Film italien
Genre : Giallo
Titre original : Profondo Rosso
Durée : 2h06 (version intégrale)
Scénario : Dario Argento et Bernardino Zapponi
Musique : Giorgio Gaslini et les Goblins
Directeur de la photographie : Luigi Kuveiller
Avec David Hemmings, Daria Nicolodi, Gabriele Lavia, Macha Meril, Eros Pagni…
Synopsis : Marcus Daly, pianiste de jazz installé à Turin, assiste un soir au meurtre de Helga Ullman, une célèbre parapsychologue de passage en Italie pour un congrès. Il tente de lui porter secours mais en vain. Avec l’aide d’une journaliste, il décide alors de mener sa propre enquête…
Mon avis : Le chef d’œuvre d’Argento
1975. Après s’être cassé les dents sur une tentative de comédie historique, Le Cinque Giornate, Dario Argento revenait rageur à ses premières amours, le giallo. Un retour aux sources qui marquera un tournant décisif dans sa carrière. Non seulement il va réaliser ce que les spécialistes s’accordent à considérer comme son film majeur, mais il va également en profiter pour signer sa première collaboration (là encore la meilleure d’une fructueuse série) avec les Goblins, auteurs d’une somptueuse bande originale. Cerise sur le gâteau, il succombera aux charmes de son actrice Daria Nicolodi lors du tournage, promesse d’une Asia à venir.
Alors, meilleur film pourquoi ? Parce qu’à n’importe quel niveau que l’on se situe, c’est un culot sans bornes de la part de son réalisateur qui caractérise Profondo Rosso (oubliez par pitié ce titre français pitoyable). Par culot j’entends une prise de risque et une originalité constantes au service du génie d’un cinéaste qui dans sa période faste, et ce film l’illustre de la plus belle des manières à chaque nouveau plan, n’avait rien à envier à messieurs Hitchcock et De Palma. Poussant le vice jusqu’à nous dévoiler diaboliquement l’identité du tueur lors des premières minutes du récit (cela seulement pour les spectateurs les plus attentifs), Argento ne filme pas, il s’amuse.
A travers une enquête aussi flippante que passionnante, il développe tous ses thèmes fétiches, et parmi eux celui de la mémoire. Difficile au passage de ne pas voir dans ce Profondo Rosso un vibrant et sanglant hommage au Blow up de son compatriote Michelangelo Antonioni, avec déjà en tête d’affiche le britannique David Hemmings dans le rôle d'un témoin menant sa propre enquête parallèlement à celle de la police. Sinon, rien ne manque parmi les obsessions d’Argento, qu’il s’agisse des symboles omniprésents, notamment picturaux, de l’importance du double, ou plus simplement des animaux annonces d’une mort prochaine. Résultat, la musique aidant, on se laisse happer par ce récit haletant, même en le revoyant pour la quarantième fois. Bref, s’il ne devait rester qu’un giallo, ce serait probablement Profondo Rosso (dans sa version intégrale rallongée de 23 minutes).
Note : 10/10










