2046, de WONG KAR WAI
Avec Tony Leung, Gong Li, Zhang Ziyi, Takuya Kimura, Faye Wong, Carina Lau, Chang Chen et la participation exceptionnelle de Maggie Cheung

Synopsis : Hong Kong, 1966. Dans sa petite chambre d'hôtel, Chow Mo Wan, écrivain en mal d'inspiration, tente de finir un livre de science-fiction situé en 2046. A travers l'écriture, Chow se souvient des femmes qui ont traversé son existence solitaire. Passionnées, cérébrales ou romantiques, elles ont chacune laissé une trace indélébile dans sa mémoire et nourri son imaginaire. L'une d'entre elles revient constamment hanter son souvenir : Su Li Zhen, la seule qu'il ait sans doute aimée. Elle occupait une chambre voisine de la sienne – la 2046…

Biographie de WONG KAR WAI

Né à Shanghai, Wong Kar Wai a émigré à Hong Kong à l’âge de cinq ans. Il est entré dans l’industrie cinématographique comme scénariste et consultant. Il a débuté comme réalisateur en 1989, et s’est rapidement imposé comme étant l’enfant terrible du cinéma local. As Tears Go By fut présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 1989. Sur sa lancée, Nos Années sauvages (Days of Being Wild), en 1990, un film nostalgique sur l’amitié et ses déceptions sur fond d’années 60, a réuni six des meilleurs jeunes acteurs hong-kongais, et remporté 5 trophées majeurs aux Hong Kong Film Awards.

Il a passé les deux années suivantes à tourner dans des régions reculées de Chine (avec un autre casting flamboyant) un film magistral d’arts martiaux, Les Cendres du temps (Ashes of Time), dont la première eut lieu au Festival du Film de Venise 1994. Pendant une pause de deux mois durant la post-production des Cendres du temps, il réalisa Chungking Express qui rencontra vite un succès international. Il signe ensuite le long-métrage «expérimental» Les Anges déchus (Fallen Angels), projeté en avant-première au Festival International du Film de Toronto.

Ses deux derniers films ont été présentés en compétition au Festival de Cannes :
Happy Together, projeté en 1997, a remporté le prix de la mise en scène ; et In the Mood for Love, présenté en 2000, a valu à Tony Leung le prix d’interprétation masculine. Durant la production de 2046, il a marqué des pauses afin de mener à bien d’autres projets. Il a réalisé un court métrage pour BMW, The Hire Six Days, pour DJ Shadow ; et un épisode du film à sketches Eros, avec Gong Li et Chang Chen - les deux autres épisodes étant réalisés par Michelangelo Antonioni et Steven Soderbergh.

FILMOGRAPHIE DE WONG KAR WAI

1988 AS TEARS GO BY

1990
DAYS OF BEING WILD (NOS ANNÉES SAUVAGES)

1994
ASHES OF TIME (LES CENDRES DU TEMPS)
          CHUNGKING EXPRESS


1995
FALLEN ANGELS (LES ANGES DÉCHUS)

1997
HAPPY TOGETHER

2000
IN THE MOOD FOR LOVE

2004
2046
        EROS
(co-réalisé avec Michelangelo Antonioni et Steven Soderbergh)

 

Note du réalisateur WONG KAR WAI

Nous avons tous besoin d’un endroit où stocker, voire cacher, souvenirs, pensées, impulsions, espoirs et rêves. Ce sont des aspects de nos vies que nous ne pouvons résoudre ou plutôt sur lesquels nous ne pouvons agir, mais en même temps nous redoutons de nous en délester. Pour certains cet endroit est un lieu réel, pour d’autres un espace mental, pour un plus petit nombre ce n’est ni l’un ni l’autre. 2046 est un projet entamé il y a quelque temps. Le chemin pour achever le film fut long et riche en péripéties. Tout comme les souvenirs que nous chérissons, il est difficile de s’en défaire.


Les Techniciens...

