Fiche techniquetheweatherman.jpg

Film américain

Date de sortie (France) : 30 novembre 2005
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h41
Scénario : Steve Conrad
Musique : Hans Zimmer et James S. Levine
Photographie : Phedon Papamichael
Avec Nicolas Cage (David Spritz), Michael Caine (Robert Spritzel), Hope Davis (Noreen)…

 

Synopsis : Un présentateur météo fraîchement divorcé souhaite se réconcilier avec son ex-femme et ses enfants avant de partir travailler à New York.

Mon avis : Sortez couvert


theweatherman1.jpgVoilà un film intrigant, synonyme d’échec  cuisant au box-office. Ce genre de métrage qui laisse perplexe après visionnage et qui n’a pas eu sa chance sur grand écran. On peut même dire qu’il est passé totalement inaperçu. D’ailleurs à l’heure actuelle où ces quelques lignes sont rédigées, je peux affirmer que personne dans mon entourage n’a entendu parler de ce film. Pourquoi ? Pas commercialement viable ? Le sujet était, peut être, trop casse gueule ?... Il faut avouer que la trame de départ n’avait pas grand chose à offrir de séduisant. On peut même se poser de sérieuses questions sur les motivations du réalisateur. Car des films ayant pour « héros » principal un présentateur météo ne sont pas légions. Alors quand notre personnage principal se nomme David Spritz et qu’il est en pleine dépression ; on ne nage définitivement pas en plein glamour. Prendre comme point central un personnage dont la vie se résume à 5 minutes d’existence télévisuelle ne pousse pas à la curiosité et à la sympathie. Aussitôt vu, aussitôt oublié, donc.

 

theweatherman2.jpgEt c’est ce qui m’a attiré dans ce film. Car même un Monsieur Météo reste un être humain avec les problèmes de monsieur tout le monde. Un homme avec ses angoisses (qui n’en à pas ?!) et un monde affectif qui s’écroule autour de lui. Dès qu’il est reconnu dans la rue, aussitôt, il reçoit en pleine poire divers aliments : milk-shake, soda, burrito... C’est complètement absurde, cruel. Sa femme l'a quitté. Sa fille est une ado mal dans sa peau, obèse, et qui ne croit plus en l’amour que son père peut lui porter. Son fils côtoie un éducateur pédophile. Et pour finir, son père castrateur, célèbre écrivain, vient d'apprendre qu'il a un cancer en phase terminale. Alors oui, comment un tel métrage a pu voir le jour avec comme réalisateur celui de Pirates des Caraïbes 1, 2 et 3, des acteurs comme Nicolas Cage et Michael Caine (plus froid, noble, droit et impénétrable que jamais) et le compositeur de BO Hans Zimmer ??? Excusez du peu…

 

theweatherman3.jpgDans un univers quasi similaire à mi chemin entre American Beauty et Sideways (ces « héros » au regard vide, en fin de carrière), The Weather Man se pose non seulement comme le meilleur film  à ce jour de Gore Verbinski, mais comme un pur produit anti Hollywoodien (sur les traces de ces films américains à la sauce indé) surtout par certains thèmes abordés comme l'obésité, le divorce et même la pédophilie... Il y a une noirceur désespérée qui surprend dans cette peinture sociale, un ton joliment amer. Le réalisateur s’amuse, décortique son prochain, le malaxe dans tous les sens pour en faire ressortir le jus d’une comédie noire pince sans rire menée par un Nicolas Cage toujours très juste et qui n’en fait pas des tonnes (ce regard ! ce visage !). Il apporte définitivement quelque chose de désespérant et de touchant dans ce personnage (tout comme il l’a fait pour Adaptation ou Leaving Las Vegas). Le reste du casting n’en reste pas moins sublime.

 

theweatherman4.jpgOn se régale d’un bout à l’autre de la dépression constante dans laquelle est plongée le personnage central. On assiste, à chaque instant, au combat  de cet homme qui ne peut tomber plus bas et qui a le choix entre se relever  ou rester à terre. La symbolique, assez facile, du personnage principal qui trouve son exutoire dans le tir à l’arc (la flèche qui se doit d’arriver à son objectif), reste très efficace. Facile, originale. De plus, la photographie joue un rôle très important ; avec ces tintes bleutées, gris clair, un peu brumeux, elle vient accentuer le côté déprimant du quotidien de notre personnage. A la fin, je me dis que ce métrage fait parti de ce genre cinématographique plutôt réservé à des réalisateurs comme Paul Thomas Anderson, Sam Mendes, Alexander Payne ou même un Wes Anderson. On ne peut reprocher à Gore Verbinski de ne pas s’être pleinement investi dans la réalisation de son film et de n’en avoir pas  saisi toute la finesse du scénario. Au final, Verbinski nous livre un portrait de loser qui réapprend l’estime de soi,  à savoir relativiser sur ses propres échecs dans une époque où tous s’évertuent à être connus, célèbres  et « parfaits ». Il ressort, donc,  de ce film une profonde humanité émouvante, touchante, un parfum de réussite qui mérite bien plus qu’une seconde chance.

Add this to your website

Ecrit par TastyRiff.

Voir d'autres articles de ce membre

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir