Film allemand, français et italien
Date de sortie (France) : 17 décembre 1986
Genre : Thriller gothique
Titre original : The Name of the Rose
Durée : 2h00
Scénario : Andrew Birkin, Gérard Brach, Howard Franklin et Alain Godard
D’après le roman d’Umberto Eco
Musique : James Horner
Image : Tonino Delli Colli
Avec Sean Connery, F. Murray Abraham, Christian Slater, Michael Lonsdale, Ron Perlman, Valentina Vargas…
Synopsis : 1327, nord de l’Italie. Une abbaye bénédictine est le théâtre de morts violentes. L’occasion rêvée pour Guillaume de Baskerville, moine franciscain secondé par son jeune novice Adso von Melk, de passage à l’abbaye, de mettre à l’épreuve son légendaire amour de la raison doublé d’une logique à toute épreuve…
Mon avis : Vanité, tout n’est que vanité.
Excellent exercice de style auquel s’est livré Jean-Jaques annaud en adaptant à l’écran le best-seller d’Umberto Eco. Impliqué, comme à chaque fois, à 200% dans ce qu’il entreprend, le cinéaste signe un thriller gothique oppressant de très bonne facture faisant la part belle aux décors naturels, aux intrigues tordues, et au casting cinq étoiles dont il a su s’entourer.
Situé au cœur d’une période agitée où la sainte Inquisition ne savait plus où donner du bûcher, le récit se développe sur un rythme de plus en plus soutenu avec comme toile de fond une forte opposition entre raison et surnaturel mettant bien entendu certaines exactions sur la sellette. Comme le dit le héros, « il n’y a qu’un pas entre vision extatique et frénésie de péchés. »
C’est d’ailleurs le principal reproche qu’on pourrait faire au film, d’être un peu trop tranché. La religion ne sert ici qu’à être automatiquement mise en défaut et la majorité des moines à passer pour des illuminés. Seuls les personnages de Sean Connery et Christian Slater semblent réellement s’interroger sur la foi et l’amour de Dieu. L’église quant à elle relève tout bonnement de l’imposture.
Ainsi, la délégation papale n’est composée que de vieillards cupides farouchement opposés aux franciscains prônant une église pauvre. Et bien entendu, tout livre considéré comme « suspect » est aussitôt enfermé à double tour dans une bibliothèque-forteresse pour éviter qu’un moinillon vienne à douter de l’infaillibilité de la parole divine. Le rire est ainsi éradiqué. Car le rire tue la peur, et sans peur pas de foi. Et surtout, sans foi, pas de Dieu.
Au final, un thriller efficace, tant par son ambiance, que par sa qualité d’écriture, qui voit Guillaume de Baskerville échafauder patiemment sa théorie avant de voir débarquer son ennemi de toujours, Bernardo Guy, juste au moment où il allait exposer cette dernière. A noter également le boulot remarquable de James Horner, en particulier une petite astuce jouant à nous faire entendre des sons dont l’origine ne nous est révélée que quelques longues secondes plus tard. Bref, on passe un excellent moment, même en connaissant l’intrigue par cœur. Et puis il y a Valentina Vargas...
Note : 8,5/10










