Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 5 janvier 2000
Genre : thriller revival
Durée : 2h22
Scénario : Victor Colicchio, Michael Imperioli et Spike Lee
Musique : Terence Blanchard
Directeur de la photographie : Ellen Kuras
Avec John Leguizamo (Vinny), Mira Sorvino (Dionna), Adrian Brody
(Ritchie), Jennifer Esposito (Ruby), Michael Rispoli (Joe T), Ben
Gazzara (Luigi)…
Synopsis : New York, été 1997. Sous une
canicule historique, la ville découvre avec une horreur fascinée un
phénomène jusque-la inconnu : le meurtre en série. Dans une course
frénétique pour obtenir les meilleures ventes, les tabloïds n'hésitent
pas à surenchérir dans le sensationnel, et ce meurtrier d'un nouveau
genre est très vite baptisé "Fils de Sam". (allocine)
Mon avis : L'assassin habite au (Studio) 54
Un tueur en série nommé David Berkowitz a réellement sévit durant l’année 1977 à New York, tuant 12 personnes et en blessant bien d’autres. Spike Lee se sert de cette « anecdote » comme point de départ de son film mais finalement Summer of Sam c’est plus que ça. Plantant le décor de son treizième film dans le Bronx, Spike Lee nous plonge en effet ici dans la vie fiévreuse du quartier, un peu à la manière d’un Martin Scorsese des débuts. Et construit par la même occasion un film choral un peu à la sauce Do the right thing, mais dans un autre lieu et à une autre époque.
Deux couples constituent le socle autour duquel tous les autres
personnages gravitent. D’abord on a Vinny, coiffeur dragueur qui trompe
sa femme Dionna à tout va. Cette dernière aimerait bien reconquérir son
mari mais elle ne sait pas comment s’y prendre ; inutile de dire qu’en
cette folle décennie que furent les seventies le couple va expérimenter
pas mal de trucs. Et puis il y a Ritchie, éternel adolescent qui a
pourtant passé l’âge. Il revient au Bronx après en être parti, et
retrouve la belle Ruby ; ces deux là partagent le goût pour la punk
attitude et se marginalisent de plus en plus des autres du quartier.
Tout ça en plein été 77, été de canicule où un tueur en série rôde et
tue des jeunes couples sans défense.
Les années 70 sont omniprésentes dans Summer of Sam. Sous une bande originale très disco, Spike Lee
aborde toutes les révolutions que la société a pu traverser durant
cette période. Drogue, sexe, punk, tout y passe avec une habileté
certaine et en évitant les clichés fastidieux. L’atmosphère de moiteur
et de frénésie est remarquablement retranscrite, on sent la tension
monter peu à peu et échauffer des esprits qui n’attendaient que ça,
tout effrayés qu’ils sont par le serial killer qui traîne dans les
parages. Et justement on suit avec les habitants du Bronx l’enquête
évoluer, et même peu à peu piétiner, ce qui frustre d’autant plus des
personnages qui ont assez à faire avec leur vie personnelle.
Parce que l’autre réussite de ce Summer of Sam
c’est son habileté à mêler la description d’une époque et celle des
protagonistes de l’histoire. Chaque personnage, sans être
particulièrement fouillé, possède un bagage scénaristique assez riche
pour être intéressant. John Leguizamo est en particulier
assez touchant et arrive à humaniser ce personnage particulièrement
odieux de mari volage qui regrette pourtant de l’être. Sa femme,
interprétée par Mira Sorvino se révèle tout au long du film autrement fade et effacée qu’elle ne le laisse deviner au début. Quant à Adrian Brody
il montre déjà ici une belle facette de son jeu d’acteur dans ce
personnage marginal et paumé qu’on ne peut que prendre en affection. Le
suspense reste entier jusqu’à la fin, la mise en scène de Spike Lee
est sophistiquée mais pas trop, elle s’adapte parfaitement à son sujet
: tantôt étouffante lors des scènes de crimes tantôt discrète dans des
scènes plus intimes. Un bon cru d’un réalisateur qui n’a décidément pas
fini de nous surprendre, en bien ou en moins bien.
Ma note : 8/10









