Série américaine et canadienne
Titre original : X-Files
25 épisodes de 42 minutes environ
Avec David Duchovny (Fox Mulder), Gillian Anderson (Dana Scully), William B. Davis (le fumeur)...
1 Les petits hommes verts
2 L'hôte
3 Mauvais sang
4 Insomnies
5 Duane Barry I
6 Duane Barry II
7 Les vampires
8 Coma
9 Intra-terrestres
10 Le musée rouge
11 Excelsis Dei
12 Aubrey
13 Le fétichiste
14 La main de l'enfer
15 Mystère vaudou
16 La colonie I
17 La colonie II
18 Parole de singe
19 Le vaisseau fantôme
20 Faux frères siamois
21 Les Calusaris
22 Contamination
23 Ombre mortelle
24 Une petite ville tranquille
25 Anasazi
Mon avis : La saison 2 au fil des épisodes...
La première saison
s’achevait sur une bien triste nouvelle avec la fermeture des affaires non
classées. En ce début de saison 2, on retrouve donc logiquement nos deux agents
affectés à de nouvelles missions. D’un côté il y a un Mulder moribond qui se
morfond au service des écoutes téléphoniques et de l’autre une Scully
nostalgique qui donne des cours à la bleusaille du FBI. Bien entendu, le
martien ne va pas pouvoir résister longtemps à l’appel du large et le voilà en
route pour un observatoire perdu en pleine jungle à Porto Rico où il compte
bien rassembler des preuves pour attester de l’existence d’une vie
extraterrestre. Evidemment, il devra fuir à toute vitesse et laisser ses
trouvailles derrière lui. Outre relancer de plein pied l’intrigue « ovniesque »
de la série, Les Petits hommes verts c’est aussi l’occasion d’assister à un
face à face mémorable entre Skinner et le Smoking Man, le premier confirmant
alors l’impression d’être du côté des héros. Affaire à suivre…
Avec L’hôte, l’épisode 2, on patauge à nouveau dans le vaste monde des mutants,
et plus particulièrement dans une charmante soupe radioactive ayant donné
naissance à rien de moins qu’un homme-douve, de mémoire un des trucs les plus
hideux de la série. Articulé autour de la chasse au monstre, cet épisode
s’avère relativement plaisant avec un rythme soutenu et une réflexion certes
simpliste mais bienvenue sur les méfaits de la radioactivité artificielle. A
noter qu’il s’agit également du premier épisode où figure le fameux X faisant
office de signal d’appel à Mulder quand il a besoin d’informations sur son
enquête en cours. Dans le genre chasse à l’homme et rythme soutenu l’épisode
suivant, Mauvais sang, ne dépareille pas. Habile mélange du Chute libre de Joel
Schumacher pour le pétage de plomb et du Invasion Los Angeles de John Carpenter
pour les messages subliminaux, il offre 42 minutes trépidantes.
Insomnies c’est de nouveau le gouvernement américain dans le collimateur de
Chris Carter et de ses collaborateurs, même s’il faut bien avouer que c’est
monnaie courante au pays de l’oncle Sam de cracher sur tout ce qui se passait
dans l’ombre à l’époque. Ici il s’agit d’expériences menées sur des soldats
pour les rendre invulnérables au sommeil et à la fatigue afin d’obtenir de
véritables machines à tuer. Quelques années plus tard, l’un d’eux baptisé
« le prêcheur » décide d’expier ses pêchés ainsi que ceux de ses
anciens compagnons d’armes. Très bonne idée de départ, cet épisode bénéficie
qui plus est de la présence de Tony Todd, mémorable Candyman, dans la peau du
prêcheur en question. Pour la petite histoire, c’est ici que l’on apprend que
Krycek roule pour le fumeur dans le dos de Mulder.
Tout se précipite un peu à partir des épisodes 5 et 6 mettant en scène Duane
Barry. Tombée enceinte à la fin de la saison 1, Gillian Anderson obligeait par
la même les scénaristes à trouver un moyen de camoufler, voire d’expliquer sa
grossesse, ce qu’ils firent avec beaucoup d’ingéniosité. Duane Barry se divise
donc en deux épisodes. Le premier est une prise d’otages par un forcené
attendant une « visite » d’un autre monde. Neutralisé à la fin de
l’épisode 5, ce dernier se réveille pour enlever Scully et l’offrir aux
ravisseurs à sa place, obligeant Mulder à lui courir après dans l’épisode 6.