Les Directeurs de la Photographie
Christopher Doyle, Lai Yiu Fai et Kwan Pun Leung


Christopher Doyle
Né dans la banlieue de Sydney, Chris Doyle a sillonné la planète avant d’emprunter le nom chinois «Du Kefeng» (Comme le vent), donné par un professeur de Hong Kong, et est devenu directeur de la photographie à Taiwan.

Il a débuté auprès d’Edward Yang sur
That Day, on the Beach, et a travaillé avec des réalisateurs tels que Chen Kaige, Stanley Kwan, Park Ki Yong, Philip Noyce, Gus Van Sant, Barry Levinson et Pen-ek Ratanaruang.

Depuis
Nos Années sauvages (Days of Being Wild), il a régulièrement collaboré avec Wong Kar Wai, sur Les Cendres du temps (Ashes of Time), Chungking Express, Les Anges déchus (Fallen Angels), Happy Together, In the Mood for Love et désormais 2046.

Lai Yiu Fai
Lai Yiu Fai a commencé sa carrière comme assistant auprès de deux des meilleurs chefs-opérateurs de Hong Kong, Christopher Doyle et Andrew Lau. Il a été reconnu comme directeur de la photo grâce à son travail sur le premier film de Yu Lik Wai,
Love Will Tear Us Apart (sélection officielle au Festival de Cannes 1999), qui remporta le prix de la meilleure photographie au Festival du Film de Stockholm. Dans sa filmographie de directeur de la photographie figurent Infernal Affairs d’Andrew Lau et Alan Mak (pour lequel il fut nominé aux Hong Kong Film Awards) et All Tomorrow’s Parties de Yu Lik Wai (présenté à Un certain regard au Festival de Cannes 2003).

Kwan Pun Leung
Artiste multimédia, Kwan a fait ses débuts cinématographiques comme directeur de la photographie sur
Hold You Tight de Stanley Kwan. Il a exercé la même fonction sur The Island Tale du même Stanley Kwan, et sur deux films d’Ann Hui : July Rhapsody et Goddess Mercy. Tout en poursuivant son propre travail, il a également co-réalisé le documentaire Buenos Aires Zero Degree : The Making of “Happy Together”.

– LE CRÉATEUR DES DÉCORS -

William CHANG Suk Ping


Son association avec Wong Kar Wai et Christopher Doyle a redéfini l’esthétique du cinéma de Hong Kong de ces quinze dernières années. Etant le chef décorateur le plus sollicité de l’industrie cinématographique et musicale, il s’est également imposé comme l’un des meilleurs monteurs. Il a travaillé avec des réalisateurs chevronnés (Stanley Kwan, Tsui Hark) et des jeunes cinéastes (Jan Lamb, Eric Kot), mais il est surtout connu pour son travail audacieux et novateur auprès de Wong Kar Wai, qui l’a impliqué dans la production de tous ses films.


LES MUSICIENS...

Peer Raben
Peer Raben a rencontré dans les années 60 le célèbre réalisateur allemand Rainer Werner Fassbinder dans une troupe théâtrale et a commencé à travailler avec lui, poursuivant en composant les partitions de presque tous ses films. Sa musique et ses arrangements furent remarqués dans
L’amour est plus froid que la mort, Prenez garde à la Sainte Putain, Le Mariage de Maria Braun et Le Secret de Veronika Voss. En 2003, il reçut la Caméra de la Berlinale pour sa contribution au cinéma allemand. Il a composé la fanfare jouée en ouverture du Festival de Berlin depuis plus de trente ans.

Shigeru UmebayashiAnd Then… de Morita Yoshimitsu, All Under the Moon de Sai Yoichi, The Christ of Nanjing de Tony Au, In the Mood for Love de Wong Kar Wai et Le Secret des poignards volants de Zhang Yimou.


NOTES POETIQUES SUR LA MUSIQUE

Même si la bande originale de
2046 est, après In The Mood For Love, de nouveau signée Shigeru Umebayashi, il s’agit d’une musique aux inspirations les plus diverses. Des thèmes récurrents – un air de bel canto, des rythmes latins comme échappés de night-clubs ou encore des mélodies instrumentales – sont non seulement associés aux personnages, mais évoquent également un sentiment d’abandon propre aux univers nocturnes de Honk Kong et de Singapour – et aux histoires d’amour, faites d’engagements et de trahisons. Ces partitions exacerbent le terrible sentiment de vide qui nous étreint face au déclin du Shanghai mythique d’avant 1949.

