Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 16 juin 1996
Genre : trip à Edimbourg
Durée : 1h33
Musique : Brian Eno
Directeur photo : Brian Tufano
Avec Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller
Synopsis Mark Renton est un junkie. Ils passent ses journées avec ses potes, aussi drogués que lui : Spud, Sick Boy, Tommy qui lui est clean, et Franco qui se « shoote aux gens ». Entre deux fix, l’envie de s’en sortir, d’arrêter ça…et de partir loin d’eux et d’Édimbourg.
Mon avis : Obi-Wan Kenobi shooté à l’héro…
Bienvenue en enfer. L’enfer des junkies. J’avais lu le bouquin avant de voir le film, et j’avais trouvé ça pas mal du tout : dur mais plein d’humour et assez décousu (comme le film d’ailleurs) mais c’est pour mieux rendre les trips qu’ils prennent. On suit donc Mark Renton, pauvre gars qui a tout loupé et a plongé dans l’héroïne. Quand il décide de stopper ça, il est confronté à la réalité…plutôt dure. Pas de job, pas de copine (ou quand il en trouve une, il s’avère que ce n’était pas la bonne pioche), des amis complètement tarés.
Les acteurs jouent franchement bien, et ce, avec un accent écossais assez comique : Ewan McGregor peut dire notamment merci à ce film pour sa carrière. Le bouquin a été bien retranscrit à l’écran je pense (faudrait que je le relise pour le confirmer, d’ailleurs on le voit, Irvine Welsh dans le rôle du dealer aux suppos). Au fait, les « trainspotter », ce sont des gens allumés qui note les numéros de trains qui partent. Dans l’histoire, les gares seraient une allusion aux traces de piqûres.
On trouve quand même des scènes assez dures voire dégueulasses (le film a été interdit au moins de 16 ans) comme la recherche des suppos à l’opium ou la mort du bébé d’une de ses amies toxico. Les bad trips qu’il se prend, ou plutôt les trips tout court, sont vraiment bien rendus (quand il se croit dans une fosse, ou la cure « faite maison »). Mais au-delà de ça, c’est tout le malaise de cette génération qui galère qui est montré ici. Même quand il tente de s’en sortir, son passé le rattrape (pire que la peste…). Mais je ne vais pas vous raconter la fin…
Les plus : une histoire pas facile mais très bien adaptée, sans pathos ni préjugés. Les moins : arf, pas trouvé.
Ma note : 8/10










Commentaires
Note : 8/10
Des amis, il en est aussi question dans « Trainspotting ». Et ces amis-là sont loin d?être fréquentables ; chacun travaillant, consciemment ou non, à la destruction des autres. De ces deux premières productions s?échappe l?idée qu?amitié et trahison vont de paire. Mais au-delà, Boyle et son scénariste réussissent à transposer un roman sans structure, dans lequel une myriade de personnages se rencontraient au fil des pages, en un récit qui se tient. Une histoire cohérente, extirpant des héros et de leur déchéance une parabole sur chacun d?entre nous. La drogue s?envisage au sens large, et se conçoit comme un palliatif à une vie morne, à l?accablante normalité à laquelle le commun des mortels est voué. Le réalisateur maîtrise le propos, et insuffle à chaque plan une force abrupte et parfois crue. Musique et images participent à la volonté d?hypnotiser le spectateur, de le forcer à entrer dans cette histoire mêlant glauque et humanité. La force du film émane aussi de son finale, celui-ci nous dévoilant un personnage principal transformé. Mark (Ewan McGregor) prend enfin les commandes de sa vie pour devenir, avec un enthousiasme inattendu, un individu ordinaire, sans histoire. Cette conclusion aurait pu paraître décourageante, mais Boyle la transcende en une grande claque d?espoir à la face du spectateur.
Danny Boyle élabore un film irrémédiablemen t sombre mais le fait avec un tel entrain et un tel humour que rester de marbre devant son travail est impossible. De plus, l?optimisme ambigu du dénouement fait sortir de la projection à la fois grandi et heureux. Pas de leçon de morale, juste de l?émotion pure, une sorte d?euphorie qui s?immisce en vous et qui vous rend vite accro.
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