Série américaine
23 épisodes de 42 minutes
Titre original : Desperate Housewives (Season 3)
Scénario : Marc Cherry & Co
Musique : Steve Jablonsky. Thème de Danny Elfman
Avec Teri Hatcher (Susan Mayer), Felicity Huffman (Lynette Scavo), Marcia Cross (Bree Hodge), Eva Longoria (Gabrielle Solis), Nicollette Sheridan (Eddie Britt), Brenda Strong (Mary Alice Young), Kyle MacLachlan (Orson Hodge)…

 

Petite mise en garde : Ne pas lire ce qui suit si vous n’avez pas encore vu les trois saisons.

 

Synopsis : Six mois ont passé depuis l'accident de Mike Delfino, maintenant plongé dans le coma. Pendant que Susan attend patiemment qu'il se réveille, Lynette doit affronter la « petit aventure » sans lendemain de son mari, Gabrielle est en lutte perpétuelle contre Carlos et Bree est sur le point de se marier avec Orson Hodge, un dentiste au passé bien trouble...

 

Mon avis : Devant les critiques mitigées qui ont assailli la saison 2 de Desperate Housewives, il était normal que Marc Cherry tente de rectifier le tir après une deuxième fournée pas désagréable mais quelque peu brouillonne, pour ne pas dire complètement éclatée. En résumé, la saison 2 a gardé une certaine constance dans un rythme... en dent de scie : du bon, du mauvais, du bon, du mauvais, des fois du très bon suivi du très très mauvais. La faute aussi à des personnages trop nombreux assez inutiles (Karl Mayer) qui prennent trop de place à l'écran par rapport à d'autres qu'on aurait souhaité voir plus souvent (Mike Delfino).

 

Sans oublier une intrigue principale clairement inadaptée ! On revient sur le sujet épineux des Applewhite dont le secret n'était pas inintéressant mais hélas saupoudré à la va-vite sur quelques épisodes où ils sont au centre de toutes les discussions alors que, le reste du temps, ils n'existent carrément plus. Quant aux autres intrigues, les « intriguettes » pour les intimes, elles sont belles et bien présentes et, comme d'habitude, amorcées en fin de saison dans le but de s'ouvrir et de s'épanouir dans la suivante, pour maintenir un public encore et toujours friand de potins à raconter au bureau. Le double épisode final de la saison 2 permet d'ailleurs de faire un petit peu de rangement dans un désordre assez important : résolution du problème Applewhite, départ de Karl, etc... le tout permettant de débuter une troisième fournée sans perdre le contrôle au premier tournant.

 

Objectif atteint : le show repart une nouvelle fois, mais dans une direction moins humoristique et bien plus sombre, comme l'annonce l'introduction du premier épisode, qui ne fait que confirmer le côté pas franchement clair de Orson Hodge, interprété par un Kyle MacLachlan (Dune, Blue Velvet) que l'on avait plus trop l'habitude de voir ces dix dernières années. L'intrigue principale tourne ainsi autour de lui et de son ex-femme, mystérieusement disparue, ce qui s'annonce d'ores et déjà plus passionnant que l'intrigue du malheureux prisonnier de la cave des Applewhite, vu que cette fois, les personnages énigmatiques sont en relation directe avec nos héroïnes. Seulement, ce mystère se résout hélas bien vite (tout est bouclé au bout du 15ème épisode).

 

Il faut dire que le tournage de la saison 3 a pris des allures de rallye avec la grossesse surprise de Marcia Cross (Bree), et hors de question pour les scénaristes de bousiller un tel personnage en lui collant un bébé dans les pattes (quoique...). Mais le résultat est là : l'actrice disparaît alors de la série durant plusieurs épisodes, et dire que la perte est énorme serait un euphémisme, tant son personnage est considéré comme le plus intéressant. Heureusement pour nous, les autres femmes au foyer n'ont pas de quoi rougir, et malgré les traditionnelles baisses de rythme de début de saison (à partir du 3ème épisode), un épisode particulier vient se démarquer grâce à la prise d'otages du septième épisode (ce chiffre porte-t-il vraiment bonheur ?), d'une intensité rare pour une série d'un tel registre.

 

On saluera aussi l'initiative des scénaristes de remettre Susan (Teri Hatcher) à sa place et de ne plus lui coller l'étiquette « sex-symbol » sur les fesses, pour la faire retomber dans une intrigue amoureuse sympathique grâce au flegmatique Ian, ce qui, hélas, se transformera en un énième triangle sentimental avec le réveil de Mike. Quant à Lynette, son personnage évolue de manière assez étonnante, et si Bree restera sûrement la femme au foyer la plus appréciée, nul doute que Lynette arrive sans mal sur la deuxième marche du podium grâce au courage dont elle fait preuve face aux imprévus (l'enfant cachée, le voisin pédophile, la pizzeria). Sans surprise, on retrouvera aussi une Gabrielle fidèle à elle-même, c'est-à-dire pas franchement intéressante, à partir du moment où elle n'est plus avec Carlos. Pire, elle sert carrément de bouche-trou pour faire revenir des personnages dont on n'avait plus rien à cirer depuis belle lurette (le retour de John le jardinier et de Zach Young devenu millionnaire). Quant à Edie, on se demande vraiment quelle utilité elle a réellement depuis la saison 2, à part de constamment jouer le Nemesis de Susan... Heureusement, l'arrivée de son neveu et de son fils, sans compter son improbable amant, permet de relancer ce rôle, sur lequel on ne crache pas mais qui reste malheureusement bien sous-exploité par rapport à d'autres qu'on aimerait voir complètement disparaître.

 

Le résultat final reste positif. Cette saison 3 respecte l'harmonie de la qualité globale de la série et constitue comme ses deux grandes soeurs un bon divertissement qu'on suit avec intérêt à partir du moment où on n'en demande pas trop. Son point fort est peut-être d'instaurer de nouvelles intrigues qui vont se poursuivre dans la saison 4 et qui s'annoncent plus glauques et passionnantes que jamais, et ce pour tous les personnages. Autant dire que les dernières minutes de cette saison ne feront pas exception à la règle qui veut qu'on laisse le suspense sur la survie d'un personnage important. On n'en dira pas plus.

 

Note : 7/10