
Fiche technique
Film américain
Date de sortie (France) : 27 juin 2001
Genre : Aventures
Durée : 1h40
Scénario : Sara B. Cooper, Mike Werb, Michael Colleary, Simon West, Patrick Massett, John Zinman
Musique : Graeme Revell
Photographie : Peter Menzies Jr
Avec Angelina Jolie (Lara Croft), Jon Voight (Lord Richard Croft), Iain Glen (Manfred Powell), Noah Taylor (Bryce), Daniel Craig (Alex West)...
Synopsis : Lara Croft a hérité de son père archéologue de nombreux trésors parmi lesquels une mystérieuse horloge magique. Des années plus tôt, celui-ci lui dévoila l'existence d'une organisation secrète, les Illuminati, qui s'était lancée à la recherche d'une horloge dont la clé ouvrait les portes du Temps et de l'Espace. Celle-ci est un triangle sacré qui assura, 5 000 ans auparavant, la victoire des premiers Illuminati sur leurs ennemis. Si le triangle venait à être recomposé, ces lointains ancêtres reviendraient à la vie et le sort de l'Humanité en serait bouleversé à jamais. La puissance de ce triangle atteindra son summum lorsque trois planètes s'aligneront dans le ciel en une éclipse totale qui survient une fois tous les 5 000 ans. L'aventurière ne dispose que de 48 heures pour résoudre l'énigme du triangle magique et ainsi sauver le monde…
Mon avis : Regarder en arrière ne fait pas de mal. Nous sommes en 2011 et rares sont les films adaptés de jeux vidéos qui ont satisfait tous les publics (un film standard y arrive rarement, au demeurant). En 2001, le constat était le même pour ce qui concerne Lara Croft : Tomb Raider. Pourtant, l'entreprise avait de quoi séduire, d'autant plus qu'il s'agissait de porter à l'écran les aventures de l'héroïne la plus populaire du jeu vidéo : la sublime Lara Croft, ersatz d'Indiana Jones mais en mini-short et débardeur. Le but du jeu est simple : on incarne Lara, une riche héritière anglaise, qui passe le plus clair de son temps libre à arpenter les quatre coins du monde, avec une préférence prononcée pour les contrées inexplorées et ... les tombes (Tomb Raider = pilleur de tombes pour ceux qui ont séché les cours d'anglais au collège).
Le premier jeu,
sorti en 1996, donna lieu, conséquence de son succès immédiat, à une série de
nombreux titres, sortis sur la majorité des consoles. Les softs, de qualité relative,
bénéficiaient souvent plus de la popularité du personnage que des avis
favorables des gamers qui, outre les améliorations graphiques (surtout
concernant le physique de l'héroïne), n'ont vu le principe de base de la série
que peu modifié en quinze ans, à savoir : arpenter des couloirs, trouver des
passages secrets, déverrouiller des portes à l'aide de clés trouvées sur le
chemin, tirer au passage sur quelques animaux et sbires du gros boss de fin,
etc. Le tout grâce à une panoplie de mouvements pour l'époque assez variés :
marcher, courir, sauter, grimper, nager, s'accrocher aux rebords et aux cordes,
sprinter, ramper et le mythique saut de l'ange.
Faire un film
là-dessus, c'était quand même pas mal s'exposer. Il faut dire que le postulat
de départ ne donnait guère lieu à un film profond et révolutionnaire, d'autant
plus que le premier jeu était plus ou moins une adaptation déguisée de Indiana
Jones en jeu vidéo. Adapter Tomb Raider
en film revenait donc à adapter un jeu vidéo déjà officieusement adapté d'un
film. La boucle est quand même bouclée en 2001, avec dans le rôle titre Angelina
Jolie, dont la célébrité n'était pas à l'époque telle que celle que l'on
connaît aujourd'hui. Mentionnons au passage la présence au casting d'une autre
tête d'affiche qui connaîtra également plus tard son heure de gloire, à savoir Daniel
Craig (actuel James Bond).
On peut d'office
s'arrêter là pour les considérations introductives concernant ce long-métrage.
Comme le laissait présager les premières lignes de cet article, "Tomb
Raider : le film" est un spectacle dont on peut aisément se dispenser. Car
il faut le dire : à part avoir collé à Lara l'étiquette de la fifille à son
papa, en plus d'être flanquée de deux trublions insupportables (un jeune
majordome complètement inutile et un geek boulet), aucune valeur n'a
été ajoutée à cette adaptation qui a toutefois le mérite de rester fidèle au
support d'origine : scénario basique, gunfights, temples abandonnés,
créatures improbables, voyages à gogo, cascades, petites énigmes... Tout a été
fait pour ne pas dépayser le fan du jeu qui, dans une certaine mesure, y
trouvera son compte (l'auteur de ces lignes en étant lui-même un, il sait de
quoi il parle).
Seulement voilà
: un film n'est pas un jeu, et un jeu n'est pas un film. La frontière entre les
deux est parfois extrêmement mal définie, surtout aujourd'hui où les jeux
empruntent beaucoup au cinéma, et réciproquement (mais ce n'est toutefois
jamais concluant). Néanmoins, il faut le reconnaître : le premier film sur Lara
Croft (car oui, il y a eu une suite et on a récemment parlé de la perspective
d'un reboot) remplit sympathiquement son but de divertissement bébête,
même si on peut sérieusement regretter que le rythme (et donc l'esprit même de Tomb Raider) soit alourdi par :
- une figure paternelle récurrente mais pas du tout pertinente (l'acteur qui joue le père est d'ailleurs le véritable père de Angelina Jolie dans la vraie vie) ;
- les "visions" de Lara (c'est qui, cette petite fille ?) ;
- le côté qui se veut trop sérieux et mélo, ce qui nous ramène au père qui plombe vraiment tout ;- des scènes d'action un peu avares ;
- une américanisation à outrance alors que Lara est ... Anglaise ;
- dernier coup de gueule concernant le robot, inutile lui aussi (symbole selon lequel la créature virtuelle se fait abattre par la créature en chair et en os ?).
Sur le
plan technique, pas grand chose à redire. Les effets spéciaux sont de bonne
facture et Angelina Jolie est assez convaincante. Il y a juste, sur le
plan musical, le gros regret que le thème musical des jeux n'ait pas du tout
été repris, alors qu'il a failli l'être (il a été question un moment que le
compositeur même de la musique des jeux, Nathan McCree, compose celle du
film, mais finalement non... ce qui a donné lieu à une B.O. désespérément
plate). Au final, bilan plutôt mitigé. Si vous n'êtes pas fan des Tomb Raider première
génération ni de films d'aventures basiques à la limite du foutage de gueule,
il est préférable de passer votre chemin.