Fiche technique
Court-métrage français
Genre : Scientifiquement incorrect
Durée : 25 minutes
Scénario : Gilles Adrien, Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet
Avec Jean-Pierre Jeunet, Marc Caro, Gilles Adrien…
Synopsis : Un équipage militaire, cloîtré dans un bunker à une époque indéterminée, vit dans une ambiance de tension perpétuelle et de démence, aux aguets d'un ennemi supposé et invisible. (Allociné)
Mon avis : Si vous aimez être pris au piège…
Le Bunker de la dernière rafale est le troisième court-métrage de Jeunet et Caro après L’évasion (1978) et Le Manège (1980). Pendant 25 minutes on est plongé dans un univers confiné, fait de grisaille et de béton armé. Seul le son n’est pas étouffé par ces murs, au contraire il est même amplifié, le quotidien se résumant à une succession de sirènes stridentes hurlant l’arrivée imminente d’un ennemi invisible qu’on redoute tant.
Au milieu de ces murs aveugles des silhouettes s’agitent et se ressemblent. Crânes rasés, numéros dans le dos, dents limées, ces spectres guettent sans relâche. Surveillance vidéo jusque dans les toilettes, règlement totalitaire qui exige un coupable pour chaque forfait, quitte à en désigner un, on peut à juste titre se demander s’il s’agit de soldats ou de prisonniers. Ce qui est sûr c’est que la découverte d’un compteur marchant à rebours va être l’élément déclencheur d’une folie meurtrière qui ne demandait qu’à se déclarer. Davantage des animaux (voire des insectes…) que des hommes (ils communiquent par gestes ou grognements et passent leur temps à manger et déféquer quand ils ne sont pas occupés par leur surveillance), ils vont dès l’or s’entre-tuer, là encore sans réellement savoir pourquoi, juste parce que la situation l’exige.
Ayant nécessite pas loin de deux années de préparation, ce court métrage qu’on pourrait qualifier d’anticipation dénote déjà chez les deux hommes (Jeunet et Caro) d’un souci du détail constant, aussi bien visuel (on croirait par moment regarder un film expressionniste allemand) que musical, l’important travail sur le son et les bruitages annonçant celui de leur premier long, Delicatessen. Je pense pas avoir tout compris mais j’ai été séduit par cet univers qui m'a rappelé les premières minutes de L'Armée des douze singes...
Note : 7/10









