Série américaine
Titre original : The Sopranos
13 épisodes pour la saison 1
Avec James Gandolfini (Tony Soprano), Edie Falco (Carmela Soprano), Lorraine Bracco (Dr Jennifer Melfi), Nancy Marchand (Livia Soprano), Michael Imperioli (Christopher Moltisanti), Dominic Chianese (Corrado « Oncle Junior » Soprano), Tony Sirico (Paulie Walnuts), Steve Van Zandt (Silvio Dante), Vincent Pastore (Pussy Bompensiero), Jamie-Lynn Sigler (Meadow Soprano), Drea de Matteo (Adriana La Cerva)…

 

Synopsis : Mafieux accompli ayant visiblement tout pour faire des envieux (femme, maîtresses, argent, belle maison, grosses voitures et un emploi du temps assez cool), Tony Soprano broie pourtant du noir. Assez pour que le départ de ses amis canards sauvages déclenche chez lui une soudaine dépression qui l’oblige à consulter un psy en cachette (synonyme de faiblesse donc à éviter dans le milieu). Dès lors, le spectateur de suivre le quotidien de ce gros nounours mal léché obligé de jongler entre ses bras cassés d’acolytes, ses enfants en pleine crise, la succession de son boss, et la mise en maison de retraite du dragon qui lui sert de maman…

 

Mon avis : Pour amateurs de Scorsese, et pas seulement…

 

Si Les Affranchis, Casino ou encore Donnie Brasco sont des films que vous connaissez par cœur à force d’user vos dvds collector, vous ne pouvez décemment pas passer à côté de cette série qui vient de s’achever au bout de six fructueuses saisons et qui semble déjà devenue culte pour pas mal de monde. Tableau humoristique mais pas pour autant dépourvu de réalisme du « milieu », The Sopranos c’est le quotidien d’une famille pas comme les autres puisque papa est un caïd de la pègre craint et respecté, sauf par ses enfants qui ne voient en lui qu’un éternel loser.

 

 

Jouant sur deux tableaux à la fois, l’univers de la mafia d’un côté et la famille de l’autre, la série vaut principalement le coup d’œil pour ce mélange particulièrement réussi. Tout ça n’est d’ailleurs pas sans rappeler Scorsese, sauf qu’ici pas de sempiternelle ascension suivie d’un « plus dure sera la chute ». Tout du moins, pas aussi vite… Le rythme de la série est à l’image de son héros Tony Soprano : tranquille. Un humour noir jalonné de scènes parfois assez violentes (mafia oblige) fait le reste. Rares sont les épisodes (pour les 13 de cette première saison) qui ne provoquent pas un ou deux fous rires et un ou deux morts.

 

 

L’autre point fort, qui la aussi rappelle forcément l’univers « mafieux » de Scorsese, c’est une galerie de personnages particulièrement réjouissants. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on a fait un boulot formidable pour le casting puisqu’on retrouve pas mal de « gueules » avec comme caractéristiques communes et quasi universelles un bide prononcé, des cheveux gominés et des maîtresses à gogo. Quant aux autres, ils sont tout aussi réjouissants. En particulier la mère du héros, Livia, qui n’a pas son pareil quand il s’agit de faire culpabiliser son caïd de fiston. La réincarnation de Tatie Danielle ! Ah oui, j’ai failli oublier le seul ovni de la série, le curé pic-assiette.

 

 

En outre, les plus cinéphiles reconnaîtront pas mal de monde dans cette galerie. Des seconds rôles aux seconds couteaux croisés au détour d’un film mais sur qui on peine souvent à mettre un nom. Les clins d’œil aux classiques de films de mafieux sont d’ailleurs légion et c’est vraiment que du bonheur de voir par exemple Steve Van Zandt partir dans une de ses imitations. Pour finir, j’ajouterais que malgré les apparences et un humour noir quasi omniprésent, Les Soprano reste une série "à tendance dramatique", qui sait aussi être sérieuse et qui traite certains thèmes (crise de la quarantaine, etc…) certes avec humour mais pas forcément avec légèreté. Bref, une jolie petite promenade satyrique au pays des mafioso. Et c’est encore signé HBO.