Mon avis :
Second court-métrage de Philippe Larue (le premier, un polar, avait été
primé au festival de Cognac), Clandestin retrace les dix dernières
minutes de la vie d'un immigré clandestin. Ce qui frappe au premier
visionnage c'est l'importance accordée au visuel. Philippe Larue, à
l'origine homme de théâtre, laisse ici et là son empreinte. Il joue
constamment sur le parallélisme. Tout d'abord en opposant une diégèse
relative aux dix dernières minutes d'existence du clandestin à une voix
off débitant pêle-mêle des souvenirs des deux dernières années, un
souvenir en appelant un autre. Un procédé très proche de celui employé
par Claude Simon dans son roman Histoire. Il y a pire comme modèle.
Film politique, Clandestin ne porte pourtant pas de réel jugement. Le
message est sublimé par la poésie presque palpable qui se dégage de
chaque scène. La chorégraphie de la course du héros amorce une
métaphore filée de l'athlétisme, véritable course contre la fatalité.
Le moment où il bascule du haut de l'immeuble se présente comme un
constat d'échec. Impossibilité de grimper les échelons de la société.
Ta place est en bas. On pense alors au "Tu mangeras quand tu seras
compétitif", affiche qui nous à tous fait détourner le regard en
attendant le bus, le train, le métro... Philippe Larue nous montre les
choses telles qu'elles sont. Pas de fiction ici, simplement un constat.
Ma note : 6/10