Le « temps », quant à lui, est rythmé par les fêtes de Noël, comme le chante si bien Nat King Cole, de sa voix suave et réconfortante. Tandis que Tony Leung (Chow Mo-Wan) campe un écrivain qui parvient à joindre les deux bouts en commettant des romans de science-fiction (il n’a plus rien de l’apprenti romancier et de l’époux quasi fidèle de
In the Mood for Love), les trois protagonistes féminins de 2046 appartiennent aux trois temporalités de la narration : passé, présent et futur. Gong Li incarne de toute évidence le personnage le plus complexe – une joueuse mystérieuse qui ne révélera son nom qu’au moment où elle se séparera de Chow. Sa présence à l’écran est accompagnée par des extraits élégiaques et nostalgiques de la Polonaise d’Umebayashi et par une partition inédite de Peer Raben, elle-même inspirée d’un thème composé pour La Troisième Génération (1979).

La présence de Carina Lau, à qui l’on doit le titre
2046 (Leung voit dans ce numéro – celui de la chambre d’hôtel de la jeune femme – un signe annonciateur pour son roman), introduit un autre thème mélancolique de Raben, extrait de la bande originale de Querelle (1982), qui accompagnait alors les tristes adieux de Leung à ses futures maîtresses. Ces réorchestrations sont comme de nouveaux départs : elles marquent le début et la fin de voyages musicaux, émotionnels. De toute évidence, Wong Kar Wai rend hommage aux plus grands compositeurs de musique de film d’Europe.

Il rencontre Raben en 2000, au moment de la sortie de
In the Mood for Love en Allemagne, et lui passe commande d’une partition. Le compositeur lui propose des réinterprétations de certaines de ses bandes originales antérieures – qui s’avèrent des hommages, mais qui représentent aussi un défi au compositeur comme au cinéaste. Car lorsqu’on utilise des musiques déjà existantes dans un tout autre contexte, les niveaux d’interprétation augmentent de manière exponentielle. D’autre part, les améliorations qu’apportent les réorchestrations (comme, par exemple, un environnement sonore métaphorique constitué de bruits de trains et de foules) sont le symbole même des créations que la technologie moderne a rendu possibles.

Par ailleurs, Wong Kar Wai a utilisé les thèmes de
Julien et Barbara de Georges Delerue (tiré de la bande originale de Vivement Dimanche ! de François Truffaut) et de Decision de Zbigniew Preisner (extrait de la bande originale de Tu ne tueras point de Krzysztof Kieslowski) – mais il les a intégrés tels quels à la bande originale de 2046, sans le moindre changement. Des trois femmes du film, Zhang Ziyi (Bai Ling) interprète celle qui incarne le temps présent. En s’installant dans la chambre d’hôtel voisine, elle crée une intimité avec Chow qui provoque le désir, le désespoir, puis la jouissance éphémère, ainsi que de soudains accès de colère et de rancœur. Zhang est le symbole d’un appétit de vie décadent et débordant tout à la fois. Les mélodies de Dean Martin, Connie Francis, les rythmes de rumba et de cha-cha-cha évoquent alors l’érotisme qui se dégage de la comédienne et qui avait attiré Chow.

Alors qu’il tourne habituellement en silence, Wong Kar Wai a fait ici une exception, en se passant l’
Adagio de Secret Garden pendant le tournage des scènes d’étreinte entre Faye Wong (qui campe l’androïde) et Takuya Kimura (le voyageur). Les deux comédiens évoluent spontanément au rythme de la musique – et dans ce temps futur où chacun se retrouve enfermé dans un compartiment de train, ces thèmes musicaux qui reviennent à intervalles réguliers contribuent à soulager un peu la souffrance, tandis que le temps est suspendu (ou qu’il progresse de manière cyclique). Aux accords de l’Adagio correspond une histoire d’amour imparfaite, parcourue d’innombrables obstacles, mais toujours aussi enivrante. Une autre musique encore évoque le personnage de Faye Wong : la Casta Diva de Bellini, l’aria préférée du bel canto.

