Avec Teri Hatcher (Susan Mayer), Felicity Huffman (Lynette Scavo), Marcia Cross (Bree Van De Kamp), Eva Longoria (Gabrielle Solis), Nicollette Sheridan (Eddie Britt), Brenda Strong (Mary Alice Young)...

 

Synopsis : Wisteria Lane est un quartier résidentiel où la vie suit son cours... jusqu'au suicide de Mary Alice Young. Cette mère au foyer apparemment sans histoire s'est tirée une balle dans la tête. Devenue une âme errante, elle nous raconte les déboires de ses meilleures amies (Susan, Lynette, Bree et Gabrielle) après sa mort.

 

Mon avis : Depuis quelques années, Desperate Housewives est devenue la série incontournable du moment. Une aubaine pour Marc Cherry, son créateur, dont l'idée lui est venue en regardant les informations. Dans ledit journal, on apprenait qu'une femme au foyer en plein désespoir avait noyé ses enfants ! Après avoir raconté le fait à sa mère, cette dernière a elle-même avoué avoir déjà pensé à supprimer sa progéniture. A partir de là, le concept de la série est né.

 

Desperate Housewives se veut donc une satire de la vie des banlieues américaines, ce qui n'est pas sans rappeler l'oscarisé American Beauty. La ressemblance est d'ailleurs flagrante : la prédominance des fleurs, la musique très légère à base de percussions, des dialogues incisifs... Et comme pour toute série qui se respecte, la galerie des personnages rencontrés est variée et plaisante, que cela soit les quatre héroïnes (la maladroite, la maniaque, la superficielle et la maman débordée), leurs enfants, leurs voisins, leurs amis, la petite banlieue de Wisteria Lane prend vie sous nos yeux.

 

Ce fut également l'occasion pour quelques actrices sur le déclin de connaître une nouvelle gloire. En effet, passé les quarante ans, difficile de trouver un rôle marquant pour une Teri Hatcher habituée à jouer la potiche de service (Lois & Clark, Le Monde Ne Suffit Pas) !

 

La série bénéficie également d'une réalisation très soignée : les trouvaillles visuelles sont nombreuses, les décors sont criants de réalisme. La distribution est souvent au point et le scénario tient le spectateur en haleine jusqu'au dernier épisode grâce à l'intrigue principale : pourquoi Mary Alice s'est-elle suicidée ? Les scénaristes prennent alors un malin plaisir à nous mener par le bout du nez grâce aux traditionnelles fausses pistes et révélations inattendues. Entretemps, ce sont les vies de nos femmes au foyer qui sont exhibées : problèmes conjugaux, adultère, enfants rebelles, homosexualité...

 

La série aborde des thèmes compliqués sans complexes et sans aucune vulgarité. Car le point fort de Desperate Housewives, c'est d'avoir la faculté de toucher tout le monde à toutes les tranches d'âges. Difficile de ne pas se reconnaître dans un personnage tant chacun possède ses propres caractéristiques. Les ménagères sont peut-être les plus concernées (ne serait-ce que pour le titre : femmes au foyer désespérées), mais les maris et les enfants apprécieront cette série qui, sous ces aspects légèrement cucul-la-praline, oscille entre le drame, la comédie et la chronique pour offrir à tous un divertissement léger et coloré.

 

Mais à l'image du slogan de la série (tout le monde possède un secret inavouable), Desperate Housewives est loin du sans faute. Si les premiers épisodes possèdaient un charme acide et le plaisir de la découverte, la deuxième partie de cette seconde saison s'enlise dans la routine. A partir du moment où l'on a compris le concept d'un épisode, on tourne vite en rond, et les personnage eux-mêmes ont tendance à s'essouffler. Seule l'intrigue principale devient alors le ragot ultime qu'on veut à tout prix connaître pour aller se vanter auprès de ses amis, comme le font les parfaites commères.

 

Reste néanmoins que Desperate Housewives est une série que l'on attendait pas. Frais, léger, drôle et émouvant, les femmes au foyer désespérées n'ont pas fini de faire parler d'elles : Marc Cherry aurait déjà signé pour sept saisons en tout !

 

Note : 8/10