Fiche technique

Film américain
Scénario : Dick Cusack
D'après le roman "Michael Kohlhaas" de Heinrich von Kleist
Musique : Lennie Niehaus
Photo : Gale Tattersall
Avec John Cusack, L.Q. Jones, John Goodman, Miranda Otto, John C. McGinley, John Savage...

 

Synopsis : 1860, Myrl Redding (John Cusack) est un éleveur de chevaux qui mène une vie sans histoire avec sa femme Cora (Miranda Otto) dans le futur état du Wyoming. Du jour au lendemain son existence va devenir difficile car il est devenu l'ennemi et surtout la victime de Henry Ballard (L.Q. Jones), le puissant et dangereux grand propriétaire terrien de cette contrée. Ayant eu deux chevaux maltraités par un des hommes de Ballard, il va tout mettre en oeuvre pour obtenir répération devant la justice.

 

Mon avis : Western fordien sans John Ford

 

Adaptation par Dick Cusack du roman Michael Kohlhaas par Heinrich von Kleist, Wyoming Story est un petit film sans prétention mêlant judiciaire et western, et qui respecte à la lettre les conventions des deux genres. Mais très vite, le côté manichéen du récit saute aux yeux, le gentil éleveur d'un côté, le méchant éleveur de l'autre, et quelques chevaux au milieu.

 

Malgré un casting plutôt intéressant pour un film de si peu d'envergure, qui plus est filmé comme une mauvaise série tv, le film ne parvient jamais à décoller et, il faut bien l'avouer, on ne se soucie guère des problèmes de ce héros soudain confronté à la dure réalité de la vie sauvage.

 

John Cusack fait de son mieux pour rendre son personnage intéressant, mais force est de constater que celui-ci est désespérément creux. Et que dire de sa femme, la navrante Miranda Otto (la petite blonde qui décapite des nazguls dans Le Retour du Roi), dont le rôle est tellement anodin que les scénaristes n'ont rien trouvé de mieux que de la faire piétiner par des chevaux au moment même où son rôle prenait un peu d'ampleur. L.Q. Jones, quant à lui, surjoue autant qu'il est possible de surjouer lorsqu'on a oublié où se situent les limites entre ridicule et pathétique.

 

Certes, les apparitions de John Savage et John C. McGinley sont appréciables, mais leurs rôles sont tellement restreints qu'on imagine facilement qu'ils doivent figurer en bonne place dans le carnet d'adresse de John Badham. Le seul qui parvient à tirer son épingle du jeu, c'est John Goodman, qui incarne le juge Tolliver avec beaucoup d'autorité mais aussi une réelle humanité.

 

Le seul véritable point fort du film, c'est sa musique, signée Lennie Niehaus, compositeur attitré de Clint Eastwood depuis maintenant quelques années. C'est un véritable régal qui aurait sûrement mérité mieux que d'agrémenter un film raté à ce point là. Décidément, Badham n'a de cesse de régresser.

 

Note : 3/10