
Film français
Synopsis : Un homme assassine son patron. Ce crime il le fait par amour pour sa maîtresse, la femme du défunt. Alors que tout se passait comme prévu, il réalise qu’il a oublié un indice compromettant sur la scène du crime. Il retourne sur les lieux et se fait malencontreusement enfermer dans un ascenseur…
Mon avis : Quand tu prends l’ascenseur, attention à la marche.
Louis Malle en était encore à ses débuts dans la mise en scène quand il réalise l’adaptation du roman de Noël Calef. L’année d’avant, il venait déjà de recevoir une moitié de Palme d’or à Cannes en compagnie de Jacques-Yves Cousteau pour Le Monde du silence. Des débuts plus que prometteurs qui n’auront cesse de se confirmer par la suite. Ascenseur pour l’échafaud en est la parfaite illustration.
Dans chaque plan se retrouvent les influences conjointes d’un Bresson d’une part, du maître du suspense Hitchcock d’autre part. En donnant comme point de départ de son intrigue un simple coup du sort, un vulgaire quiproquo, Louis Malle empoigne le spectateur pour ne plus le lâcher. Une tension omniprésente que seule la musique mélancolique au possible de Miles Davis (improvisée sur le vif avec ses musiciens) parvient à distancer de temps en temps.
Côté interprétation, on est littéralement happé par les performances de Maurice Ronet et Jeanne Moreau, la gravité et l’angoisse au quotidien. Ces deux là ouvrent le film en se déclarant leur amour, et le termineront également, mais d’une autre façon. Et puis dans les rôles du commissaire et de son acolyte, deux futurs habitués des lieux, Lino Ventura, toujours aussi mordant quand il s’agit de faire avouer un suspect, et le plus nuancé Charles Denner.
On retrouve également dans la mise en scène de Malle quelques soubresauts de la Nouvelle Vague à venir, avec ce couple de jeunes dont l’insouciance n’a d’égale que l’éphémère inconscience. Ici encore, un vol de voiture anodin qui va virer au drame pour finalement aboutir à en dénoncer un autre. L’ironie du sort comme fil directeur, il fallait y songer.
En bref, ce film avait tout pour devenir culte, ce qui est advenu. Une idée originale, une mise en scène inspirée. Citons par exemple la manière qu’à Malle de « cerner » Maurice Ronet dans sa cabine d’ascenseur, ou bien encore les déambulations face caméra d’une Jeanne Moreau cernée par les immeubles, dans un Paris nocturne pour le moins inquiétant. Sans oublier bien entendu la bande originale de Miles Davis. Grand film.
Note : 8,5/10
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