Fiche technique
Film brésilien
Titre original : Cidade de Deus
Genre : Violences urbaines
Durée : 2h15
Co-directrice : Katia Lund
Scénario : Braulio Mantovani, d’après l’œuvre de Paulo Lins
Musique : Antonio Pinto
Directeur de la photographie : Cesar Charlone
Producteur : Walter Salles
Avec Alexandre Rodrigues (Fusée), Douglas Silva (Petit Dé), Darlan
Cunha (Filé-Com-Fritas), Phelipe Haagensen (Bené), Seu Jorge (Manu
Tombeur)…
Synopsis : Dans une favela qui a vu le jour à
Rio de Janeiro dans les années soixante, Fusée est un gamin noir,
pauvre, trop fragile pour devenir hors-la-loi, mais assez malin pour ne
pas se contenter d'un travail sous payé. Il grandit dans un
environnement violent, mais tente de voir la réalité autrement, avec
l’œil d'un artiste. Il rêve de devenir photographe professionnel. Petit
Dé, un enfant de onze ans, emménage dans la Cité. Il souhaite pour sa
part devenir le plus grand criminel de Rio et commence son
apprentissage en rendant de menus services à la pègre locale. Il admire
Tignasse et son gang, qui arraisonnent les camions et cambriolent à
tout va. Tignasse donne à Petit Dé l'occasion de commettre un meurtre,
le premier d'une longue série... (allocine)
Mon avis : Qui sème le vent récolte la tempête
Au commencement était un livre, le livre de Paulo Lins,
un "enfant de la balle". Né dans une favela de Rio de Janeiro, il y
passera 25 ans de sa vie. Devenu professeur à l’université, il
racontera la vie dans ces bidonvilles avec son premier roman, La cité de Dieu. Le succès du livre met la puce à l’oreille de Fernando Mereilles,
réalisateur brésilien jusqu’alors peu connu en dehors de son pays
natal. Succès phénoménal, le film recevra les prix brésiliens du
meilleur film et du meilleur réalisateur en 2002. Une série suivra, La cité des hommes, tandis qu’une suite au long métrage est déjà en préparation avec semble-t-il un autre réalisateur.
Le récit nous est raconté par Fusée, jeune homme passionné de photo
dont le frère fait partie d’un gang. On va suivre les destins
entrecroisés de plusieurs personnages de la favela avec comme toile de
fond Fusée et ses velléités de quitter cet environnement hostile. Il se
rend d’ailleurs très vite compte que ce n’est pas qu’une marotte, c’est
une question de survie : entre les règlements de compte, la violence
plus ou moins gratuite et les trafics de drogue, il ne trouve pas sa
place dans cette communauté. Le problème c’est que quand il essaye de
faire sa vie ailleurs, son passé le rattrape inexorablement : on ne
s’échappe pas si facilement de La cité de Dieu.
Grâce à une réalisation à couper au couteau et à un montage frénétique, Mereilles
fait de nous pratiquement des partie prenante de ce récit violent et
sans concessions. Les trajectoires individuelles des protagonistes sont
ancrées dans une réalité édifiante mais pas misérabiliste. Le travail
sur la lumière est particulièrement intéressant pour souligner les
différentes ambiance au fil du temps au fur et à mesure que note «
héros » grandit durant les années 60 et 70. Tous les acteurs, en
majorité non professionnels au moment du tournage, sont étonnants de
sincérité et d’une rage quasi animale. Un film authentique et
fulgurant, nécessaire à une prise de conscience à l’heure de la
mondialisation.
Ma note : 8/10