Bien entendu, le martien arrivera trop tard au rendez-vous et permettra à sa
chère collègue de mener à bien sa grossesse. Par ailleurs, c’est la première
fois qu’on entend parler d’implants et que l’on croise la mère de Scully.
Enfin, la duplicité de Krycek ne faisant plus aucun doute, ce dernier
s’évanouit dans la nature mais permet néanmoins aux affaires non classées
d’être réouvertes.
Malheureusement, c’est avec une histoire de vampires toute bancale (Les
Vampires) que Mulder va rouvrir son bureau après avoir solennellement rangé le
dossier du rapt de Scully parmi ses X-Files. Tout seul en piste, le voilà donc
en quête d’une trinité maléfique et plus particulièrement du membre féminin
auquel il aura bien du mal à résister. Dommage que l’intrigue soit un peu
mièvre et les clichés trop nombreux. C’est d’ailleurs la seule incursion
« vampirique » de la série, sauf erreur de ma part. Fort
heureusement, l’épisode suivant, Coma, voit le retour de Scully dans le monde
des vivants. Moment phare de la saison, on y croise également pour la première
fois la sœur de Scully, Mélissa, baba-cool sur le retour s’improvisant voyante
et qui fera des étincelles avec Mulder qui, au contraire de cette dernière,
refuse de voir mourir Scully. Cerise sur le gâteau, cet épisode s’achève sur un
Mulder qui, rencardé par Skinner, débarque chez le Smoking Man pour le
descendre. L’autre, pas stressé pour un sou, se contente de lui balancer au nez
« Allez-y, tirez. Vous n’avez pas le cran, j’ai vu mourir des
présidents ». Une pique qui en dit long sur le personnage de loin le plus
énigmatique de la série.
Pour le retour sur le terrain de Scully, c’est un épisode assez décevant qui
nous est proposé. Intra-terrestres, c’est un peu le Voyage au centre de la
Terre de Jules Verne revisité par Chris Carter. Un savant de génie, Trepkos,
aurait découvert quelque chose de terrible au cœur de la planète et
n’hésiterait pas à tuer pour empêcher sa découverte de s’émanciper à la
surface. Finalement, c’est un ridicule parasite prenant la forme d’un phallus
une fois à maturité que vont devoir combattre nos deux agents. Bref, on nous
ressort assez maladroitement la recette du Projet Arctique en appliquant cette
fois une sauce louchant davantage sur David Cronenberg. Et même la petite
apparition de Leland Orser en scientifique n’évite pas à cet épisode de sombrer
dans le ridicule.
Heureusement arrive Le Musée rouge, épisode relativement glauque où le
spectateur se fait promener un bon bout de temps avant de comprendre le fin mot
de l’histoire. Une secte de végétariens d’un côté, des expériences secrètes sur
la population de l’autre et rien de moins que l’assassin de Gorge Profonde au
milieu pour éliminer les témoins gênant, voilà de quoi faire cogiter, notamment
avec ces inscriptions sur les victimes « He is one » et « She is
one ». Un ou une quoi ? Bien construit et complexe juste ce qu’il
faut, Le Musée rouge multiplie les fausses pistes comme celle du pédophile
appréhendé par Mulder et Scully sans jamais trop s’éloigner du fil directeur de
l’épisode.
C’est ensuite de surnaturel dont il est question avec Excelsis Dei. Un hospice
est témoin de phénomènes étranges jusqu’à ce que les choses s’aggravent avec le
viol d’une infirmière par l’esprit en déplacement d’un vieillard volage. Une
fois sur place, nos deux agents vont rapidement se livrer au pronostic du
« who done it ? » en courant dans tous les sens à l’intérieur de
l’immense bâtiment véritablement un personnage à part entière de l’épisode au
même titre que l’infirmier asiatique à l’origine de tout ça. Avec son approche
intéressante de l’au-delà, Excelsis Dei n’en est pas moins relativement
amusant, en particulier la scène où Scully se retrouve malgré elle face à un
vieillard décharné ouvrant son peignoir pour évoquer sa défunte tuyauterie.
Aubrey c’est un peu une relecture temporelle du film de serial-killer. Des
cadavres sont retrouvés mais les crimes ont eu lieu un demi-siècle plus tôt.
