Fiche technique

Court-métrage d’animation américain
Durée : 6 minutes
Scénario : Tim Burton
Musique : Ken Hilton
Directeur technique : Stephen Chiodo
Directeur de la photographie : Victor Abdalov
Narrateur : Vincent Price


Vincent - Tim Burton (Vostfr)
Vidéo envoyée par thynam22

Synopsis : Vincent Malloy, petit bonhomme de sept ans, a un rêve. Il veut devenir Vincent Price. Seulement il y a un hic, ou plutôt deux. Non seulement il vit dans un monde où les savants fous ne sont pas acceptés, mais surtout sa maman n’est pas du tout d’accord…

 

Mon avis : Petit Vincent Malloy deviendra grand Tim Burton

 

Tim Burton travaille encore chez Disney quand son désir de passer à la réalisation est finalement accepté, mais seulement pour un essai de quelques minutes. Vincent est né. En dressant le portrait aussi drôle qu’attachant de ce gamin de sept ans convaincu d’être le nouveau Vincent Price, c’est à n’en pas douter le petit Tim Burton que le cinéaste met en scène.

 

Une sorte d’autobiographie animée donc redoublée d’un vibrant hommage au comédien Vincent Price, figure emblématique de la Hammer sous l’égide des William Castle, Roger Corman et autre Kurt Neumann, qui a fait l’immense plaisir à Burton de jouer les narrateurs en prêtant sa voix d’outre-tombe pour ce court-métrage. Et c’est avec un plaisir certain que l’on entend retentir cette voix de Stentor que l’on croyait s’être à jamais tue.

 

En parlant de lui, de ses rêves mais surtout de ses cauchemars fantastiques, Tim Burton dénote déjà d’un goût prononcé pour le macabre dans un cadre gothique à souhait. Une fascination qui se fait clairement ressentir dans la majeure partie de sa filmographie, qu’il parodie Frankenstein (Frankenweenie), coince un jeune couple entre la vie et la mort (Beetlejuice), ou entraîne carrément le spectateur au pays des morts chantants (L’étrange noël de Mr Jack, Les Noces Funèbres).

 

En outre, transparaît également derrière tout ça, et c’est particulièrement sensible dans ce premier court-métrage, une sorte de plainte, une ode à la différence refoulée pour celles et ceux qui se refusent à rentrer sagement dans le moule. Ce qui explique au passage sa sympathie pour le cinéaste marginal Ed Wood à qui il consacrera un film magnifique. Marginal car évoluant dans sa propre vision fantastico-macabre d’un monde banalisé qu’il refuse d’intégrer, le jeune Vincent-Tim (pas fait exprès) souhaite seulement être lui-même. Une volonté que Burton s’est ingéniée à perpétuer à travers son œuvre, faisant de lui un cinéaste majeur et unique en son genre.

 

Note : 9/10