Nationalité : Italien
Titre original : Quien Sabe?
Genre : western
Durée : 2h
Scenario : Salvatore Laurani
Musique : Luis Enriquez Bacalov
Directeur de la photographie : Antonio Secchi
Avec Gian Maria Volonte, Klaus Kinski, Martine Beswick...
Synopsis : Dans un Mexique en pleine révolution (1910-1912), Chuncho (Gian Maria Volonte) et sa bande attaquent un train militaire pour en voler les armes et les revendre à l'armée révolutionnaire. Ils rencontrent à cette occasion un jeune américain (Lou Castel), qui se joint à leur bande. Se succèdent alors des attaques de camps militaires, à fin de constituer un stock d'armement à vendre à la révolution. Ils aboutissent à un village révolté, menacé par l'armée, mais s'enfuient avec la majeure partie des armes...
Mon avis : Ce classique du western italien, qui connut un grand succès dès sa sortie, lança la mode du western politique, dit zapata spaghetti. Il abandonne la frontière, cadre classique du western, pour pénétrer en territoire mexicain. Comparé à l'autre grand western italien traitant de la révolution, à travers l'exemple du Mexique, Il était une fois la révolution, de Sergio Leone, El Chuncho fait un peu pale figure, mais il n'en reste pas moins un film intéressant et attachant.
Damiani ne donne pas à son film le ton désenchanté et crépusculaire du chef d'oeuvre de Leone, la confiance reste dans la révolution et dans la capacité du peuple à saisir son destin. Il est vrai que la distribution (entre Gian Maria Volonte, compagnon de route du PCI et futur acteur des films engagés d'Elio Petri, notamment La classe ouvrière va au paradis ou Todo modo, et Lou Castel, découvert dans Le poing dans les poches de Bellochio et compagnon de route de l'extrême gauche italienne de son côté) est indicatrice par elle même du ton engagé du film. Le personnage de Chuncho, au centre du film, est complexe et singulier, même si Damiani n'arrive pas à diriger Volonte aussi bien que Leone, et à contrôler la dimension histrionique et exagérée de son jeu. Volonte réussit malgré tout à rendre compte de l'évolution de la conscience de Chuncho, de sa prise de conscience révolutionnaire, sans pathos et romantisme excessif. Face à lui, Lou Castel compose un personnage de salaud cynique et froid, glacial dans son comportement et son physique, qui en fait le vrai centre dramatique du film. C'est en effet à son contact, et dans la résolution de la fascination que Chuncho éprouve pour l'américain, que celui parvient au final, à s'affranchir de ses atermoiements et transformer en conscience ce qui n'était encore que des intuitions.
Le tout conduit avec rapidité et talent par un réalisateur efficace, qui n'a certes pas le talent de composition de plans d'un Leone ou même d'un Sturges, mais qui sait donner à l'ensemble un rythme prenant et vif.
Un très beau film donc, malgré ses défauts