Seulement la manière dont ces cadavres sont retrouvés va rapidement intriguer
Mulder et Scully qui peineront néanmoins à trouver le lien entre les victimes
et leur agresseur. Un épisode correct, sans plus. Il est de nouveau question de
serial-killer dans Le Fétichiste sauf que celui-là est autrement plus
inquiétant puisqu’il s’agit d’un nécrophile ne se contentant plus des cadavres.
A ce titre, Donnie Pfaster figure en bonne place dans le top des pires monstres
croisés par nos agents. Il va d’ailleurs parvenir à faire fondre en larmes
Scully avec ses profanations avant de l’enlever carrément. Un épisode
intéressant et avec un petit air des eighties, un côté giallo, appréciable.
La Main de l’enfer tranche assez fortement avec tout ce qui nous avait été
proposé jusque là. Plongeant le spectateur en plein cœur d’une secte satanique
dépassée par celui à qui elle voue un culte, cet épisode va assez loin avec une
ou deux scènes osées pour l’époque, en particulier le récit consternant d’une
adolescente avouant à Mulder et Scully avoir été violée à maintes reprises par
des amis de son père et avoir accouché en secret suite à ces viols. Le récit est
d’autant plus intéressant par son petit côté « provoc » puisqu’il met
en scène rien de moins que des enseignants vouant un culte à Satan. Présenté
comme une sorte de jeu du chat et de la souris entre Mulder et Mrs Paddock, il
est amusant de voir à quel point les agents du FBI font office de pion dans cet
épisode. Un des musts de la saison 2.
Je passe rapidement sur le suivant, Mystère Vaudou, dont le principal intérêt
est de dénoncer les pratiques du gouvernement américain et plus
particulièrement de son armée sur les réfugiés à qui on refuse l’entrée chez
l’oncle Sam tout en leur interdisant de rentrer chez eux. Une fois de plus
confrontés à des militaires très peu coopératifs, Mulder et Scully vont donc
devoir se débrouiller seuls et ruser un peu pour découvrir ce qui se passe
réellement à l’intérieur de ce camp de réfugiés haïtiens. Autre intérêt quand
même de cet épisode plutôt bon dans l’ensemble, le twist final au sujet du
gamin. Ceux qui l’ont vu me comprendront.
La Colonie 1 et 2 sont là pour nous rappeler qu’il y a une intrigue principale
dans cette série. On pouvait à juste titre en douter puisque le dernier épisode
faisant avancer le schmilblick était Coma, sept épisodes plus tôt. Toutefois,
on nous en donne pour notre argent avec de double épisode qui voit au passage
l’apparition du tueur alien incarné par Brian Johnson, qui a fait du muscle
depuis son apparition en punk dans le premier Terminator. Côté récit, les
assassinats successifs de plusieurs médecins selon toute apparence clonés, vont
amener Mulder et Scully à se poser des questions sur l’ampleur de la
conspiration. Qui plus est, la famille Mulder va être chamboulée par la
réapparition de la sœur disparue Samantha. Sauf qu’une mauvaise nouvelle
accompagnant toujours une bonne nouvelle, cette réapparition va coïncider avec
l’enlèvement de Scully. Confronté à un choix cornélien, celui-ci va aussitôt
partir à la chasse à l’alien tandis que Skinner et X vont se mettre
copieusement sur la gueule. Bref, on apprend beaucoup de choses et on ne s’ennuie
pas une seconde.
On est alors d’autant plus déçu avec l’épisode suivant, Parole de singe, qui
nous replonge subitement dans la routine avec une histoire à dormir debout de
gorille qui parle grâce au langage des signes et d’animaux invisibles inséminés
par des aliens. Bourré de clichés sur les écologistes et doté d’une petite
intrigue propre au zoo sans grand intérêt, cet épisode est plutôt mauvais. Même
chose pour le suivant, Le Vaisseau fantôme, dont le seul mérite revient aux
maquilleurs qui n’ont pas dû chômer tout au long du tournage. Sinon, on assiste
donc au vieillissement accéléré de nos deux agents coincés malgré eux dans un
nouveau triangle des Bermudes à bord de l’USS Ardent jusqu’à leur inévitable
sauvetage miraculeux. Bref, un épisode assez anecdotique.
Heureusement arrive alors mon petit chouchou de cette saison 2 avec Faux frères
siamois. Hommage appuyé au Freaks de Tod Browning, cet épisode se déroule donc
dans une foire aux monstres où une série de meurtres inexpliqués terrorise les
autochtones. Un peu étourdis par ceux qui les entourent, Mulder et Scully ne
vont pas moins en mener l’enquête dans une ambiance réjouissante à l’humour
noir très prononcé. En outre, les participations amicales de Michael J.
