Fiche technique
Film français
Date de sortie : 22 décembre 2004
Genre : Tourments de femme
Scénario : Arnaud Desplechin et Roger Bohbot
Directeur de la photographie : Eric Gautier
Avec Emmanuelle Devos (Nora ), Mathieu Amalric (Ismaël), Noëmie
Lvovsky(Elizabeth), Hyppolite Girardot(Maître Marc Mamanne), Catherine
Deneuve (Mme Vasset), Maurice Garrel (Louis Jennsens)…
Synopsis : Nora, 35 ans, va bientôt épouser
Jean-Jacques, son troisième compagnon. Elle part retrouver son fils
Elias qui séjourne pour les vacances chez son grand-père souffrant.
Ismaël quant-à-lui, ancien compagnon de Nora et artiste à fleur de
peau, est interné par erreur dans un hôpital psychiatrique.
Mon avis : Où suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre ?
Avec un auteur comme Arnaud Desplechin, la tradition du
film d’auteur français se renouvelle. Mais attention, film d’auteur ne
veut pas forcément dire ennui à la clef. Si le film dure 2h30 (c’est
long, voir trop long peut-être, une scène ou deux semblent superflues),
il contient assez de matière pour entretenir un discours passionnant.
On observe ici le parcours d’une femme, Nora, partagée entre plusieurs
hommes, certains sont encore là et d’autres plus (ou pas pour très
longtemps). On suit parallèlement la petite aventure d’Ismaël, son ex,
qui se dépêtre de façon plutôt cocasse avec une situation peu banale.
Nora et Ismaël sont deux fortes têtes qui ne se laissent pas compter et
essayent au bout du compte de jongler avec la vie, et surtout avec les
autres. Car oui, on en est tous un peu là finalement : on doit faire
avec, essayer d’avancer coûte que coûte en essayant le plus possible de
profiter du temps présent. Des obstacles, ils en trouvent sur leur
chemin ces deux là, et des pas banals. C’est d’ailleurs ces parcours
peu atypiques suivis part ces personnages extravagants qui rendent le
discours universel, paradoxalement. Ismaël est la caricature de
l’artiste à la fois branché, paumé et surtout complètement en marge de
la société. Nora est l’image d’une femme seule, survoltée et
égocentrique qui ne sait plus trop où elle en est.
Le jeu des acteurs est d’ailleurs à l’image de leur personnage : Emmanuelle Devos
surjoue à l’excès, se croyant sans cesse sur une pièce de théâtre (et
ça ne choque pas vraiment tant ça colle avec le rôle et le propos)
tandis que Mathieu Amalric livre une performance d’acteur
époustouflante en clown lunaire tellement attachant. Seul bémol : le
montage extrêmement saccadé devient parfois irritant. Les dialogues ou
les monologues des acteurs sont coupés et mélangés pour accentuer
l’effet naturel : il est vrai que dans la vie, les mots ne nous
viennent pas forcément au bon moment et les discours manquent souvent
de fluidité. Doit-on attendre la même chose d’une fiction ? Eternel
débat. Le film nous livre tout de même quelques scènes fortes, limite
insoutenables (le monologue du père, magnifique Maurice Garrel), d’autres irrésistibles (l’entretien avec la psy, une Catherine Deneuve tout en naturel pour une fois, et un épilogue formidable entre Mathieu Amalric et l’étonnant petit Valentin Lelong-Darmon, ou comment donner une leçon de vie toute simple et sans aucun pathos.
Ma note : 8/10










Commentaires
Note : 6,5/10
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