Série américaine
10 épisodes pour la saison 2
Avec Kevin McKidd (Lucius Vorenus), Ray Stevenson (Titus Pullo), Polly Walker (Atia), James Purefoy (Marc-Antoine), Simon Woods (Octave), Tobias Menzies (Brutus), Lindsey Duncan (Servilia), Indira Varma (Niobe), Kerry Condon (Octavia), Zuleikha Robinson (Gaia)…

 

Synopsis : Alors que le sang de César sur les marches du Sénat n’a pas encore séché, on se bat déjà pour lui succéder. D’un côté Brutus, de l’autre Marc-Antoine. Survient alors un troisième larron qui ne veut pas s’en laisser compter, Octave, l’héritier légitime. Laissée aux mains des pillards, la grande Rome n’est plus que l’ombre d’elle-même, au point que l’ordre soit maintenu par les gangs. Qui succédera au demi-dieu et qu’adviendra-t-il de la République ?

 

Mon avis : Une série éphémère mais déjà légendaire…

 

La fin de la brillante saison 1 s’achevait sur l’assassinat de César en plein Sénat, en –44 avant JC. La deuxième et dernière saison (Ô Rage ! Ô Désespoir ! Ô Dépenses ennemies !) verra donc logiquement les déchirements occasionnés pour succéder à celui que craignait et vénérait à la fois le peuple et l’armée. Trois concurrents dans les starting-blocks. En premier lieu Brutus, qui se voulait sauveur de la République, mais dans lequel le peuple ne voyait rien d’autre qu’un traitre, l’assassin de leur « père » à tous. Vient ensuite Marc-Antoine, fidèle bras droit de César, aussi dépravé qu’il est possible de l’être et pourtant épris d’Atia, son pendant féminin et la nièce de César. Enfin, l’invité surprise, Octave, désigné par César dans son testament pour lui succéder, mais que personne n’a envie de prendre au sérieux, pas même sa mère Atia. Un trio improbable dont les luttes acharnées vont achever les vestiges de la moribonde République.

 

 

César et Pompée disparus, le récit devait logiquement s’attacher à suivre de nouveaux personnages forts. Heureusement, ils ne manquaient pas à l’époque. D’où l’émergence de Marc-Antoine, qu’on avait pas assez vu à mon goût dans la première saison. Fier guerrier, il va se voir opposer un gamin, Octave. Mais le combat, qui pouvait paraître inégal, sera équilibré par l’extrême intelligence de ce dernier. Trop lâche pour le champ de bataille, Octave allait par contre se révéler un fin stratège parvenant toujours à renverser la situation à son avantage, en manipulant par exemple ses ennemis pour en combattre d’autres. Pas avare de personnages, cette deuxième saison voyage également beaucoup plus que la précédente, partagée qu’elle est entre Rome et l’Egypte où Marc-Antoine allait découvrir l’amour fou avec Cléopâtre. Et puis n’oublions pas les deux irréductibles (ex)légionnaires Lucius Vorenus et Titus Pullo dont les aventures intimement liées à la grande Histoire vont connaître leur dénouement.

 

 

En constatant que cette deuxième et dernière saison est aussi bonne, voire meilleure, que la précédente, on ne peut qu’enrager à l’idée que cinq saisons étaient prévues au départ. Surtout que, riche comme elle est en guerres, conspirations et autres trahisons, l’histoire de Rome avait à n’en pas douter de quoi satisfaire les plus exigeants au moins trois saisons de plus. Au lieu de ça, on doit se contenter, bon gré mal gré, de cette dernière saison axée sur l’émergence d’Octave ou la naissance d’un monstre, qui contraste avec le déclin de Marc-Antoine, aussi rapide que son accession au pouvoir. Deux parcours en parallèle de toute beauté. Autre point fort de la saison 2, l’évolution d’Atia, qui de garce sans pitié envers sa rivale de toujours Servilia devient peu à peu la victime de son amour pour Marc-Antoine qui lui préfèrera Cléopâtre. A noter que Marc-Antoine passera de manipulateur (sur Atia) à manipulé (par Cléopâtre), ce qui le conduira à sa perte. Mais la meilleure surprise de cette saison 2 reste le fait que le fossé qui existait dans la saison 1 entre les petits et les grands ait quasiment disparu. Vorenus et Pullo jouent un rôle déterminant dans le succès des entreprises de leurs maîtres. On pourra par contre regretter que l’intrigue relative à Timon décroche un peu trop du reste. Résultat, Rome tire sa révérence en beauté après seulement deux tours de piste. Dommage que les gladiateurs de l'audimat aient décidé de sa mise à mort. On aurait préféré un triomphe. Du coup, il ne reste plus qu’à espérer des coffrets DVD à la hauteur de la série…