sur :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/annees60/index.php
et sur l'émission consacrée à 1968 (le débat est à la fin de la 2ème heure).
Le lien audio direct :
http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/ANNEES60/ANNEES6020070825.ram
« 2001 Odyssée de l?espace » se lâche en dévoilant un avenir compressé dans un présent interminable au même titre que la toile de fond scintillante lui servant de tapisserie.
Chaque geste s?accapare la gestion du temps à volonté sans dissoudre le moindre minutage nécessaire à tout ce qui doit s?exécuter dans la logique de sa procédure.
Le temps mort si étranger au mouvement d'un septième art irrespectueux de l'immobilisme prend ici des couleurs resplendissante s d?énergies.
La technologie spatiale se berce de valses intégrales dans des cercles ininterrompus. Aucune précipitation n?a de mise dans ses hauteurs ou un stylo languissant en apesanteur s?exprime à la place du scientifique endormi.
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Franck Poole impassible devant un message d?anniversaire en différé alimente la définition d?un espace distribuant silences, indifférences et lenteurs le long d?un périple tous feux éteints menant vers un soleil raté.
L??uvre est reposante, lancinante, intensément interminable. Une eau de jouvence , un long sommeil battant à l?unisson d?un requiem de György Ligeti propulsant lentement sans espoir de retour deux privilégiés scrutés par un complexe électronique en manque de reconnaissance.
Un concept évolutif inconnu activé par une éclipse traversant le temps rapproche le primate de l?homme du ciel. L?os devenu machine à tuer envoie dans les airs les rudiments d?un instinct fragile que l?homme devra transformer d?époques en époques en raison tout en faisant évoluer un outil de recherche le plongeant vers la quête de ses origines.
Une intelligence supérieure invisible entretient degré par degré nos perceptions instinctives devenues sens vers une finalité semblant se répéter, une panoplie destructrice dont la machine s?inspire de plus en plus.
Quel est notre destin ? Ne serions-nous que des cobayes de laboratoires expérimentaux contingents, cloués au sol, testant l?intégralité d?une combinatoire sans fin.
Une meute scénarisée comme du bétail dans un roman nommé histoire en attendant qu?un privilégié découvre la porte des étoiles et nous livre enfin une identité.
« 2001 Odyssée de l'espace » est un majestueux saut de puce dans l'espace et le temps, un impact temporel scientifique en plein devenir offrant à l?aube d?un troisième millénaire la perspective de quelques verstes parcourues rapprochant l'homme de son géniteur universel
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