La famille étant sans ressource il fera tous les petits boulots possibles (les bonnes places de vendeurs de journaux se gagnait avec les poings!) . Il se battra avec les siens pour finir ses études, sa mère une femme généreuse à la vie austère s'y oppose sous prétexte que personne dans son village ne savait lire mais son père accepte à condition qu'il gagne assez pour contribuer au faible revenu de la famille. Le voila au lycée puis à la fac à travailler 18 heures par jour (sans compter les déplacement ) ...une vie de forcené décider à réussir digne d'un Jack London ( je vous conseille fortement ses deux autobiographies Martin Eden et John Barleycorn l'auberge de la dernière chance). Il sort tout juste de cette période avec un diplôme d'ingénieur en chimie quand les états unis rentrent en guerre. Il s'enrôle pleins d'espoirs pour sauver son continent natal et tel un Keaton sur sa locomotive on lui refuse le fusil et le casque... il sera formateur d'officier en balistique au Présidio. A la fin de la guerre il ne trouve pas d'emplois et le voila hobo avec son uniforme délabré. Après moult pérégrinations il revient à San Francisco ou il trouve une offre d'emploi alléchante un obscur acteur rêve de faire des films. Il s'y rend , mais sa seule expérience du cinéma est d'avoir vécu à Hollywood... ça fait bien sur un CV mais pas plus ... au bluff il obtient le job. Il tourne son premier court métrage en embauchant des marins et des prostituées du port mais l'entreprise s'arrêtera là. De retour chez les siens il fera maints petits boulots... il entrera véritablement dans le cinéma d'abord dans un laboratoire au développement des films afin de se perfectionner dans la technique du cinéma fidèle à son profil de self made man, puis devient assistant monteur et accessoiriste.

Il se fait finalement embauché par Mack Sennett comme gagman puis comme scénariste et d'échelon en échelon réalisateur : l'industrie est lancé les films se font à la chaîne (Sennett produira selon IMDB 585 films ou courts métrages et tournera dans 338). Il tournera des films avec Harry Langdon aussi connu qu'un Chaplin ou qu'un Keaton en ce temps là. Quand Harry quitte Sennett il prend Capra avec lui. Les lendemains déchantèrent bien vite.

Il se retrouver fauché comme plus d'un dans la ville aux millionnaires.
Il va voir Harry Cohn le génie de Columbia un juif autoritaire qui est entrain de lancer la Columbia ou du moins de lui faire tenir la tête hors de l'eau avec des petits films aux budgets super serrés. Cohn travaille lui aussi 18 heures par jour. Peu habitué à ce qu'on lui réponde notre grande gueule de Capra l'aura à l'esbroufe Il exige être seul maître à bord (réal prod et casting) et lui claque la porte au nez.
Impressionné Cohn le fait rappeler et lui donne ce qu'il voulait , il est le seul réal à avoir, dans son contrat au moins, la vie tranquille. Il y tourna de nombreux films qui sortirent la Columbia de la panade et lui donne ses titres de noblesse elle était jadis qu'une vulgaire boite de production peu estimée. Quand Clark Gable se mettra à faire des siennes ...pour le punir , l'enverra faire tourner New York Miami ( ou comment faire du stop avec une carotte une belle paire de jambes)ou il joue un brillant journaliste renvoyé par son patron qui en a marre de ses excentricités. Le film est un succès Gable Colbert et Capra obtiennent un oscar il remporte aussi celui du meilleur scénario et du meilleur film... un total de cinq oscars sur les cinq qui existaient à l'époque.Qui dit mieux ?
Pour l'anecdote dans ce film Gable enlève son maillot de corps et l'industrie du sous vêtement qui subissait des revers a intenté un procès à la Columbia.

Pour une autre, quand il était vendeur de journaux il a offert un patin à roulette à un homme tronc , dix ou quinze ans plus tard il a revu lancé à fond de train au milieu des voitures aussi agile qu'un chamois sur un terrain plat. Il l'interpelle celui ci ne reconnaît pas d'abord son bienfaiteur... c'est cet homme tronc qu'on peut voir Lady for a day.

Sinon Capra disait de It's a wonderful life (1946) :"Ceci est le meilleur film que j'ai réalisé , mieux, c'est Le meilleur film jamais réalisé par un être humain"

"Je voulais chanter le chant des ouvriers opprimés, des exploités, des affligés, des pauvres. Je voulais être aux côtés des éternels rêveurs et partager les outrages de tous ceux qui étaient méprisés pour des raisons de race et d'argent. Surtout, je voulais combattre pour leurs causes sur les écrans du monde entier".

source : son autobiographie