Fiche technique
Série américaine
19 épisodes pour la saison 4
Avec Milo Ventimiglia (Peter Petrelli), Greg Grunbert (Matt Parkman),
Hayden Panettiere (Claire Bennet), Adrian Pasdar (Nathan Petrelli), Masi Oka
(Hiro Nakamura), Ali Larter (Niki Sanders), Sendhil Ramamurthy (Mohinder
Suresh), Jack Coleman (Noah Bennet), Zachary Quinto (Gabriel « Sylar »
Gray), David Anders (Takezo Kensei), Kristen Bell (Elle), Dania Ramirez
(Maya)...
Attention, ne pas lire ce qui suit si vous n’avez pas vu les saisons
précédentes.
Mon avis : Après une troisième saison en demi-teinte qui avait redonné
espoir suite à une désastreuse saison 2 victime de la grève des scénaristes, la
saison 4 avait de quoi susciter l'intérêt, notamment pour ce qui concernait le
devenir de deux personnages phares de la série, condamnés à cohabiter dans un
même corps : Sylar et Nathan. Mais c'est aussi l'occasion pour tous les autres
protagonistes de retourner à une vie normale et de faire table rase du passé et
des mauvaises actions qui ont pu y être commises. Est-ce d'ailleurs un hasard
si le titre de ce volume 5 s'intitule "Rédemption"?
Mais ce retour à un quotidien banal n'est pas bien vécu par tout le monde. Et
c'est là l'occasion de faire un bilan sur les personnages qui évoluent ne
serait-ce qu'un minimum, la saison 3 ayant été assez stagnante du point de vue
de la personnalité de chacun, à l'exception sûrement de Sylar. Seulement voilà,
les erreurs qui ont pu être notées lors des trois premières saisons sont encore
bel et bien là. Outre un côté technique qui n'a plus rien à prouver
(réalisation au top, effets spéciaux de bonne facture), la saison 4 oscille
comme de coutume entre du très bon et du très mauvais, laissant de côté ce qui
aurait pu être intéressant si plus développé et préférant s'attarder sur du
vent.
On pense notamment à toute l'intrigue autour de Sylar/Nathan, expédiée dès le
début alors que le combat pour la maîtrise du corps aurait pu se prolonger sur
toute la saison jusqu'à un final prometteur. Mais non. L'idée amorcée à la fin
de la saison 3 connaît ainsi le plus mauvais traitement qui soit, multipliant
les ellipses et survolant l'aspect éthique susceptible de mettre le spectateur
mal à l'aise mais de manière paradoxalement agréable. On peut noter à ce titre
l'absence de réaction convaincante à la découverte du corps mutilé du vrai
Nathan ou alors le complet passage à la trappe de Millie, une amie de la
famille Petrelli déjà entrevue dans la saison 3, ayant commandité l'assassinat
de Nathan par pure vengeance.
Au lieu de ça, on se consacre à une drôle de fête foraine avec un Robert
Knepper (Prison Break, Le Transporteur 3) bien redondant, intrigue étirée comme
pas possible alors qu'on n'en a strictement rien à carrer. Les enjeux auraient
pu paraître captivants si la peine avait été donnée de conférer une dimension
plus pressante au danger potentiel de ce qui ressemble à cette secte, mais au
lieu de ça, on nous baratine pendant la quasi-totalité des épisodes avec cette
intrigue, qui est la principale du film et de loin la moins intéressante. Aucun
mystère, aucun secret, aucune surprise. Tout est prévisible, déjà vu et
désespérément ennuyeux.A ce titre, aucun des nouveaux personnages ne se démarque particulièrement et
de manière favorable à part peut-être, et dans une mesure très moindre, Emma
Coolidge, jeune femme sourde capable de voir les sons (ce qui donne lieu à des
scènes gentiment poétiques).
Il est aussi dommage que certains personnages ne sortent jamais de leur
mal-être. C'est le cas de Claire, qui se plaint d'avoir des pouvoirs et veut
une vie normale et qui, dès qu'elle a cette vie normale, s'en désintéresse
totalement pour finalement afficher sa différence. Ce dernier désir semble
d'ailleurs être le moteur du volume 6 (et donc de la saison 5, si saison 5 il y
a) et promet de bonnes idées à condition que les scénaristes ne retombent pas
dans leurs vices. Ce qu'on peut hélas craindre, à savoir qu'ils ne savent
toujours pas pondre une fin digne de ce nom au bout de quatre ans.
Là où encore ce défaut pouvait s'excuser dans la saison 1 grâce à un
déroulement des intrigues agréable à suivre, la saison 4 ne s'offre même pas le
luxe de captiver. Ca se suit, certes, mais les enjeux sont faibles, les
longueurs sont là et le brassage de vent y est pratiqué en grande masse, tant
et si bien qu'on ne retient pas grand chose à part l'évolution de Sylar qui,
d'un coup, décide de se repentir et se fait faire pardonner de tous ses crimes
comme si de rien n'était, ce qui n'est vraiment pas crédible ! Là, il y a
scandale : on a quasiment (et scénaristiquement) tué le meilleur personnage de
la série. Encore que la perspective de le voir devenir un héros peut promettre
dans la saison 5, mais compte tenu de ce à quoi les scénaristes nous ont
habitué durant quatre ans, on peut sérieusement douter.
Autre personnage intéressant, Noah Bennett, dont la révélation du passé houleux
n'était pas en soi une mauvaise idée, mais paraît bien inappropriée et bâclée
compte tenu du contexte. Mais son évolution au cours de la saison 4 tient la
route. Divorce, retour à une vie de célibataire, nostalgique de ses exploits
passé, il est bien le seul personnage encore digne d'intérêt parce
qu'imprévisible, malin, réfléchi et foncièrement humain (ce qui manque un peu
aux autres personnages ces temps-ci). Encore faut-il entendre humanité au sens
de tous ses mauvais côtés, à savoir manipulation, vengeance, dissimulation...
Ce dont le personnage de Matt Parkman fait preuve de manière étonnante puisque
enfin sa part sombre apparaît au cours de la saison. Espérons que cela sera
mieux développé par la suite.
Enfin, dernier coup de gueule : le sort réservé aux autres personnages : Hiro
et Ando ne servent à rien, Tracy Strauss également, et Mohinder Suresh, dont la
présence récurrente nous a été épargnée, revient pour 3-4 épisodes et pas les
meilleurs. Brassage de vent, promesses non tenues, évolutions hasardeuses,
manque de connexité entre les différentes sous-intrigues, cette saison 4 creuse
la tombe de Heroes. Cela se suit sans déplaisir mais il en ressort un grand
sentiment de frustration : on attend quelque chose qui ne vient pas. Ultime
chance avec la saison 5, théoriquement programmée. Autrement, c'est la fin. Et
ça serait bien dommage pour une série dont on a sérieusement l'impression
qu'elle n'est pas allée au fond des choses.
Ecrit par VincZt.
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