Anderson (le nain de Twin Peaks et Carnival, entre autre chose) et de Vincent
Schiavelli (un must du « on sait jamais comment il s’appelle) contribuent
à rendre cet épisode vraiment indispensable. Dommage d’ailleurs que ce type
d’épisodes aient été au final si rares dans la série.
Le suivant, Les Calusaris, n’est par contre pas de la même teneur. Remake raté
de L’Exorciste de William Friedkin, on y voit nos deux agents confrontés à une
famille d’origine roumaine elle-même confrontée au Démon. Bref, les clichés sur
la possession s’accumulent et le spectateur s’ennuie fermement. C’est guère
mieux avec le suivant, Contamination, qui s’attaque aux grands groupes
pharmaceutiques en pointant du doigt des tests secrets sur la population. Dans
ce cas précis, ce sont des détenus qu’on expose à un virus mortel. Sauf qu’une
évasion aidant, la chasse à l’homme traditionnelle va en devenir d’autant plus
éprouvante. Résultat, un rythme correct mais un brin mollasson qui peine à
convaincre et nous ferait presque nous demander où a bien pu passer ce brave
Tommy Lee Jones.
Ombre mortelle relève le niveau avec une intrigue intéressante et surtout la
prestation d’un Tony Shalhoub en grande forme dans la peau du Docteur Chester
Banton dont l’ombre est, suite à une expérience malheureuse, devenue un
véritable trou noir ambulant. L’occasion pour les scénaristes de tirer une fois
de plus sur le gouvernement qui ne va pas tarder à vouloir s’emparer du
phénomène avec X qui dirige les opérations. Seule ombre au tableau, le cliché
inutile du jeune détective inexpérimenté Kelly Ryan, protégée de Scully qui ne
va pas faire de vieux os. Sans cette bévue, on tenait à n’en pas douter un
excellent épisode.
Une petite ville tranquille est plutôt sympathique dans son genre. Ce qui
devait au départ être une simple enquête de routine va peu à peu se changer en
épidémie de victimes succombant à la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Alertés par
cette impossibilité statistique, Mulder et Scully vont rapidement penser que
les poulets Chaco, moteur économique de la cité de Dudley, ont quelque chose à
cacher. Une découverte d’ossements plus tard, c’est carrément de cannibalisme
dont il est question pour un épisode assez kitsch sur la fin mais relativement
plaisant dans l’ensemble.
J’en arrive à l’épisode conclusif de cette deuxième saison, Anasazi (Ceux
d’outre-tombe). Episode qui débute avec du lourd puisque Mulder se retrouve
rapidement en possession des archives de la Défense sur les extraterrestres.
Bien évidemment, il va être dans l’impossibilité de les lire et va sérieusement
péter les plombs en boxant Skinner. Heureusement pour lui, Scully devine qu’il
s’agit en fait d’un code Navajo utilisé pendant la seconde guerre mondiale et
prend contact avec l’indien Albert Hosteen. Là par contre la ficelle est un peu
grosse puisque une découverte importante est faite non loin de chez ce monsieur
Hosteen, une réserve Navajo, ce qui conduira à la mort présumée de Mulder (la première d’une longue
série) suivie d’un « to be continued… ». A noter aussi que dans cet
épisode il ne fait plus aucun doute sur les liens qui unissaient autrefois le
père de Mulder et le Smoking Man qui se fera gentiment payer à boire par son
ancien complice avant de le faire liquider par Krycek qui devient du même coup
l’homme à abattre pour Mulder.
Au final, une saison 2 assez relevée dans l’ensemble. On note bien quelques
ratages tels que Les Vampires, Intra-terrestres, Aubrey, Parole de singe ou
encore Les Calusaris, mais les autres épisodes sont pour la plupart franchement
réussis avec même quelques perles comme Faux frères siamois, La main de l’enfer
et bien entendu ceux faisant avancer l’intrigue principale (Duane Barry, La
Colonie, Anasazi). Bref, un bon cru que cette saison 2.
Ecrit par Sylkarion.
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Commentaires
L'esprit est un peu le même que pour "Faux frères siamois" d'ailleurs, en plus réussi encore.
Tu devrais apprécier
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