Fiche technique

Court-métrage français
Genre : Humour noir
Durée : 13 minutes
Scénario : François Ozon et Nicolas Mercier
Lumière : Sylvie Calle
Avec François Genty (Victor), Isabelle Journeau (la bonne), Laurent La Basse (l'amant), Jean-Jacques Forbin (le jardinier), Martine Erhel (la mère) et Daniel Martinez (le père).


Ozon - Victor
Vidéo envoyée par Morpheus51100

Synopsis : Victor, jeune homme de bonne famille un peu simple d'esprit, tue ses parents et conserve les cadavres dans la maison sur les conseils de son jardinier...

 

Mon avis : Osons la mort et le sexe avec Ozon

 

Le cinéaste est encore à la Femis lorsqu'il signe ce court-métrage macabre à l'humour noir très prononcé. Un jeune homme un peu dérangé désire se suicider. Réalisant la douleur qu'occasionnerait sa mort à ses parents, il décide que la meilleure solution reste encore de les tuer eux. Une fois son forfait accompli, le voilà tout désemparé, ne sachant ce qu'il doit faire à présent. Heureusement, son vieux jardinier est toujours de bon conseil. Cependant, la bonne profite de la situation pour, aidée de son amant, piller les ressources du couple défunt, avec l'aide de Victor.

 

On retrouve dans ce court-métrage de nombreux thèmes chers à François Ozon. La mort en premier lieu. Beaucoup de ses films tournent autour de cette dernière ligne droite. On peut par exemple songer au père de famille assassiné de 8 femmes, au noyé de Sous le sable, ou plus récemment au film Le Temps qui reste, élégante réflexion sur le deuil. Ici la mort est traitée avec beaucoup de légèreté, le petit Victor jouant avec les cadavres de ses parents comme il le ferait avec de vulgaires poupées, les mettant à table, leur faisant prendre le soleil avant de finalement les mettre au lit.

 

C'est un François Ozon totalement désinhibé qui nous propose ce Victor. Un Ozon décomplexé qui aime jouer et détourner les tabous, abordant avec la même légèreté le voyeurisme, la masturbation, l'homosexualité et le triolisme. Précurseur de son premier long, le déjanté Sitcom, Victor témoigne déjà de l'affection du cinéaste pour les personnages désemparés et déphasés, mais toujours avec un cynisme bon enfant du plus bel effet qui nous fait passer les pires atrocités sans aucun problème. C'est cruel, macabre, et pourtant on en redemande. Du Ozon comme on l'aime en somme.

 

Note : 9/10