
Série américaine et canadienne
Titre original : X-Files
1 pilote + 23 épisodes de 42 minutes environ
Avec David Duchovny (Fox Mulder), Gillian Anderson (Dana Scully), William B.
Davis (l’homme à la cigarette), Jerry Hardin (Gorge profonde)…
1 Nous ne sommes pas seuls
2 Gorge profonde
3 Compressions
4 L’enlèvement
5 Le diable du new jersey
6 L’ombre de la mort
7 Un fantôme dans l’ordinateur
8 Projet arctique
9 Espace
10 L’ange déchu
11 Eve
12 L’incendiaire
13 Le message
14 Masculin féminin
15 Lazare
16 Vengeance d’outre-tombe
17 Entité biologique extra-terrestre
18 L’église des miracles
19 Métamorphoses
20 Quand vient la nuit
21 Le retour de tooms
22 Renaissance
23 Roland
24 Les hybrides
Synopsis : Le rationnel et carthésien agent du FBI Dana Scully est chargé de collaborer avec un autre agent surnommé "Spooky Mulder" parce qu'il a choisi de s'occuper d'affaires dont personne ne veut car faisant écho au surnaturel, les X-Files. D'abord révoltée qu'on puisse vouloir sortir des sentiers battus, elle va rapidement développer un profond respect et une franche amitié avec son nouveau collègue avec qui elle va vivre des expériences hors du commun...
Mon avis : La
saison 1 au fil des épisodes
Nous
ne sommes pas seuls pose sans le savoir les jalons des neufs saisons à venir de
la série. On y assiste à la rencontre entre le Spooky Mulder, profiler de génie
relégué de lui-même dans une cave du FBI pour s’occuper des affaires dont
personne ne veut, les fameuses x-files, et la non moins brillante Dana Scully
qui ressemble à s’y méprendre à une certaine Clarice Starling... Un emprunt au
film de Demme et plus généralement au cinéma auquel il va falloir s’habituer
tant Chris Carter et ses scénaristes vont régulièrement piocher dans le
septième art pour continuer de proposer au public des épisodes riches et variés
à défaut d’être toujours originaux.
Outre
cette rencontre, Nous ne sommes pas seuls développe déjà la trame
principale de la série, à savoir la conspiration du gouvernement des
Etats-Unis pour cacher… on ne sait pas trop quoi encore. Ce qui est sûr par
contre, c’est que le mystérieux et inquiétant Smoking Man est déjà présent,
attentif et silencieux quand il assiste aux entretiens de l’agent Scully avec
son supérieur. Enfin, cet épisode introduit également le phénomène
d’enlèvements de civils par des extra-terrestres par le biais d’implants
permettant de manipuler les victimes. On en apprend alors un peu plus sur le
passé du héros, Mulder, dont la sœur Samantha fut enlevée sous ses yeux dans
d’étranges conditions. Bref, un pilote plus que prometteur où l'alchimie Duchovny/Anderson fonctionne déjà à plein régime.
Le
deuxième épisode, Gorge profonde, annonce comme son nom l’indique l’arrivée
dans la série du premier informateur de Mulder, interprété par Jerry Hardin, un homme haut placé ayant ses
entrées partout et désireux pour une raison encore inconnue d’aiguiller l’agent
du FBI dans ses recherches pour découvrir la vérité. La conspiration est ici
bien présente avec une observation d’ovnis et une intervention musclée de Men In Black à la clé
avant que Mulder ne subisse un petit lavage de cerveau pour oublier ce qu’il
croyait avoir vu. Pour la première fois également, l’idée d’une collaboration
secrète entre militaires et extra-terrestres est avancée.
