Fiche techniqueledernierfaceaface

Film italien
Date de sortie (France) : 19 mars 1969
Genre : Western
Titre original : Faccia a faccia
Durée : 1h48
Scénario : Sergio Donati et Sergio Sollima
Musique : Ennio Morricone
Photographie : Emilio Foriscot et Rafael Pacheco
Avec Gian Maria Volonté (Fletcher), Tomas Milian (Solomon « Beauregard » Bennett), William Berger (Charley Siringo), Jolanda Modio (Maria), Gianni Rizzo (Williams)…

Synopsis : Descendu de sa Nouvelle-Angleterre pour achever sa convalescence sous le soleil du Texas, le professeur Fletcher croise la route du redoutable « Beauregard », rescapé de la Horde Sauvage récemment fait prisonnier qu’il va malgré lui aider à s’évader et contre toute attente décider de suivre le même chemin…

Mon avis : Attention, grand western…

ledernierfaceaface1Parce que le western italien ne se limite pas à Sergio Leone et Sergio Corbucci mais que ça reste souvent une histoire de Sergio, il convient de revenir un peu sur Sergio Sollima et plus particulièrement sur la pierre angulaire de sa carrière, le grand Faccia a faccia. Film d’une durée originelle de 2h30 sauvagement amputé pour sa commercialisation, ce qui le réduit à 1h45 voire 1h30 dans certaines versions. Un western atypique relativement méconnu, malgré un score d’Ennio Morricone et la présence du grand Gian Maria Volonté en tête d’affiche trois ans seulement après sa prestation juste monstrueuse dans Pour une poignée de dollars. Atypique, Faccia a faccia l’est à bien des égards. En particulier parce qu’il prend à contre-pied pas mal de codes (alors encore très frais) du western spaghetti, notamment en souhaitant ne pas mettre trop l’accent sur les duels et autres gunfights. C’est justement l’une des particularités du métrage de Sollima, les duels y sont le plus souvent psychologiques et on fait autant parler les émotions que la poudre.

ledernierfaceaface2Riche de nombreuses thématiques, le récit développe habilement d’un côté la relation entre ses deux héros, le professeur et le bandit de grand chemin, le bien et le mal, de l’autre la relation de Fletcher au mal qu’il va subitement côtoyer au quotidien. Plus dure sera la chute. Car s’il y a surprise, c’est bien celle de voir notre héros ayant jusque là mené une existence passive et insignifiante entrevoir les possibilités en apparence sans limites d’une existence de hors-la-loi. Il n’y a qu’à voir sa surprise quand Beauregard retrouve ses « parias » qui le vénèrent comme un demi-dieu. On va donc subrepticement voir Fletcher basculer dans le non-droit. Mais là où Beauregard y était contraint par le contexte social, lui, le professeur d’histoire cultivé et issu d’une bonne famille nordiste, le fait purement par choix en pesant le pour et le contre. En résulte la naissance d’un monstre, le mal à l’état pur, pour qui la vie des autres n’a d’utilité que si elle sert la sienne (cf la scène du « viol »). Une transformation qui s’effectue sous l’œil inquiet de Beauregard, criminel avec quand même un code d’honneur, comme lorsqu’il repousse les avances d’une jeune adolescente, et pourtant pas un enfant de chœur. Bref, un grand western qu’il serait criminel de laisser aux oubliettes.

Note : 9/10


Add this to your website

Ecrit par Sylkarion.

Voir d'autres articles de ce membre

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir