Fiche technique

Film britannique et italien
Date de sortie (France) : 26 janvier 2000
Genre : Drame familial
Durée : 1h35
Scénario : Alexander Stuart, d’après son roman
Musique : Simon Boswell
Photographie : Seamus McGarvey
Avec Freddie Cunliffe (Tom), Lara Belmont (Jessie), Tilda Swinton (la mère), Ray Winstone (le père), Colin Farrell (Nick)…

 

Synopsis : Tom, adolescent mutique de quinze ans, quitte Londres avec ses parents et sa grande sœur de dix huit ans, Jessie, pour s’installer dans le Devon où il ne tarde pas à s’ennuyer profondément. Jusqu’au jour où il découvre malgré lui une liaison entre son père et sa grande sœur…

 

Mon avis : Une vérité qui dérange…

 

Pour son premier passage derrière la caméra, Tim Roth n’a pas vraiment choisi la facilité. Traiter un sujet « qui dérange » tel que l’inceste, c’est le plus souvent s’exposer à de vives critiques. Voyeurisme, misérabilisme, apologie et instrumentalisation du sordide… autant de réactions pour un (grand) public trop souvent habitué à voir un film dans le seul but de se divertir, de « se vider la tête » et d’avoir sa dose de sexe et de violence. Seulement là, ce qui « dérange », c’est que les explosions sont intérieures et le sexe contre nature.

 

Avec son silence quasi permanent et un récit qui ne ménage en rien la dureté de son sujet (la scène de viol est à la limite du soutenable), The War zone s’avère un film dont l’intensité n’a d’égale que la noirceur du thème abordé. Porté par deux jeunes amateurs (Cunliffe et Belmont) impressionnants de justesse et habilement secondés par deux comédiens beaucoup plus aguerris (Swinton et Winstone), le film de Tim Roth est sans concessions. Oppressant et douloureux pour le spectateur, The War zone fait mal car il sonne terriblement vrai.

 

De plus, on sent bien que le cinéaste évite au maximum la psychologie sommaire, conscient probablement que les nombreux silences et non-dits sont toujours plus efficaces. Ainsi, rongé par la haine subite pour son père et tiraillé par ses propres démons intérieurs, Tom voit quelque chose se briser en lui. L’innocence déjà entamée par l’adolescence est cette fois définitivement partie, abattue en plein vol par l’inimaginable et l’inavouable. Même chose pour Jessie qui préfère se réfugier dans le mensonge et l’automutilation plutôt que voir la vérité en face. C’est d’ailleurs le gros point fort de ce film, le rapport à la souffrance y est toujours traité avec beaucoup de justesse. Bref, pour un coup d’essai, on est vraiment pas loin du coup de maître.

 

Note : 8,5/10