Chef-d’œuvre éternel, cette partition d’anthologie composée pour une tessiture de soprano a conquis les publics du monde entier depuis près de deux siècles – du passionné d’opéra à l’adepte du MP3. Si la technologie d’hier permettait d’enregistrer la voix de la Callas au sommet de son art (dans les années 1950), Wong Kar Wai a choisi une nouvelle diva, Angela Gheorghiu, dont il a utilisé un enregistrement datant de 2000. Nos techniques modernes d’enregistrement ont immortalisé ces instants de grâce pour chacun d’entre nous, en conservant intactes ces voix sublimes. On remarque dans
2046 un autre niveau encore de références sousjacentes, qui culminent dans l’évocation en filigrane de musiques de Nos Années sauvages (1990) et de In the Mood for Love : quand une mélodie transcende les différents films, elle apporte alors à l’histoire un petit supplément d’âme. Elle peut ouvrir des perspectives d’avenir, faire resurgir des souvenirs enfouis ou encore rester à l’arrière-plan tout en prenant le spectateur au dépourvu. Le thème de Siboney a d’abord été utilisé comme morceau instrumental pour Nos Années sauvages.

Il revient, sublimé par la voix de Connie Francis, dans
2046 pour ponctuer les rendez-vous amoureux des personnages. De même, Perfidia était si étroitement associé à certains moments de Nos Années sauvages que lorsque le personnage de Carina Lau est à nouveau évoqué par les arrangements de Xavier Cugat, on a alors le sentiment que le temps, le progrès et la technique utilisée n’ont plus d’importance. Les inspirations musicales de 2046 sont multiples, semblables à une palette aux nuances infinies. Atmosphère ou intrigue, le son et l’image se fondent harmonieusement dans un tableau sensuel – et ressuscitent nos souvenirs, même ceux que nous croyions avoir oubliés. (Joanna C. Lee)

TracK list
1. 2046 Main Theme (With Percussion) Shigeru Umebayashi
2. Siboney – Instrumental Xavier Cugat
3. Sway Dean Martin
4. The Christmas Song (Fast Version) Shigeru Umebayashi

5. Julien et Barbara Georges Delerue
6. Siboney Connie Francis
7. Interlude I Shigeru Umebayashi
8. Polonaise Shigeru Umebayashi
9. Casta Diva (extrait de l’opéra “Norma”)

Angela Gheorghiu / London Symphony Orchestra / Dir. Evelino Pido
10. Perfidia Xavier Cugat
11. 2046 Main Theme (Rumba Version) Shigeru Umebayashi
12. Lost Shigeru Umebayashi
13. Dark Chariot Peer Raben
14. Sisyphos At Work Peer Raben

15. Decision (extrait de “Tu ne tueras point”) Zbigniew Preisner

16. Long Journey Shigeru Umebayashi
17. Adagio Secret Garden, avec David Agnew (Cor Anglais)
18. Interlude II Shigeru Umebayashi
19. The Christmas Song Nat King Cole and The Nat King Cole Trio
20. 2046 Main Theme (With Percussion ~ Train Remix) Shigeru Umebayashi

« Les extraits musicaux obéissent à des cycles, au gré des souvenirs et des oublis. Une partition peut resurgir d’un film à l’autre, mais elle invite toujours au même voyage, semblable à un train qui refait indéfiniment le même trajet. Les morceaux se mêlent les uns aux autres ; une impression nouvelle s’ajoute à la précédente sans parvenir à l’estomper entièrement. » (Wong Kar Wai)

LES ACTEURS...