Avec
Compressions, la série aborde son premier virage. En effet, et heureusement
d’ailleurs, tous les épisodes n’aborderont pas la trame principale mais
proposeront au public des enquêtes touchant à différents domaines avec plus ou
moins de réussite. On va tenter de brasser un maximum. Ici, c’est le thème du mutant qui est mis en avant. Eugène
Victor Tooms a besoin de foies humains pour survivre et n’hésite pas à
massacrer son prochain pour se les procurer. Particulièrement haletant et
oppressant, cet épisode est une franche réussite. On y voit en action pour la
première fois le « feeling » hors du commun du héros pour deviner
juste, quitte à être humilié. Autre point fort de l’épisode, la performance de
Doug Hutchison, effrayant dans la peau du prédateur Tooms.
L’épisode
suivant, L’enlèvement, revient quant à lui à la ligne directrice de la série en
mettant en avant les enlèvements de citoyens américains par des
extra-terrestres. Une intrigue qui fait bien entendu écho au passé douloureux
de Mulder et permet d’approfondir quelque peu une douloureuse blessure toujours
à vif. Scully de son côté aura le dossier sur l’affaire Samantha entre les
mains. A noter également que cet épisode est à l’évidence inspiré du Rencontres
du troisième type de Steven Spielberg, notamment le blondinet au comportement
étrange. Enfin, cet épisode est aussi symbolique puisque on y entend pour la
première fois Mulder énoncer « I want to believe » en réponse à une
question lui demandant s’il croit que sa sœur va revenir un jour.
Les trois suivants sont par contre assez moyens. Le Diable du New Jersey contraste
énormément avec l’épisode précédent. One-shot, il tente maladroitement
d’apporter une variation sur le mythe du big foot. Scully y est reléguée à de
la figuration avec un semblant de vie privée pendant que Mulder part à la
chasse à l’homme des bois. Une chasse qui se changera rapidement en équipée
sauvage avec un garde forestier et un anthropologue à la rescousse. A noter au
passage que tout ça rappelle par moments le premier Rambo avec un shérif dans
le rôle du bad guy. Quant à L’Ombre de la mort, il nous présente une variation
elle aussi maladroite sur le thème du Poltergeist vengeur. Enfin, Un fantôme
dans l’ordinateur développe une intrigue archi convenue sur les risques de
l’intelligence artificielle.
Arrive
alors un gros morceau de la saison, voire même de la série tout entière :
Projet arctique. Remake à peine déguisé du The Thing de Carpenter, cet épisode
sous forme de huis clos est particulièrement intense. On y voit Mulder et
Scully, ainsi que quatre autres personnes, confrontés à un virus d’origine
extra-terrestre particulièrement belliqueux et vieux de plusieurs millions
d’années. Une fois encore l’originalité n’est pas au rendez-vous dans ce
one-shot, mais la mise en scène et un récit enlevé compensent largement ce
nouvel emprunt. D’autant plus que l’épisode suivant, Espace, n’est pas très
intéressant. Le compte à rebours mortel pour une poignée d’astronautes en
mission n’est jamais vraiment ressenti comme tel et l’on déplore également de
voir nos deux héros relégués le plus souvent au second plan dans cette histoire
de possession intergalactique assez bancale.
Pour
ce qui est de L’Ange déchu, on se retrouve à nouveau de plein pied dans la
conspiration gouvernementale visant à dissimuler l’existence des
extra-terrestres. L’un d’eux se retrouve égaré façon E.T., mais avec de quoi se
défendre lui, et les militaires de partir à sa poursuite à leurs risques et périls. Sauf qu’ils vont
rapidement être suivis de près puis même devancés par Mulder qui va par la même
occasion faire la connaissance de Max Fenig du N.I.C.A.P., chasseur d’ovnis
lui-même enlevé qui reviendra régulièrement dans la série. Evoluant en plein
cœur de la quête de la vérité de Mulder, cet épisode se déroule sur un très bon
rythme et profite également d’une guest-star de luxe en la personne de Marshall
Bell. Bref, une réussite s’achevant sur un moment fort de la saison,
visuellement parlant, l’enlèvement de Max Fenig sous les yeux d’un Mulder
impuissant.
