Fiche technique

Date de sortie : 14 Mai 1997
Genre : Drame
Durée : 2h05 (version courte), 4h00 (version longue)
Film américain et britannique
Musique de Patrick Doyle
Scénario de Kenneth Branagh
D'après l'oeuvre de William Shakespeare
Image d'Alex Thomson
Avec : Kenneth Branagh, Julie Christie, Derek Jacobi, Richard Briers, Kate Winslet, Charlton Heston, Michael Maloney, Richard Attenborough, Nicholas Farrell, Jack Lemmon, Timothy Spall, John Gielgud, John Mills, Gérard Depardieu, Rufus Sewell, Robin Williams, Billy Crystal...

 

Synopsis : Le jeune prince du Danemark Hamlet (Kenneth Branagh) se remet difficilement de la mort de son père. Quand sa mère, la reine Gertrude, (Julie Christie) se remarie un mois seulement après la mort de son mari avec le frère de ce dernier, Claudius (Derek Jacobi), la pilule est encore plus difficile à avaler. C'est alors que le spectre du roi défunt apparaît à son fils et lui révèle qu'il a été assassiné par son propre frère Claudius, lui ravissant par là même son épouse, sa couronne et la vie. Bien décidé à le venger, Hamlet simule la folie et prépare un retour de glaive dont personne ne sortira indemne.

 

Mon avis : Branagh et Shakespeare...

 

Le véritable culte que Kenneth Branagh voue au dramaturge William Shakespeare n'est plus un secret pour personne. Il s'agit de la troisième adaptation d'une oeuvre de Shakespeare par Branagh, après Henry V et Beaucoup de bruit pour rien. Le fait que le rôle de Claudius soit confié à Derek Jacobi n'est pas non plus un hasard puisque ce dernier avait déjà dirigé Branagh au théâtre dans le rôle d'Hamlet. A noter que je donne ici mon avis sur la version courte du film, n'ayant pas eu la chance de dénicher la version longue. (Branagh en dvd, douce utopie...)

 

Quand on connaît un petit peu l'oeuvre de Shakespeare, on est tout de suite rassuré par la grande fidélité dont a fait preuve Kenneth Branagh dans son adaptation. Ce n'est pas pour autant du "théâtre filmé" comme s'y était essayée avec talent Julie Taymor dans son sanglant Titus. Branagh a su restituer le souffle tragique inhérent à la vengeance, thème de prédilection de Shakespeare, sans pour autant se limiter à une adaptation sans relief. Un effort important a été fourni au niveau du cadrage et de la gestion de l'espace. La mise en scène donne ainsi davantage de force à des scènes dont la puissante tension dramatique ne faibli jamais.

 

"Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark" lance Marcellus (Jack Lemmon) à l'adresse d'Hamlet. Un sévère constat qui stigmatise un pouvoir rongé par la cupidité et l'envie. La duplicité est de rigueur à Elseneur. Rares sont les personnages ne jouant pas un double jeu. Kenneth Branagh a su s'entourer de très grands acteurs pour souligner cette particularité thématique. Julie Christie, Derek Jacobi et Richard Briers brillent par la justesse de leur jeu, le contraire aurait étonné. Kenneth Branagh mieux que quiconque incarne sa vision du prince vengeur. Constamment sur la brèche, il livre une prestation remarquable, incarnant un Hamlet à la fois mélancolique et pourtant si charismatique de par sa folie apparente. Je lui ai trouvé à maintes reprises des airs de Ian McKellen, immense acteur britannique qu'on aurait pu logiquement trouver lui aussi au générique de ce film.

 

Voir ce monument dramatique de Shakespeare se dérouler sous nos yeux est un pur régal. Tout le génie créatif et l'humour si morbide du dramaturge sont un plaisir de chaque instant. On ne peut qu'admirer la gestion de l'espace dans la salle des miroirs tandis qu'Hamlet fixe ses ennemis dans son propre regard. Une mise en abîme dont l'acmé se situe bien évidemment dans cette représentation théâtrale censée démasquer le roi-meurtrier, avec un Hamlet plus acteur que spectateur. Et puis comment ne pas sourire quand Hamlet, se prenant lui-même comme sujet de métaphore, tente de faire jouer du pipeau à un menteur. Enfin, sa conversation avec le crâne du défunt bouffon du défunt roi, formidable passerelle de la vie au trépas, annonce sans détour une fin tragique où la mort va faire son office. Kenneth Branagh signe une adaptation respectueuse de l'oeuvre et surtout de l'esprit de l'oeuvre.

 

Les points forts : Fidélité de l'adaptation. Un casting de grande qualité avec un Kenneth Branagh déchaîné.

 

Les points faibles : A moins d'avoir une aversion pour Shakespeare, je ne vois pas.

 

Note : 8/10