Tony LEUNG Chiu Wai

Lauréat du prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2000 pour le rôle de Chow Mo Wan dans In the Mood for Love, Tony Leung est perçu comme le comédien hong-kongais le plus récompensé de sa génération. Il a remporté d’innombrables trophées nationaux et continentaux et a récemment remporté un prestigieux Taipei Golden Horse pour son rôle de flic infiltré dans le thriller d’Andrew Law et Alan Mak, Infernal Affairs. De nombreux films dans lesquels il a joué ont rencontré un succès international : Love Unto Waste de Stanley Kwan, La Cité des douleurs et Les Fleurs de Shanghai de Hou Hsiao Hsien, A toute épreuve de John Woo, Cyclo de Tran Anh Hung et Chinese Odyssey 2002 de Jeff Lau. Depuis sa première collaboration avec Wong Kar Wai, dans Nos Années sauvages, leur parcours cinématographique commun s’est poursuivi sur cinq films : Les Cendres du temps, Chungking Express, Happy Together, In the Mood for Love, et désormais 2046.




Gong Li
Gong Li a acquis une notoriété internationale dès ses débuts dans
Le Sorgho rouge (Ours d’Or à Berlin), de Zhang Yimou, et est sans aucun doute désormais l’actrice chinoise la plus admirée au monde. Sa grande beauté lui a valu d’être comparée à Greta Garbo. Sa collaboration avec Zhang Yimou a été jalonnée de succès tels que Ju Dou, Epouses et Concubines, Qiu Ju - une femme chinoise, Shanghai Triad, avant qu’elle n’étende sa collaboration à d’autres réalisateurs tels que Chen Kaige, dans Adieu ma concubine, Temptress Moon et L’Empereur et l’Assassin, Wayne Wang dans Chinese Box et à Sun Zhou dans Zhou Yu’s Train. Nous la retrouverons bientôt sous la direction de Wong Kar Wai, dans un épisode du film Eros.

Zhang Ziyi

Zhang Ziyi est passée directement de l’Académie d’Art Dramatique de Pékin à un rôle majeur dans
The Road Home de Zhang Yimou (Ours d’argent au 50ème Festival de Berlin). Elle s’est imposée comme une jeune héroïne complexe dans Tigre et Dragon (Crouching Tiger, Hidden Dragon), triomphe international d’Ang Lee. Elle a, depuis, partagé l’affiche aux côtés de Jet Li, Tony Leung et Maggie Cheung, dans Hero de Zhang Yimou (qu’elle a retrouvé pour Le Secret des poignards volants), et est apparue en tant que guest-star dans des films de Hong Kong. En 2002, le magazine People la compta parmi les cinquante plus belles femmes, avant d’être citée par l’édition américaine de Vogue comme l’une des femmes les plus influentes de Chine.



Faye Wong

Faye Wong a débuté une carrière de chanteuse, au début des années 90, qui rencontra un accueil unanime. Ses nombreux hits et albums lui ont valu le surnom de «Diva asiatique». On l’a découverte dans
Chungking Express, de Wong Kar Wai, révélation internationale qui lui a valu d’être sacrée meilleure actrice lors d’un festival suédois. Plus tard, elle retrouva Tony Leung dans Chinese Odyssey 2002, produit par Wong Kar Wai. 2046 marque leur troisième collaboration, et peut-être un nouvel élan dans sa carrière cinématographique.



Takuya Kimura
Idole pop et vedette de l’écran dès ses débuts au Japon, Takuya Kimura a prouvé, au fil des années, son talent sur la scène musicale et télévisuelle. Takuya a débuté sa carrière dans le groupe japonais le plus populaire,
Smap, et a sorti de nombreux albums solo. Il fut remarqué à l’écran dans Le Dangereux Garçon III (Abunai Shônen III), mais c’est son rôle dans la série télé Asunaro Hakusho qui l’a consacré et fait connaître au grand public. La série télévisée suivante, Beautiful Life, a connu un succès phénoménal, totalisant jusqu’à 30 % de part d’audience. Il a tourné sous la direction des meilleurs cinéastes indépendants tels Saito Hisashi et Omori Kazuki. Il a gagné de multiples récompenses au Japon. 2046 marquera sa première apparition dans un film non japonais.

