Fiche technique

 

Film espagnol
Date de sortie (France) : 1er décembre 1993
Genre : Rançonnage
Titre original : Acción mutante
Durée : 1h35
Scénario : Alex de la Iglesia et Jorge Guerricaechevarria
Musique : Juan Carlos Cuello « Def con Dos »
Photographie : Carles Gusi
Avec Antonio Resines (Ramon Yarritu), Alex Angulo (Alex Abadie), Frédérique Feder (Patricia Orujo), Juan Viadas (Juan Abadie), Karra Elejalde (José Oscar « Manitas » Telleria), Saturnino Garcia (César « Quimicefa » Ravenstein), Féodor Atkine (Kaufmann), Santiago Segura (Ezequiel)…

 

Synopsis : 2012, crétins et beaux gosses dominent le monde. Seuls les handicapés du groupe « Action Mutante » luttent pour en finir avec la société qui les marginalise. Décidé à frapper un grand coup, leur leader enlève la fille du millionnaire Orujo et réclame une rançon qui devra lui être remise sur la planète Axturias…

 

Mon avis : Des débuts tonitruants…

 

Il y a une certaine logique dans le fait que le premier long métrage du déjanté Alex de la Iglesia ait été financé par un autre ancien allumé aujourd’hui relativement assagi en la personne de Pedro Almodovar. Remarqué grâce à ses courts métrages, Alex de la Iglesia allait enfin pouvoir s’en donner à cœur joie pour ce qui reste aujourd’hui son film le plus osé, Action Mutante, mélange indéfinissable mais ô combien appréciable de comédie gore et de western spatial. Ou quand le second degré bordélique à souhait se découvre un nouveau maître en puissance.

 

Satire sociale à l’humour noir ravageur, Action Mutante n’est pas sans rappeler les débuts d’un certain John Waters, notamment un film tel que Desperate Living. Les marginaux y sont également à l’honneur mais absolument personne n’est épargné par ce tableau grinçant, mordant et remuant d’un futur pas si éloigné que ça où seules les apparences (la Jet Set du futur est tordante), le cul (le film s’achève sur une planète entière de frustrés) et l’argent (la cupidité, thème récurrent chez le cinéaste, est le moteur du récit puisqu’il est question de rançonnage) revêtent une quelconque importance.

 

Alex de la Iglesia a bossé dix ans dans la bande dessinée avant d’être décorateur, et ça se voit indubitablement à l’écran. Pour un film fauché, Action Mutante s’en sort plus qu’honorablement. Si on y prête attention, les décors sont assez peu nombreux mais très fouillés, la palme revenant au QG du groupe, au vaisseau et au bar de Garcia. Il en va de même pour la réjouissante galerie de bras cassés que propose le film. Qu’il s’agisse des frères siamois, du nain bossu juif franc maçon communiste et présumé homo (!) ou simplement du très charismatique leader Ramon, les looks et autres maquillages sonnent très BD et contribuent à donner au film une atmosphère unique en son genre propre à ce genre d’OFNI (Objet Filmique Non Identifié).

 

Côté récit, on est illico presto largué sans parachute au sein d’une intrigue simpliste qui voit malheureusement disparaître un peu trop tôt certains personnages pourtant prometteurs. Néanmoins, une fois sur Axturias, le film s’oriente davantage vers l’Anticipation (difficile de ne pas faire un rapprochement entre cette planète et la Tatooine de George Lucas) et gagne en folie et boucherie ce qu’il perd en réflexion sociétale (hormis la scène irrésistible de remise de rançon télévisée avec les techniciens qui courent d’un camp à l’autre pour suivre le dialogue amorçé). Entre la famille de rednecks locaux en manque d’action, l’ermite aveugle et les mineurs fous, il y a vraiment de quoi se faire plaisir. Bref, une sacrée entrée en matière pour Alex de la Iglesia. C’est bête et méchant mais tellement délirant !

 

Note : 8,5/10

 


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Ecrit par Sylkarion.

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