L’épisode suivant, Eve, aborde quant à lui la manipulation génétique et plus
particulièrement l’eugénisme après nous avoir pour un temps égaré sur la piste
de vampires agissant en duo. Nos deux agents du FBI s’y retrouvent aux prises
avec des êtres plus intelligents que la moyenne mais aussi beaucoup plus
violents. Chose rare dans la série, Mulder et Scully sont confrontés uniquement
à des femmes dans cet épisode, qu’il s’agisse des Eve adultes ou bien des Eve
enfants. Pour ce qui est de L’Incendiaire, c’est un autre one-shot
spectaculaire développant comme son nom l’indique le thème de la pyrokinésie.
L’autre intérêt de l’épisode pour le spectateur, c’est de découvrir une phobie
de Mulder, celle du feu, mais un autre grand danger guette l’agent du FBI en la
personne de Phoebe Green, agent de Scotland Yard et accessoirement ex conquête
de Mulder qui, contrairement à Scully, semble avoir eu une vie sentimentale
assez agitée.
Le
Message est probablement mon épisode préféré de cette première saison. Et la
présence de Brad Dourif au casting, une fois de plus auteur d’une performance
hors norme, n’y est sûrement pas étrangère. Se présentant comme une course
contre la mort d’un jeune couple séquestré par un tueur en série, le récit
s’inspire à l’évidence du Silence des agneaux avec nos agents du FBI contraints
de faire affaire avec un autre tueur en série, Luther Lee Boggs (Dourif), qui
prétend pouvoir les aider à localiser le tueur en activité grâce à un don de
télépathie qui lui serait venu alors qu’il était installé sur la chaise
électrique. Une fois n’est pas coutume, c’est Mulder qui joue au sceptique
(pensant que Boggs tente de repousser une fois de plus son exécution) et
Scully, ayant perdu son père au début de l’épisode, qui est prête à croire
Boggs dans l’espoir de communiquer une dernière fois avec le défunt. Bref, des
rôles inversés pour un épisode de qualité à classer dans le haut du panier de
la série tout entière.
Dans
l’épisode suivant, Masculin-féminin, les agents du FBI enquêtent sur d’étranges
meurtres ayant en apparence l’air d’être de simples infarctus. Sauf que les
victimes succombent à une trop violente montée de plaisir. La chasse à
l’aphrodisiaque ambulant est alors ouverte et ne tarde pas à conduire Mulder et
Scully dans un refuge d’isolationnistes mystérieux. Plutôt original dans la
forme, cet opus se démarque également par une chute bien pensée qui laisse nos
enquêteurs comme deux ronds de flanc au milieu d’un champ. A noter au passage
la première apparition de Nicholas Lea dans le rôle d’une victime qui survit à
son agresseur. L’acteur fera son retour un peu plus tard mais cette fois dans
le rôle du détestable Alex Krycek.
Lazare, comme la référence biblique l’indique, parle de résurrection. Plus
précisément celle d’un vieil ami de Scully, Jack Willis, abattu sous ses yeux
par un braqueur lui-même abattu par Scully. Sauf que le comportement du
miraculé va rapidement mettre la puce à l’oreille d’un Mulder qui ne tardera
pas à deviner que le ressuscité n’est pas celui qu’on croit. Grâce à un rythme
assez soutenu et à un couple de hors-la-loi intéressant, cet épisode est plutôt
réussi. Il fait pourtant pale figure comparé avec le suivant, Vengeance
d’outre-tombe, qui va une nouvelle fois mettre Mulder aux prises avec ses
démons avec la résurgence de sa toute première affaire où son manque
d’expérience coûta la vie à un homme, ce qu’il ne s’est jamais pardonné. Le
tueur, c’est John Barnett, psychopathe de la pire espèce qui servit de cobaye à
un savant fou l’ayant rendu immortel. Et Barnett de persécuter Mulder qu’il
juge responsable de son sort. Franche réussite, notamment le fait de montrer
très peu le tueur.
