
Fiche technique
Film américain
Date de sortie (France) : 24 octobre 2001
Genre : Manque affectif
Titre original : Artificial Intelligence : AI
Durée : 2h26
Scénario : Steven Spielberg et Ian Watson
D’après la nouvelle de Brian Aldiss « Supertoys Last All Summer Long »
Musique : John Williams
Photographie : Janusz Kaminski
Avec Haley Joel Osment (David), Frances O’Connor (Monica Swinton), Sam Robards (Henry Swinton), Jude Law (Gigolo Joe), William Hurt (professeur Hobby), Brendan Gleeson (Johnson-Johnson)…
Synopsis : Dans un futur proche, la fonte des glaces a provoqué un exode massif des populations en raison de la réduction de la surface habitable. La science ayant dans le même temps fait un bond prodigieux en avant, les robots assurent la plupart des tâches du quotidien des humains avec bien sûr leur lot de détracteurs. C’est dans ce contexte qu’un scientifique décide de franchir le pas en créant le premier enfant-robot, David, programmé pour donner amour et affection. Bientôt affecté à une famille-test, David va subitement se voir abandonné en pleine nature en compagnie de l’ours en peluche-robot Teddy. Tous les deux, bientôt rejoints par le robot d’amour, Gigolo Joe, vont alors entreprendre de retrouver la fée bleue, la seule capable de changer David en véritable petit garçon pour que sa maman d’adoption l’aime à nouveau…
Mon avis : His love is real. But he is not...
La science-fiction et les robots sont indéboulonnables l’un de l’autre, si j’ose dire. Un élément juste indispensable de ce genre à part entière qui depuis des décennies augure tantôt en bien tantôt en mal du futur de l’humanité dans les prochains siècles et millénaires. La seule constante pourrait bien justement être ces fameux robots, presque toujours conçus à l’image de l’homme dans une vaine tentative démiurgique ou simplement pour moins appréhender quelque chose qui nous ressemble… parfois un peu trop. Autant de questions et de thématiques à la richesse inépuisable auxquelles se frottait Stanley Kubrick depuis un bon moment avant de finalement céder sa place à Steven Spielberg qui conserva les 80 premières pages du script avant d’en recomposer la suite, principalement en rendant tout public le personnage de Gigolo Joe. Mais loin de moi l’idée de critiquer une quelconque altération possible. Sans Spielberg le film n’existerait pas du tout et se demander ce qu’aurait donné le métrage dans les mains de Kubrick, on ne le saura jamais.
Pour autant, A.I. Intelligence Artificielle mérite de toute façon qu’on s’y attarde. Déjà pour le savoir-faire de Spielberg en matière de narration et d’effets spéciaux. Son film a de l’allure et hormis cette fin vraiment trop longue et fleurant un peu trop le sentimentalisme bon marché, on tenait vraiment quelque chose de résolument nouveau chez lui, autrement dit un récit, certes mêlé d’action, mais au service de la réflexion. Car s’il y a bien une chose propre à la science-fiction, du fait même des futurs possibles qu’elle nous propose, c’est qu’elle pousse naturellement le lecteur-spectateur à se poser des questions, envisager de nouvelles hypothèses, de nouveaux champs de réflexion, le syndrome de la bouche ouverte. Sur ce point, A.I. tient ses promesses en ménageant suffisamment de temps morts et en posant assez de questions pour laisser le spectateur en suspens... faire le reste. L’autre élément essentiel plutôt bien amené par Spielberg, c’est la place réservée à l’humanité dans toute cette histoire. Des « maîtres » sans cœur dont les créations sont au final bien plus « humaines » et capables de compassion que leurs « modèles ». Bref, un joli conte fantastique emmené par les prestations d’Haley Joel Osment et Jude Law, sans oublier le « Introducing Teddy », véritable prouesse d’animation que cet ourson.
Note : 8/10