Fiche technique

Film britannique
Genre : Dessin animé, Musical, Fantastique
Durée : 1h25
Scénario : Al Brodax, Roger McGough, Jack Mendelsohn
Musique : Les Beattles
Directeur de la photographie : John Williams
Avec George Harrison, John Lennon, Paul McCartney...

 

Synopsis : Once upon a time… « Il était une fois ou peut être deux, un monde étrange et paradisiaque, nommé Pepperland. Ce monde se trouvait ou se cherchait, tout dépend du côté par l’on arrive, à plus de 80 000 lieues sous les mers. » Ce monde joyeux où la musique résonne aux quatre coins du pays est méprisé par son voisin, un monde sombre hanté par les Blu Minies. Les méchants Minies attaquent alors Pepperland. Un commandant échappe à l’attaque en s’enfuyant à bord de son sous marin jaune. Il partira à la recherche d’aide, et rencontre les Beatles, les emmène à Peperland pour sauver le pays grâce à la musique et ainsi mettre fin à la tyrannie de la tristesse entretenue par les Blu Minies.

 

Mon avis : « Where are we ? »…. « Where is my mind ? »

 

Voyage à travers un monde animé hasardeux, absurde : mais selon quel point de vue ? Selon notre raison qui se doit d’être rationnelle? Selon celui des personnages de ce dessin animé complètement barré ? Ou bien selon l’esprit d’un mec qui à pris de l’ergot de seigle, dont ses neurones sont pris d’assaut par ces molécules lysergiques ? Voyage dans un cerveau encombré par ces substances illicites ? Alice qui courre après un lapin blanc au Pays des Merveilles, Peter Pan qui plane grâce à sa poudre magique (et bien d’autres), ne sont pas les seuls dessins aminés pour enfants qui évoquent quelques effets de la drogue ; The Yellow Submarine en fait aussi partie. Dessins aux beaux aplats de couleurs psychédéliques, des Beatles qui planent… Séquences scandées par la musique des quatre scarabées britanniques. A vous de trouver les chansons. Au début des pommes qui assomment toute vie, des hommes fuyant transformés en pierre grise, une main mauvaise qui vous attaque avec le bout d’un doigt….puis ….des créatures bariolées étranges, des trous, un petit homme au faciès insolite qui sort de nulle part et qui blablatère en rimes…rencontres improbables dans les abysses étriquées, sombres par moments, joyeuses quelques lieues plus loin. Minéraux qui semblent épier les voyageurs. Et le tourne disque tourne, et les oiseaux se sont tus pour laisser les Beatles s’égosiller. Le temps qui recule puis avance; fini le temps où les grassouillets cravatés en complet noir fumant leurs cigares pétaradants lançaient des « time is money » ; non, time is not money, time is not time, time is nothing. The yellow Submarine est une machine bien huilée, machine qui assassine le temps à coup de vinyles des Beatles. Chansons poignards, dessins acides donnant vie à des humains faméliques mais plein de vie et à des méchants grotesques. Le Yes combat le No. Toute l’arthrose du nihilisme des Blu Minies doit se détruire à coup de rythmique frénétique endiablée. La batterie, les guitares, les amplis Vox et les micros sont de sorti. Le volume à fond, coups de médiator tenus par les doigts de Lenon, MacCartney, Harrison, coups de balais de Starr et zouuuuuu mettons un terme à l’hégémonie des Minies. Les vibrations musicales faisant vibrer douteusement leurs tympans, les méchants Minies sont mis à rude épreuve. Étrange moment que nous livre ce dessin aminé, à ranger entre….et…. à ne ranger dans aucune petite case formatée par les standards, à ne ranger nulle part…puisque nous venons de nulle part et nous n’allons nulle part en retournant à la case de départ. Mais la musique semble être notre salut.

 

Note : 8/10