Série américaine
Titre original : The Wire
13 épisodes de 60 minutes environ
Avec Dominic West (Détective Jimmy McNaulty), Lance Reddick (Lieutenant Cédric Daniels), Wendell Pierce (Détective William « Bunk » Moreland), Seth Gilliam (Détective Ellis Carver), Sonja Sohn (Détective Shakima « Kima » Greggs), Clarke Peters (Détective Lester Freamon), Andre Royo (Bubbles), Michael K. Williams (Omar), Wood Harris (Avon Barksdale), Idris Elba (Russell « Stringer » Bell), Larry Gilliard Jr (D’Angelo Barksdale)…

 

Synopsis : Le quotidien d’un groupe de policiers de Baltimore chargés de démanteler un important réseau de trafic de drogue…

 

Mon avis : Les rues de Baltimore comme si vous y étiez…

 

Rares sont les séries qui, en comparaison, ne paraîtront pas fades et sans saveur aux spectateurs ayant eu la chance de découvrir The Wire. S’il n’y avait qu’une série policière à retenir, ce serait probablement celle créée par David Simon. Plus qu’une série, ce sont de véritables films qui nous sont proposés à chaque nouvelle saison. Des films de treize heures chacun ! Imaginez le polar le plus prenant et le plus réaliste que vous ayez vu, et imaginez ensuite qu’il ait treize heures environ, soit treize épisodes de une heure chacun, pour se développer à sa guise sans l’impératif d’être restreint au format « acceptable financièrement » de 120 minutes. Du pur bonheur.

 

Avec à l’écriture George Pelecanos mais aussi Edward Burns, The Wire s’avère ce qu’on a vu de plus intelligent sur le petit écran depuis longtemps. Une série qui ne vous prend pas pour un con en proposant uniquement ce que le spectateur lambda attend. Aucune musique hormis celle qu'écoute dealers et policiers. Aucun manichéisme non plus. Ici on trouve autant de ripoux d’un côté que de dealers (à l’occasion tueurs) avec des consciences de l’autre côté. Quant au casting (avec pas mal de têtes connues des amateurs de Oz), la série se déroulant à Baltimore (ville au taux de criminalité le plus élevé des Etats-Unis), on ne craint pas de proposer au public des trafiquants « crédibles », soit en totalité afro-américains. Pas plus que des homos à la gâchette facile ou des junkies débrouillards. Personne n’est ni bon ni mauvais dans The Wire, c’est juste le contexte social qui parle.

 

Bref, une approche réaliste qui fait qu’on est aussitôt aspiré dans cette longue et périlleuse enquête. Car The Wire c’est avant tout une peinture sans concession et sans aucun tabou d’un système à bout de souffle. Que ce soit les policiers obligés de sacrifier leur enquête pour préserver les intérêts politiques et économiques de leurs supérieurs ou bien les « petits bras » du clan Barksdale luttant jour après jour pour leur survie, tout le monde est sujet aux mêmes règles et poussé à les enfreindre continuellement. Brut de décoffrage par son approche, la série n’en propose pas moins une impressionnante galerie de personnages plus ou moins attachants mais qui ont en commun d’être tous profondément humains. Au final, une série vraiment incontournable qui place la barre très haut pour d’éventuels suiveurs. Et c’est bien sûr une série HBO.