Fiche techniquetraffic

Film américain

Date de sortie (France) : 2 mars 2001

Genre : Addiction rime avec pognon

Durée : 2h27

Scénario : Stephen Gaghan

D’après la série « Traffik » de Simon Moore

Musique : Cliff Martinez

Photographie : Steven Soderbergh

Avec Benicio Del Toro (Javier Rodriguez), Michael Douglas (Robert Wakefield), Jacob Vargas (Manolo Sanchez), Tomas Milian (Général Arturo Salazar), Luis Guzman (Ray Castro), Don Cheadle (Montel Gordon), Miguel Ferrer (Eduardo Ruiz), Catherine Zeta-Jones (Helena Ayala)...

 

Synopsis : Le Président des États-Unis nomme un juge de la Cour Suprême de l'Ohio, Robert Wakefield, à la tête de la lutte antidrogue. Cependant, ce conservateur découvre que sa propre fille, Caroline, est toxicomane. A San Diego, Helena Ayala mène une vie paisible avec son riche mari Carlos. Mais celui-ci est arrêté, accusé d'être un puissant caïd de la région. Du jour au lendemain, Helena se retrouve sans le sou. La seule façon d'assurer l'avenir de l'enfant qu'elle porte en elle, c'est d'écouler à son tour le stock de poudre blanche. Les agents infiltrés de la Drug Enforcement Administration, Montel Gordon et Ray Castro, appréhendent le trafiquant Eduardo Ruiz, un subalterne de Carlos qui promet de témoigner contre lui à la Cour. Les deux officiers sont chargés de sa protection. Au Mexique, le policier Javier Rodriguez travaille sous les ordres du général Salaza. Confronté à la tentation de l'argent, Javier résiste, mais la corruption le conduit à une situation intenable…

Mon avis : Quatre tranches de vie pour un seul fléau…


traffic1Parfait compromis entre polar et documentaire, Traffic nous plonge dans la plus pure réalité de la drogue au quotidien et ce dans différents milieux. Un seul point commun, l’effroyable valse de morts qu’elle laisse derrière elle. Qu’il s’agisse des policiers américains ou mexicains chargés de la lutte anti-drogue ou des trafiquants eux-mêmes, personne n’est épargné. Une virée en enfer résolument pessimiste qui évite donc de prendre parti à aucun moment pour se contenter de nous proposer la routine. Jouant habilement avec ses différents récits, Soderbergh tisse plusieurs histoires avant de les relier avec du sang et des larmes. Optant pour des styles visuels très distincts selon que l’action se passe d’un côté ou l’autre de la frontière mais aussi chez les puissants ou chez les faibles, Soderbergh « chef op » joue avec ses filtres et des mouvements de caméra bien pensés mais sans fioritures pour nous plonger au plus près de ses personnages pour la plupart pas franchement à la fête.

 

traffic2Bien écrit mais aussi bien dirigé, Traffic jouit d’un casting cinq étoiles avec une impressionnante galerie de personnages tous logés à la même enseigne. Qu’il s’agisse d’un Michael Douglas promu monsieur anti-drogue US qui se découvre une fille toxicomane, d’un Tomas Milian (son homologue mexicain) qui lui en est réduit à soutenir un cartel pour se débarrasser des autres, ou de leurs agents respectifs (Don Cheadle et Luis Guzman côté ricain, Benicio del Toro et Jacob Vargas côté mexicain) sans cesse à la limite de franchir la ligne et risquant leur peau au quotidien, tous auraient pu presque bénéficier d’un long-métrage à eux tout seul, avec encore et toujours ce même leitmotiv défaitiste. Un défaitisme quasi « incarné » par le personnage de Miguel Ferrer, le trafiquant Eduardo Ruiz arrêté et prêt à témoigner. Dans ses monologues avec sa protection rapprochée avant le procès, ce dernier résume bien la situation : une tête tombe, une autre la remplace. Au final, une franche réussite pour Soderbergh, très inspiré d’avoir adapté la série de Simon Moore et logiquement bardé de récompenses.

 

Note : 9/10


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Ecrit par Sylkarion.

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