Film américain et allemand
Date de sortie (France) : 10 juin 1998
Genre : Espion malgré lui
Titre original : The Man Who Knew too Little
Durée : 1h30
Scénario : Robert Farrar et Howard Franklin
D'après le roman court « Watch that man » de Robert Farrar
Musique : Chris Young
Photographie : Robert Stevens
Avec Bill Murray (Wallace Ritchie), Peter Gallagher (James Ritchie),
Joanne Whalley (Lori), Alfred Molina (Boris), Richard Wilson
(Daggenhurst)...
Synopsis : Modeste employé dans un vidéoclub aux Etats-Unis, Wallace Ritchie décide de fêter son anniversaire en débarquant à l'improviste chez son petit frère James, banquier aux dents longues installé à Londres. Tombant en plein milieu d'un important repas d'affaires avec des investisseurs allemands, Wallace se voit gracieusement offrir par James une soirée animée par le « Theatre of Life », émission phare de la télévision britannique qui vous fait endosser un rôle pour la soirée à base d'improvisations. D'abord peu enclin à participer, Wallace va très vite se prendre au jeu. Ce qu'il ignore par contre, c'est que sur un quiproquo il a remplacé un véritable agent secret devant accomplir une importante mission dans la soirée...
Mon avis : « Vous êtes quoi ? CIA ? Mafia ? » « Les deux. »
Sortie
dans l'anonymat le plus complet (moins de 8000 entrées en France),
cette parodie de film d'espionnage au titre parodiant lui-même le
classique d'Hitchcock mérite pourtant le coup d'oeil. Ne serait-ce que pour la prestation de Bill Murray
qui, même s'il en fait souvent un peu trop dans le registre du gros cul
terreux débarquant « à la ville », régale toujours autant par son
habitude de faire ressortir le côté absurde « en attente » d'une
situation en l'espace de deux ou trois gaffes. James Bond d'opérette,
l'acteur y campe un personnage convaincu de jouer un rôle d'espion
alors qu'il a bel et bien pris la place d'un véritable tueur à gages
sur un « hénaurme » quiproquo. Parti de ce postulat de départ donnant
un bon aperçu de ce qui va suivre, le récit nous embarque dans une
avalanche de péripéties aussi invraisemblables les unes que les autres,
chacune donnant l'impression d'avoir été directement écrite pour donner
à l'acteur l'occasion de briller. Ce qu'il fait sans forcer.
Néanmoins, même si à l'évidence il s'est inspiré de leur travail, Jon Amiel n'est pas aussi doué que les ZAZ (Zucker, Abrahams, Zucker,
à qui l'on doit la série des Y a-t-il un flic...) lorsqu'il s'agit de
faire de l'absurde et du non-sens une marque de fabrique pour tout un
film. Le sien alterne le très bon et le très mauvais sur un rythme
plutôt soutenu, et ne doit son salut qu'aux pitreries de sa tête
d'affiche. C'est réellement dommage parce qu'il y avait matière à
signer une excellente parodie en jouant sur les nombreux clichés
inhérents au genre. Par exemple le personnage de « Boris le boucher »,
joué par Alfred Molina, n'est pas assez exploité à l'image
d'un récit qui aurait sans doute gagné à jouer réellement la carte de
la « guerre froide » plutôt que timidement et sans rien derrière. A la
place on se retrouve avec une comédie trop « légère » qui survole un
peu trop son sujet. A noter également l'étrange ressemblance entre ce
film, adapté d'un roman court datant de 1989, et The Game de David Fincher, dans un registre beaucoup plus sombre.
Note : 6/10










