
Fiche technique
Film américain
Date de sortie (France) : 2 octobre 2002
Genre : Science-fiction
Durée : 2h25
Scénario : Scott Frank et Jon Cohen
D’après une nouvelle de Philip K. Dick
Musique : John Williams
Photographie : Janusz Kaminski
Avec Tom Cruise (John Anderton), Max von Sydow (Lamar Burgess), Neal McDonough (Fletcher), Patrick Kilpatrick (Knott), Colin Farrell (Danny Witwer)...
Synopsis : A Washington, en 2054, la société du futur a éradiqué le meurtre en se dotant du système de prévention / détection / répression le plus sophistiqué du monde. Dissimulés au coeur du Ministère de la Justice, trois extra-lucides captent les signes précurseurs des violences homicides et en adressent les images à leur contrôleur, John Anderton, le chef de la "Précrime" devenu justicier après la disparition tragique de son fils. Celui-ci n'a alors plus qu'à lancer son escouade aux trousses du "coupable"... Mais un jour se produit l'impensable : l'ordinateur lui renvoie sa propre image. D'ici 36 heures, Anderton aura assassiné un parfait étranger. Devenu la cible de ses propres troupes, Anderton prend la fuite. Son seul espoir pour déjouer le complot : dénicher sa future victime ; sa seule arme : les visions parcellaires, énigmatiques, de la plus fragile des Pré-Cogs : Agatha.
Mon avis : A nos actes manqués…
Les adaptations sur grand écran du maître de la nouvelle de science-fiction Philip K. Dick laissent rarement indifférent quand elles n’aboutissent pas tout simplement à des films d’anthologie. Blade Runner et Total Recall témoignent de cette réussite avec aux commandes respectivement Ridley Scott et Paul Verhoeven. Le secret de leur réussite ? Probablement la faculté qu’avait l’auteur à tisser des énigmes très élaborées dans des univers futuristes particulièrement complexes et d’autant plus crédibles. Des cités tentaculaires qui ont tôt fait de digérer nos héros égarés. Difficile de ne pas se laisser happer par ces sociétés de demain. Et Minority Report, proposé à Spielberg par Tom Cruise (ce dernier souhaitant de longue date pouvoir travailler enfin avec le réalisateur), ne déroge pas à la règle avec un recours immodéré de la part du cinéaste à sa société ILM (près de 500 plans d’effets spéciaux pour ce métrage) pour nous en mettre plein les mirettes pendant plus de deux heures.
Pour autant, le spectacle est bel est bien assuré par un récit riche en rebondissements et la prestation d’un Tom Cruise plus sombre que jamais. Bref, un remake du fugitif façon Spielberg au demeurant très fidèle à l’œuvre de Philip K. Dick. Thématiquement parlant on a aussi de quoi se réjouir. Imaginez une société « idéale » où le meurtre n’existe plus. Une société « idéale » où le simple fait de souhaiter un peu trop fort la mort de quelqu’un vous conduise aussitôt à voir débarquer une unité précrime et vous retrouver dans la foulée « cerclé » et enfermé dans une prison-entrepôt de stockage des meurtriers en devenir. Enfin, imaginez que cette mécanique parfaite… ne soit pas si parfaite que ça… C’est là tout l’art de K. Dick, nous présenter dans un premier temps la perfection avant d’y jeter malicieusement un grain de sable qui va au final renverser des montagnes. Spielberg a saisit l’enjeu et joue la carte de l’oppression à la perfection. On n’était pas resté aussi longtemps sous tension avec lui depuis son éprouvant Duel. Une franche réussite.
Note : 9/10