Série américaine
1 épisode pilote (1h30) + 7 épisodes
Avec Kyle MacLachlan (Agent Dale Cooper), Michael Ontkean (Shérif
Harry S. Truman), Sherilyn Fenn (Audrey Horne), Lara Flynn Boyle (Donna
Hayward), Mädchen Amick (Shelly Johnson), Joan Chen (Jocelyn « Josie »
Packard), Everett McGill (Big Ed Hurley), Piper Laurie (Catherine
Martell), Ray Wise (Leland Palmer), Dana Ashbrook (Bobby Briggs), James
Marshall (James Hurley), Sheryl Lee (Laura Palmer / Madeleine
Ferguson), Miguel Ferrer (Albert)…
Synopsis : Un meurtre a été commis à Twin Peaks, une petite bourgade de l'Etat de Washington en apparence tranquille. La jeune Laura Palmer est retrouvée morte nue au bord d'un lac, enveloppée dans du plastique. L'agent spécial du FBI, Dale Cooper, envoyé sur place pour démasquer le coupable, mène l'enquête avec le soutien du shérif local, Harry Truman. Ces investigations les amènent à révéler au grand jour les sombres secrets des uns et des autres. Pendant ce temps, d'inquiétants phénomènes se produisent...
Mon avis : Mais qui a tué Laura Palmer ?
A l’occasion de la sortie en DVD (vieux motard que jamais) de la saison 1 de la cultissime série initiée par David Lynch et Mark Frost, j’en profite pour dire quelques mots à son sujet. Déjà, que ce statut de « culte » n’est pas usurpé (pour son côté novateur à l’époque) mais pas non plus complètementmérité (pour certains défauts qu’on s’empresse invariablement de masquer sous prétexte que Lynch réalise).
Il est vrai que Twin Peaks ne ressemble à rien de connu dans le monde de la série. Une mort à élucider, soit. Mais une enquête qui s’étale sur une saison entière ? Du jamais vu (à ma connaissance, assez limitée je le concède en matière de séries). Ce postulat de départ avalé par les producteurs, Lynch se retrouvait avec plus ou moins le champ libre pour faire avancer son récit comme bon lui semblait. Et il ne s’est vraiment pas gêné pour le faire le bougre.
Mais la liberté artistique a ses limites, surtout dans le monde de la télévision. Et notre petit David de devoir bon gré mal gré révéler le nom du meurtrier sous peine de se faire couper les vivres. Dès lors, la série avance à reculons, et la qualité s’en ressent. Il n’empêche que jusque là, on avait pu savourer quelque chose de remarquable. Un humour décalé, des personnages complètement barrés, un nain qui danse et parle à l’envers, et puis cet enquêteur du FBI, un agent très très « spécial ».
Du côté négatif, on pourrait par contre reprocher à Lynch de trop vouloir à tout prix partir dans tous les sens, multipliant par là même de minis intrigues sans consistance et surtout sans intérêt, ce qui plombe un peu certains épisodes. Certes, le fait de découvrir petit à petit les secrets de chacun, sous couvert du fil rouge « Laura Palmer était tout sauf la sainte telle qu’on l’a présente », est une bonne formule qui suscite l’intérêt pour la majeure partie des personnages. Sauf qu’au fil des épisodes on en vient à en préférer certains plus que d’autres. De ce fait, quand le récit se focalise subitement sur ces derniers, on trouve un peu le temps long…
Néanmoins, Twin Peaks reste dans l’ensemble une expérience digne de ce nom, qu’il faut tenter au moins une fois pour voir si on attrape le virus ou pas. Entre le thème, cultissime lui aussi, d’Angelo Badalamenti, et une galerie de personnages pour certains limite frappa-dingues, il y a vraiment de quoi trouver son bonheur. A condition bien sûr de pouvoir supporter une série où on aime prendre son temps. Lynch prolongera d’ailleurs l’expérience avec le long métrage Twin Peaks : Fire walk with me, qui se déroule quelques jours avant la mort de Laura Palmer.
Pour ce qui est de la saison 1, une chose est sûre, elle est bien meilleure que la deuxième et dernière saison, qui traîne vraiment trop en longueur. Sans doute parce qu’elle concentre les meilleurs morceaux. Notamment le passage éclair d’Albert (hilarant Miguel Ferrer), le « Picasso des empreintes » doublé du roi des emmerdeurs. Mais on pourrait également citer la leçon sur le Tibet par l’agent Dale Cooper, la danse de deuil de Ray Wise ou les trop rare scènes de drague par la petite Audrey Horne et ses grands yeux innocents (Sherilyn Fenn, simplement irrésistible). Et le meilleur pour la fin, ce terrible cliffhanger final qui ferait passer celui de Dallas pour du pipi de chat.
Note : 7,5/10














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