Film américain
Genre : Conte de fées
Durée : 1h28
Scénario : William Cottrell et Aurelius Battaglia
D’après l’œuvre de Carlo Collodi
Musique : Paul J. Smith, Leigh Harline et Ned Washington
Synopsis : Gepetto se sent un peu seul dans sa chaumière malgré la compagnie de son petit chat Figaro et de son poisson rouge Cleo. Innocemment, le vieil homme fait le vœu que le pantin de bois qu’il vient d’achever devienne un vrai petit garçon. La fée bleue a entendu son souhait et lui accorde ce qu’il a demandé… et les ennuis commencent…
Mon avis : Disney à ses débuts…
Pinocchio est seulement le deuxième long métrage d’animation de Disney après Blanche-neige et les sept nains. Il sera suivi la même année de Fantasia, une année magique pour ce jeune studio même si le public ne fut pas toujours au rendez-vous. La très bonne surprise de ce Pinocchio vient du fait qu’il s’agit d’une adaptation plutôt fidèle, chose devenue particulièrement rare chez Disney.
Mieux encore, le côté superflu et répétitif de certains chapitres de l’œuvre initiale de Carlo Collodi (intitulée « Histoire d’une marionnette » et qui rappelons-le s’arrêtait au départ à la pendaison du pantin, l’auteur ayant été contraint d’écrire la suite face aux menaces de ses « fans ») a été grandement allégée pour obtenir un récit beaucoup plus cohérent. Au final, le schéma récurrent « Mise en garde, Transgression, Chute, Regret (sans pour autant en tirer une leçon) et Métamorphose » n’est présent qu’une seule fois, ce qui est amplement suffisant.
Néanmoins, on peut regretter que l’esprit satirique inhérent à l’œuvre de Collodi soit aussi ténu dans l’adaptation tout de même un peu édulcoré qu’en a fait Disney. Ainsi, la bûche magique d’origine inconnue est remplacée par la fée bleue. Gepetto n’est plus un vieux misérable esseulé mais un vieux bonhomme joufflu avec un chaton et un poisson. Le criquet faisant office de conscience, au lieu d’être sauvagement écrasé par le pantin, devient son fidèle compagnon doublé d’un élément comique. Le renard et le chat, de fieffés capitalistes deviennent deux gros imbéciles. Et puis tout le côté animal de Pinocchio a été remplacé par de la simple naïveté. De même, le côté initiatique et didactique de la métamorphose humiliante en âne qui éclairait le conte est rapidement évacué par l’aventure de la baleine et l’inévitable happy end. Toutefois, ne crachons pas trop sur toutes ces transgressions. Pinocchio demeure une des plus belles réussite de Disney, tant par la richesse de son animation que par l’universalité de son propos.
Note : 8/10










