Fiche technique

Film britannique et américain
Genre : Infiltration
Durée : 1h42
Scénario : John Boorman
Musique : David Munrow
Directeur de la photographie : Geoffrey Unsworth
Avec Sean Connery, Charlotte Rampling, Sara Kestelman, John Alderton…

 

Synopsis : 2293. La Terre a été totalement dévastée et la société est divisée en plusieurs castes : les Brutes et les Exterminateurs qui vouent un culte sans limite au dieu Zardoz. Tous oeuvrent pour les Eternels, un groupe d’humains immortels. Ce nouvel équilibre social va être bouleversé lorsque Zed, un Exterminateur mutant, parvient à pénétrer chez les Eternels, défiant ainsi le dieu Zardoz…

 

Mon avis : "The Gun is Good. The Penis is Evil.”

 

Après le succès de son colossal Délivrance, John Boorman entendait mettre les petits plats dans les grands et s’attaquer à une adaptation du Seigneur des anneaux. On lui fit clairement comprendre que personne ne voudrait prendre un tel risque financier. Dépité, le cinéaste décide alors de s’essayer à la science-fiction et signe Zardoz, fable mystico-philosophique sur l’amour et l’immortalité parfois un brin longuette, avec en tête d’affiche Sean Connery et une certaine Charlotte Rampling.

 

Etrangement tombé aux oubliettes, Zardoz s’avère pourtant un monument de la science-fiction des seventies. Clairement influencé par Kubrick et son 2001 : a space odyssey, Boorman jongle habilement avec ses moyens limités, ce qui ne l’empêchera pas de subir un accueil glacial de la part du public, son film se révélant, à l’image de son modèle, un peu trop difficile d’accès. Un sort malheureusement réservé le plus souvent aux films ambitieux qui dénotent un peu trop des autres productions purement alimentaires.

 

Kitsch au possible avec son esthétique baba-cool qui nous vaut le plaisir de voir Sean Connery se balader en slip durant tout le film au milieu de comédiennes guère plus habillées, Zardoz n’est plus vu aujourd’hui que comme une curiosité. Pourtant il vaut bien mieux que ça. Boorman a su réinterpréter la trame du Magicien d’Oz et faire du conte de Frank L. Baum une satire sociale très avancée dans sa réflexion. Une volonté d’asseoir son raisonnement qui a forcément laissé sur le carreau les spectateurs venus chercher un simple divertissement.

 

Si on affine l’analyse, on réalise que le personnage de Zed fait presque figure d’abstraction. Une sorte de virus de l’ancien temps qui va peu à peu contaminer cette communauté déjà partiellement en train de régresser puisque les Immortels ne peuvent plus ni procréer, ni rêver, ni se soustraire à la conscience collective. La présence de cet « animal obscène » fort de son individualisme et qui leur est pourtant supérieur mentalement et physiquement va dès lors sonner le glas de ces « élus » pris au piège de leur propre immortalité car rongés par l’ennui et l’apathie.

 

Note : 8/10