Fiche technique

Film néo-zélandais
Genre : Documenteur

Durée : 53 minutes
Scénario : Peter Jackson, Fran Walsh et Costa Botes
Musique : Duncan Davidson, Janet Roddick et Steve Roche
Directeurs de la photographie : Alun Bollinger et Gerry Vasbenter
Avec Peter Jackson (lui-même), Sam Neill (lui-même), Harvey Weinstein (lui-même), Leonard Maltin (lui-même), Costa Botes (lui-même)…

 

Synopsis : La Nouvelle-Zélande pourrait-elle faire figure de pionnière du cinéma ? C'est ce que Peter Jackson s'amuse à faire croire au spectateur dans ce "documenteur" réalisé pour la télévision néo-zélandaise. Il évoque la vie et l'oeuvre de Colin McKenzie, cinéaste génial, inventeur du son et de la couleur, auteur d'une fresque gigantesque sur Salomé, sur qui la malchance s'est toujours acharnée.

 

Mon avis : Le cinéma vu par Peter Jackson

 

Forgotten Silver est un film d’un genre bien particulier, le docu-fiction ou documenteur. Paradoxe à lui tout seul, puisqu’il propose un documentaire non pas sur la réalité mais sur la fiction, ce film fait figure d’exercice de style pour Peter Jackson. Il est à la fois une comédie souvent désopilante sur le mensonge et l’affabulation, un élan patriotique néo-zélandais, mais surtout un superbe hommage au cinéma et à son histoire à travers la bio d'un précurseur imaginaire.

 

Le réalisme est orchestré et renforcé par de nombreuses interventions de figures majeures du cinéma telles que Sam Neill ou Harvey Weinstein, ainsi qu’une poignée d’historiens beaucoup moins connus. Le travail combinant images d’archives et d’autres fabriquées de toute pièce est lui aussi remarquable. On pourrait également évoquer l’acteur raté accro à la caméra cachée. Là où la farce de collégien se révèle, c’est d’abord dans le fait d’attribuer à un même homme l’invention du son, de la couleur, et la conception du premier long métrage de l’histoire, Salomé, ce qui ferait de Colin McKenzie, en sa qualité de réalisateur maudit, une sorte de super Orson Welles.

 

Là où le film se trahit à nouveau par son exagération volontaire, c’est dans les scènes d’exploration afin de tenter de retrouver les ruines du tournage du drame biblique, une cité entière que Colin McKenzie aurait construite à lui tout seul en l’espace de trois ans. Et il faut avouer que voir Peter Jackson, encore très bien portant à l’époque, partir en exploration en pleine jungle et faire mine de découvrir une bouteille ou une marche d’escalier au milieu de nulle part, c’est tout de même très jouissif. Bref, un vibrant hommage à la magie du cinéma, l’art de faire croire tout et n’importe quoi à n’importe qui, et qui nous confirme dans notre idée que le véritable génie néo-zélandais c’est bien lui, Peter Jackson.

 

Note : 7,5/10