Fiche technique
Film italien, français
Titre original : La notte
Genre : Rupture inéluctable
Durée : 2h02
Scénario : Michelangelo Antonioni, Ennio Flaiano et Tonino Guerra
Musique : Giorgio Gaslini
Directeur de la photographie : Gianni di Venanzo
Avec Marcello Mastroianni (Giovanni Pontano), Jeanne Moreau (Lidia),
Monica Vitti (Valentina Gherardini), Bernhard Wicki (Tommaso Garani),
Rosy Mazzacurati (Rosy)…
Synopsis : Lidia et Giovanni Pontano, mariés
depuis une dizaine d'années, rendent visite à leur ami Tomaso qui
agonise dans une clinique milanaise de grand luxe. Ils prennent
conscience que leur amour est en train de mourir.
Mon avis : Les histoire d’amour finissent mal en général
En 1960 Michelangelo Antonioni reçoit à la fois les foudres et les honneurs de la critiques pour son Avventura. Il poursuivra sa trilogie sur l’incommunicabilité avec La nuit (qui recevra l\'ours d\'or à la berlinale de 1961) et L’éclipse en 1962. Tous trois mettent en scène son actrice fétiche, Monica Vitti,
tous trois parlent du couple, de la solitude et du manque de
communication dans nos sociétés. Mais ici Le couple vedette, c’est
Giovanni et Lidia, incarnés par Marcello Mastroianni et Jeanne Moreau. Ces deux là sont mariés depuis une dizaine d’années, on le comprend, mais ne s’aiment plus, on va le découvrir.
Le générique nous offre à voir un cadre oppressant, une ville moderne
et froide qu’on nommera plus tard Milan. On entre alors dans une
chambre d’hôpital où Tommaso reçoit la visite de deux de ses amis,
Giovanni et Lidia. On les identifie tout de suite comme mari et femme
mais pourtant rien ne semble le confirmer : ils ne s’échangent pas un
regard, aucune complicité ne semble les unir. A l’annonce de la gravité
de l’état de santé de Tommaso, les réactions des deux époux sont déjà
décalées : tandis que Lidia quitte la chambre pour ne pas montrer son
émotion, Giovanni sauve les apparences. L’agonie de Tommaso sera
l’image de la lente désintégration de leur amour.
Et effectivement, on va suivre durant moins de 24 heures les
cheminements de pensées de nos deux personnages qui vont conduire à
cette rupture qu’on sait inéluctable. Le cadre de cette remise en
question sera une soirée mondaine comme l’Italie des années 60
affectionnait tant semble-t-il, à en voir les films transalpins de
l’époque. Lidia y erre seule, comme une âme en peine ; elle a
d’ailleurs beaucoup hésité avant d’y aller et s’est résigné par
habitude semble-t-il. Jeanne Moreau
incarne tout en finesse cette femme profonde en plein désarroi : elle
est perdue parmi ces gens qu’elle trouve superficiels et voit son
mariage se diluer dans la foule.
Dès leur arrivée d’ailleurs ils sont séparés : Giovanni est happé par
ces relations qui ne semblent d’ailleurs ne s’intéresser qu’à son
statut d’écrivain à succès et comment ils pourraient en tirer profit. Marcello Mastroianni
est encore une fois excellent, symbole un peu caricatural il est vrai
de l’homme fatigué par la vie et qui n’hésitera pas à succomber au
charme de Monica Vitti (on le comprend). Durant deux heures on va donc voir ce couple ce désagréger petit à petit, et aucun doute là dessus : Antonioni
sait parfaitement retranscrire l’ennui profond que ressentent ses
personnages. A tel point qu’il devient sérieusement communicatif, cet
ennui. Heureusement que le film bénéficie d’une qualité artistique
irréprochable, tant au niveau de la lumière toute en demi-teintes, de
la musique et de l’interprétation. Un film à clés à voir sans nul doute
plusieurs fois pour en saisir toutes les nuances et les exégèses.
Ma note : 7,5/10










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