Film japonais
Genre : Yakuza story
Titre original : Bakuto Gaijin Butai
Durée : 1h33
Scénario : Norio Koonami, Hiroo Matsuda et Kinji Fukasaku
Musique : Tsuneo Yamashita
Photo : Hanjiro Nakazawa
Avec : Koji Tsuruta, Noburu Ando, Tomisaburo Wakayama, Keijiro Morooka, Akiko Kudo…
Synopsis : Gunji Sadao, ex-chef du gang hamamura, sort de prison après dix ans d’incarcération. Il est accueilli par ses anciens lieutenants et constate que son gang n’existe plus, chacun subsistant comme il peut de son côté. Désireux de reformer son gang, il est forcé de mettre les voiles pour Okinawa en compagnie de cinq survivants de l’ancien. Arrivée là-bas, la bande s’impose par la violence pour conquérir son nouveau territoire. Et je ne vous ferais pas une grande surprise en vous disant que ça pisse le sang.
Mon avis : Vous aimez les films de yakuzas, les vrais ?
Alors ce film est fait pour vous. Kinji Fukasaku était sans conteste le maître du genre. Il l’a décliné encore et encore jusqu’à fournir de véritables monuments filmiques. Guerre des gangs à Okinawa est un des fleurons du réalisateur, combinant tous ses thèmes majeurs, le tout emballé dans une sidérante débauche de violence. Couteaux, flingues, fusils, grenades, et bien sûr castagne, tous les moyens sont bons pour annihiler le clan adverse, ou plutôt les clans adverses.
Guerre des gangs à Okinawa sublime des thèmes pourtant archi rebattus en leur donnant une nouvelle profondeur psychologique. Fukasaku a contribué à donner ses lettres de noblesse au film de yakuza, il était donc normal qu’il soit le premier à aborder le genre dans une vision crépusculaire, un peu à la manière d’Eastwood pour le western dans son Impitoyable. Ici nous avons à faire à une poignée d’hommes prêts à tout pour se sortir de leur situation précaire, même à défier une armée surarmée.
Tout commence avec Gunji qui sort de taule après avoir tout perdu, son gang, son argent et sa femme. Il fait alors miroiter un nouvel eldorado à ses anciens lieutenants, Okinawa, un lieu où l’on agit encore à l’ancienne mode, avec les anciennes méthodes. Seulement voilà, Gunji et ses hommes de main sont des dinosaures, habités par un code d’honneur qui gît au fond du port où se sont installés les nouveaux propriétaires sans foi ni lois. La prise de pouvoir est vouée à l’échec mais pourtant aucun d’entre eux n’hésite à suivre son chef.
On retrouve dans ce film de nombreux éléments qui ont par la suite inspiré les plus grands. Ainsi, la scène où notre petite bande s’ennuie ferme autour d’une piscine bordée d’un minigolf rappelle les yakuzas désoeuvrés du Sonatine de Takeshi Kitano. Et puis comment ne pas faire un rapprochement entre ces scènes de violence à l’esthétisme léché sur un fond d’air jazzy et celles du Reservoir dogs de Tarantino, ou bien là encore la moitié des films de Kitano. Scorsese s’en souviendra à son tour pour Les Affranchis et Casino. Sans jamais se départir d’un humour noir ravageur, Fukasaku offre le tableau du sanglant passage de témoins entre deux générations de yakuzas. Que du bonheur.
Note : 9/10