Chang Chen
Chang Chen a fait des débuts remarquables à l’écran dès l’âge de quatorze ans dans
A Brighter Summer Day d’Edward Yang. Il a effectué des prestations majeures dans des films tels que Mahjong d’Edward Yang, Happy Together de Wong Kar Wai, Betelnut Beauty de Lin Cheng Sheng et Tigre et Dragon (Crouching Tiger, Hidden Dragon) d’Ang Lee. Il fut récemment le partenaire de Faye Wong dans Chinese Odyssey 2002 de Jeff Lau. On le retrouvera bientôt aux côtés de Gong Li dans l’épisode réalisé par Wong Kar Wai du film Eros.



Carina Lau
Ayant fait ses classes dans de nombreuses séries télévisées, Carina Lau est apparue comme l’une des plus constantes et étonnantes actrices de Hong Kong. Sa prestation majeure dans
Nos Années sauvages (Days of Being Wild) de Wong Kar Wai a révélé l’étendue de son talent, et lui a valu le prix de la meilleure actrice au Festival des 3 Continents de Nantes. Elle a également été remarquable dans Les Cendres du temps (Ashes of Time) de Wong Kar Wai. Elle apparaît régulièrement dans de nombreux films chinois et a récemment été à nouveau nominée, dans la catégorie meilleure actrice, aux Film Academy Awards de Hong Kong pour son rôle dans Infernal Affairs 2.

Maggie Cheung
Maggie Cheung s’est progressivement fait connaître grâce à des rôles marquants. Elle s’est imposée dans
Police Story de Jackie Chan, et a renforcé sa notoriété avec son étonnante performance dans la première réalisation de Wong Kar Wai, As Tears Go By. Depuis, elle a fait des apparitions mémorables dans des films de Wong Kar Wai - Nos Années sauvages (Days of Being Wild) et Les Cendres du temps (Ashes of Time) -, de Clarence Fok - The Iceman Cometh -, de Johnnie To - The Heroic Trio -, et dans Le Chant de l’exil (The Song of the Exile) de Ann Hui. Elle est la première actrice chinoise à remporter un Ours d’argent au Festival de Berlin, grâce à sa prestation de la légendaire diva tragique Ruan Lingyu, dans Centre Stage de Stanley Kwan. Elle a partagé l’affiche avec Tony Leung dans In the Mood for Love de Wong Kar Wai et dans Hero de Zhang Yimou. Son premier film non chinois fut Irma Vep, du réalisateur français Olivier Assayas.



Thongchai McINTYRE (“Bird”)

Connu de tous en Thaïlande sous le nom de «Bird», Thongchai McIntyre a été le chanteur le plus populaire du pays, dès ses débuts dans les années 80. Il est le seul artiste thaïlandais à avoir reçu plusieurs Billboard Music Awards. Sa carrière de comédien fut lancée par le grand réalisateur Euthana Mukdasanit, qui lui a confié des rôles majeurs dans
Red Roofed House et Sunset at Chaophraya. Il demeure une figure clé du show business thailandais, autant à l’aise sur scène qu’à la télévision ou au cinéma.


Siu Ping Lam

Il a commencé à travailler dans l’industrie cinématographique dans les années 80 en tant qu’accessoiriste, fonction qu’il exerce toujours. Son look très sixties et son style ont conduit Wong Kar Wai à lui proposer un rôle dans In the Mood for Love. L’expérience fut si concluante que son rôle de caméo prit de l’ampleur jusqu’à devenir un rôle prépondérant de l’histoire. Bien qu’il n’ait jamais joué auparavant, sa prestation charma le public. Il reprend donc son rôle dans 2046.

Wang Sum
Parfois réalisateur ou scénariste, Wang Sum est depuis plus de trente ans une figure de l’industrie cinématographique chinoise. Plus connu comme acteur, il est apparu dans plus de cent films, dont le classique
The Lost Spring, la triomphale comédie My Wacky Wacky World, et dans la première œuvre du renommé Michael Hui Games Gamblers Play.