Fiche technique

Film britannique
Genre : Ascension sociale médiévale fantastique
Durée : 1h40min
Scénario de Charles Alverson et Terry Gilliam
Photo de Terry Bedford
Avec : Michael Palin (Denis Cooper), Harry H. Corbett (The Squire), John le Mesurier (The Chamberlain), Warren Mitchell (Mr Fishfinger), Max Wall (le roi Bruno le contestable), Terry Gilliam (l’homme aux cailloux)…

 

Synopsis : Le royaume du roi Bruno le contestable est ravagé par un monstre sanguinaire, Jabberwocky. Soucieux d’empêcher les commerçants de profiter de la situation pour s’enrichir et du même coup appauvrir le royaume, Bruno décide d’organiser un tournoi de chevaliers dont le vainqueur partira affronter le monstre et obtiendra comme récompense la moitié de la princesse et la main du royaume, à moins que ce ne soit l’inverse. C’est l’occasion rêvée pour Denis, fils de tonnelier renié par son père sur son lit de mort, de devenir enfin quelqu’un, même s’il n’en sait rien encore…

 

Mon avis : Quand Terry Gilliam rencontre Chrétien de Troyes...

 

Premier film en solo du seul américain de la troupe des Monty Python, Jabberwocky dénote le penchant de Terry Gilliam pour l’époque médiévale et un sens inné du burlesque et de l’absurde. Côté casting, Michael Palin est parfait en idiot idéaliste amoureux de la comptabilité et de la grosse Griselda. L’idée d’une pomme de terre pourrie comme viatique improvisé est une image assez amusante de la société que le brave Denis découvre peu à peu en arrivant « à la ville ». Une ville, ou plutôt un château en ruines, où le roi semble sur le point de rendre l’âme à chaque instant, où les commerçants ne pensent qu’à se remplir un peu plus les poches, et où un artisan vieillissant en vient à se couper un pied en échange de quelques pièces.

 

Gilliam s’amuse à dépeindre une société médiévale déjà axée sur le profit et la survie. Pour cela, l’idiot crédule de la campagne débarquant à la ville est un prétexte idéal. On retrouve déjà l’humour décapant des Monty Python : jeux de mots foireux, second degré à profusion, comique de répétition et monstre en carton pâte qui aurait parfaitement sa place dans le défilé du nouvel an chinois. L’histoire est on ne peut plus simple, louchant allègrement sur les œuvres de Chrétien de Troyes et la matière bretonne. La restitution est plutôt réussie, donnant une image peu reluisante d’une époque trouble finalement assez mal connue.

 

Malgré un enthousiasme et une grosse envie de filmer évidents, le film manque de rythme et la loufoquerie de Monty Python Sacré Graal fait cruellement défaut. On passe quand même un moment agréable en voyant ce brave Denis Cooper se ramasser des tuiles sans jamais s’énerver. Un premier film intéressant à la mise en scène parfois un peu trop brouillonne, où l’on retrouve déjà les prémices des chefs d’œuvres à venir de Terry Gilliam.

 

Les points forts : Une reconstitution assez bien travaillée. Quelques gags vraiment excellents.

 

Les points faibles : Film au rythme trop haché qui souffre un peu d’un scénario trop linéaire.

 

Note : 6/10