J’en
arrive à EBE, épisode assez proche de L’Ange déchu avec un ovni abattu et une
EBE (Entité Biologique Extra-terrestre) trimballée quelque part au sein des
Etats-Unis à l’abri au fond d’un camion. Mulder et Scully vont bien entendu
tenté de mettre la main dessus. Bien construit avec moult rebondissements, EBE
est également l’épisode à voir arriver dans la série un trio de choc (à défaut
de charme), les Lone Gun Men. Trois geeks paranoïaques aussi frustrés
qu’attachants sur qui Scully fera beaucoup d’effet et qui deviendront
rapidement incontournables lorsque Mulder aura besoin d’aide pour ses
entreprises périlleuses et officieuses.
L’épisode
suivant, L’église des miracles, lance quant à lui un pavé dans la mare en
interrogeant le spectateur sur la foi et les dérives qu’elle peut entraîner par
le biais de ceux qui savent la mettre à (leur) profit. Une thématique anodine
chez nous mais qui fit probablement beaucoup plus de bruit aux Etats-Unis, notamment
certaines répliques cinglantes comme quand Scully lance à Mulder au milieu de
l’église en question « Qu’est-ce qu’ils multiplient ici ? Les billets
de banque ? ». La polémique mise à part, l’épisode est excellent même
si le dénouement s’avère bien trop prévisible. Il n’y a par contre pas photo
avec ce qui suit, Métamorphoses, série Z à la limite du ridicule voulant
revisiter le mythe du loup-garou sans succès.
Un
ratage complet qui contraste aussi et surtout avec Quand vient la nuit,
l’épisode écolo de la saison. Mulder et Scully coincés en pleine forêt pour
rechercher une trentaine de solides bûcherons vont se retrouver à leur tour pris au piège
d’une forêt abritant un terrible péril biologique réveillé et en colère par
l’action de l’homme sur son environnement. L’idée de base est excellente et le
résultat à la hauteur, les scénaristes ayant pris au pied de la lettre
l’expression « ennemi invisible ». Un huis clos en extérieur, il
fallait y penser. Et c’est tout le contraire qui nous est proposé avec Le
retour de Tooms, suite peu inspirée de Compressions dont le seul grand intérêt, avec la première
apparition du directeur-adjoint Skinner, est de nous montrer le suivi des
affaires non classées. Mais l’épisode reste quand même assez plaisant.
Avec
Renaissance, c’est de psychokinésie mais aussi de métempsycose dont il est
question. Malheureusement, le récit est trop alambiqué pour convaincre et le
casting un peu trop moyen pour sauver les meubles. On ne s’ennuie pas un
instant mais on y croit pas trop non plus. Ce qui n’est pas le cas de Roland,
une nouvelle histoire de vengeance post-mortem s’inspirant légèrement du
Rainman de Barry Levinson avec un acteur très convaincant dans la peau de
l’autiste « habité » par son défunt jumeau. Il y est question de
télépathie mais également de cryogénisation. Une intrigue assez moyenne
heureusement reléguée au second plan grâce à la performance de Zeljko Ivanek
dans le rôle de Roland, aux antipodes de son personnage détestable dans Oz où
il incarne le gouverneur Devlin.
Pour
finir, Les Hybrides. C’est incontournable en début et en fin de saison, il faut
des épisodes faisant bouger quelques pièces sur le grand échiquier que
constitue la conspiration. Avec cet épisode conclusif de la première saison, un
projet top secret est éventé grâce à un cobaye en fuite, un hybride d’homme et
d’extra-terrestre à la force surhumaine et capable étalement de respirer
indéfiniment sous l’eau. Une nouvelle fois, c’est Gorge Profonde qui va
aiguiller Mulder sur cette affaire. Néanmoins, cela va lui coûter très cher
puisque en voulant sauver son protégé des mains du gouvernement, il y laissera lui-même
la vie sous les yeux de Scully à qui il donnera son ultime conseil :
« Trust no one », autre précepte phare de la série. Un dernier
épisode qui laisse par ailleurs planer l’incertitude avec un Mulder déclarant
au téléphone à Scully que les X-Files vont être fermées.