Film américain
Date de sortie (France) : 8 octobre 2003
Genre : Bande déprimée
Durée : 1h41
Scénario : Shari Springer Berman et Robert Pulcini
D'après les comic books de Harvey Pekar et Joyce Brabner
Musique : Mark Suozzo
Photographie : Terry Stacey
Synopsis : Harvey Pekar, un documentaliste à la vie terne, entrevoit dans la bande dessinée une façon d'exprimer ses frustrations. Si son premier album, American Splendor, rencontre le succès, son existence lui paraît toujours aussi vide. Harvey rencontre alors Joyce Brabner, son âme soeur qui partage un même mal de vivre...
Mon avis : Quand la dépression a du bon...
Véritable phénomène aux Etats-Unis depuis de nombreuses années mais resté quasiment inconnu chez nous, American Splendor est un recueil annuel sous forme de bande dessinée du quotidien d'un documentaliste déprimé répondant au nom d'Harvey Pekar.
Doté d'un humour corrosif à souhait et d'une réjouissante vision
décalée de l'american way of life (du moins c'est ce qu'on en dit), le
comic book connait un tel succès outre Atlantique qu'il était
« logique » de le voir débarquer un jour ou l'autre sur grand écran.
C'est désormais chose faite.
Projet de longue date, American Splendor
nous propose donc avec force détails de parcourir une biographie
romancée de son héros, type divorcé ordinaire à la vie ordinaire se
plaisant à commenter tout ce qui l'entoure avec plus ou moins de
piquant. Une existence dont les principaux tournants seront sa
rencontre avec Robert Crumb, le fameux pilier underground Crumb auquel Terry Zwigoff consacrera un film en 1994 et qui illustrera une partie d'American Splendor, puis celle avec Joyce, une paumée comme lui avec qui il partagera sa morne existence.
Finalement, le seul souci dans l'histoire, c'est que ce cher Harvey Pekar n'a vraiment rien de passionnant ni même d'intéressant à raconter. Loin d'être une franche comédie, American Splendor
est même limite rasant par moments. Difficile en effet de s'identifier
au héros et difficile également d'accorder un quelconque crédit à son
quotidien, tellement « ringardisé » pour le film qu'on se croirait
presque dans un film de Wes Anderson, en pas drôle. Sans
doute un problème de culture. Et puis il y a cette manière de
« profiter » de son entourage pour faire son beurre qui laisse un
arrière goût amer à certaines séquences, notamment celles où apparaît Toby Radloff, un collègue documentaliste.
En
outre, le récit oscille constamment entre fiction, documentaire et
biopic, se rapproche formellement de la bande dessinée avant de s'en
éloigner pour y revenir subitement, ce qui donne un peu trop une
impression d'indécision au niveau de la mise en scène et de ce qu'il
faut montrer ou non. Par exemple, les interventions du vrai Harvey Pekar
sont loin d'avoir l'effet escompté en finissant au contraire de rendre
le personnage désagréable à l'image de son petit scandale chez David Letterman.
Au final, il apparaît que la comédie « dramatique » n'était peut-être
pas le format le plus indiqué pour ce projet là où un vrai et solide
documentaire plus fouillé aurait sans doute été beaucoup plus
pertinent, ce qui au demeurant n'enlève rien à la belle performance de Paul Giamatti.
Note : 6/10










