Fiche technique

Film français
Date de sortie : 24 mars 2004
Genre : Animation/S-F
Durée : 1h42
Scénario : Enki Bilal, Serge Lehman
D'après l'oeuvre d'Enki Bilal
Musique : Goran Vejvoda
Directeur de la photographie : Pascal Gennesseaux
Avec Linda Hardy, Charlotte Rampling, Thomas Kretschmann...

 

Synopsis : New York 2095. Une pyramide flottante au-dessus de Manhattan... Une population de mutants, d'extraterrestres, d'humains, réels ou synthétiques... Une campagne électorale. Un serial killer boulimique qui cherche un corps sain et un dieu à tête de faucon qui n'a que sept jours pour préserver son immortalité. Un pénitencier géostationnaire qui perd un dissident subversif congelé depuis trente ans et une jeune femme sans origine connue, aux cheveux et aux larmes bleus... Trois noms : Horus, Nikopol, Jill... Trois êtres aux destins convergeants où tout est truqué : les voix, les corps, les souvenirs. Tout, sauf l'amour qui surgit comme une délivrance.

 

Mon avis : Reprenant son univers de la Trilogie Nikopol (principalement les 2 premières BDs), en y apportant d’importantes modifications (intrigue politique au placard ; personnages révisés ; changement de Paris pour New York ; etc...) pour finalement en faire ressortir une histoire d’amour banale dans un New York de 2095, souffrant du marché d’implantations d’organes synthétiques foireux proposés par un important consortium sans scrupules appelé Eugénix… Bref, on à déjà vu mieux niveau île d’amour et un Bilal bien plus inspiré.

 

Le principal atout de ce film est son visuel, évidemment c’est ce qu’on peut attendre le plus d’un dessinateur, même si ici, en tant que profane de l’outil numérique, il n’a plus ou moins qu’un rôle de superviseur des effets spéciaux. Mais les gars de Duran Duboi ont vraiment fait un excellent travail, en prenant en compte les remarques et désirs du dessinateur, ils sont parvenus à recréer parfaitement l’univers visuel de Bilal. Les seuls reproches à faire sont au niveau des personnages de chair, bien trop artificiels (graphismes et animations) et inégaux. Défauts avoués par le réalisateur. Mais bon, après tout en France, on a pas les moyens d’un Final Fantasy, mais dans l’ensemble ça a quand même de la gueule ! Grâce également à Serge Lehman, auteur de SF, appelé pour l’adaptation de la BD en film.

 

Grosse bourde également, le personnage du « faux » Dayak, vraiment ridicule… On se demande vraiment pourquoi il est aussi minable ! Souhait du réalisateur ou simple faute de goût ? Il est amusant de constater que sur le Making Off du film, Enki Bilal le qualifie de personnage qui fait « pitié, ne fait pas vraiment peur »… Et oui, pas mal de regrets avoués, mais devant une œuvre hors norme en France on ne peut que l’excuser et encourager ce genre de production.

 

Pour conclure, je dirais que c’est un film à part, réservé aux curieux ou aux fans d’Enki Bilal, pour son approche visuelle et poétique de la cultissime Trilogie Nikopol, sans pour autant larguer les autres spectateurs.

 

Ma note : 8/10