Série américaine
12 épisodes de 22 minutes
Avec David Duchovny (Hank Moody), Natascha McElhone (Karen Van Der Beek), Evan Handler (Charlie), Madeline Zima (Mia), Madeleine Martin (Becca Moody)…

 

Synopsis : Hank Moody est romancier et séparé de la mère de sa fille de 13 ans. Il est aussi accro aux femmes et aux drogues et ne peut s'empêcher de dire la vérité, tout le temps et à tout le monde. Oui, Hank est auto-destructeur...

 

Mon avis : Conte de la folie ordinaire…

 

On nous rabat les oreilles depuis deux millénaires avec Eve, ce malin de serpent, et cette délicieuse pomme, ce fruit défendu qui allait définitivement plonger l’homme et ses descendants dans le péché, pour les siècles des siècles. Mais on a oublié de nous parler du gars qui est reparti avec le pommier sous le bras, ou plutôt à bord de l’épave poussiéreuse qui lui sert de porsche. J’ai nommé, Hank Moody, écrivain malgré lui.

 

Californication, dernière série née chez Showtime, seul concurrent honorable que l'on puisse opposer à HBO, nous propose donc de suivre les déambulations d’un écrivain borderline se nourrissant exclusivement d’alcool, de tabac, de drogue et de débauche, souvent les quatre en même temps. Un rôle beaucoup plus fin qu’il n’y paraît que remplit superbement un David Duchovny très loin de son image de Fox Mulder, propret petit agent du FBI asexué qu’il incarna presque neuf saisons dans les légendaires X-Files.

 

Aux antipodes d’un Mulder donc, Hank Moody, il faut bien le dire, baise tout ce qui bouge. Et si vous êtes amateur d’images chocs, attendez patiemment l’épisode de la femme fontaine. Simplement mémorable. Mais plus mémorable encore, les dialogues, particulièrement crus et réalistes. Parfois même trop, au risque de rapidement saturer le seuil de tolérance de certaines personnes. D’autant plus que cette débauche… de débauche apparaît de plus en plus comme un prétexte à mesure que s’achemine le final de cette première saison. Heureusement, ça se calme à la mi-série pour verser dans la psychologie.

 

Au départ on nous pose donc le personnage à grands renforts de clichés. Imaginez ne pas pouvoir mettre le nez dehors sans vous faire allumer par une horde de jeunes femmes en chaleur tout juste sorties de l’adolescence, véritable armée en marche de fantasmes notoires. Et bien c’est à peu près ce que vit notre héros, dont l’assurance mêlée de nonchalance dégage un charme certain. Assez apparemment pour faire de lui un tombeur. Pourtant Hank ne s’aime pas et n’aime pas les autres, et il ne se gêne pas pour le faire savoir, ce qui contre toute attente contribuera à nous le rendre attachant.

 

Les perdants ont toujours beaucoup de succès auprès du public, et le héros de Californication n’échappe pas à la règle. Narcissique au possible, le personnage de Moody est pourtant tout sauf pathétique, spécialement quand le masque se fissure et qu’apparaît l’épave, la vraie, celle que même une hygiène de vie respectable serait incapable de renflouer. Preuve s'il en est que les scénaristes ne se contentent pas d'animer leur pantin de cliché ambulant d'écrivain alcoolo. En marge de tout ça, la série nous parle d’amour, d’engagement, de paternité, de sexualité (forcément) avant, pendant ou après mariage, et elle le fait sans tabous, sans détour, avec une fraîcheur revigorante et souvent provocante au risque d’en choquer certains. Résultat, même si cette saison 1 peine un peu à démarrer, une fois le rythme trouvé, difficile de décrocher.