Film américain
Date de sortie (France) : 14 janvier 1972
Genre : Polar
Titre original : The French Connection
Durée : 1h45
Scénario : Ernest Tidyman
D’après le livre de Robin Moore
Musique : Don Ellis
Image : Owen Roizman
Avec Gene Hackman (Jimmy « Popeye » Doyle), Roy Scheider (Buddy
« Cloudy » Russo), Fernando Rey (Alain Charnier), Tony Lo Bianco (Sal
Boca), Marcel Bozzuffi (Pierre Nicoli)…
Synopsis : As de la brigade des stupéfiants de la ville de New York, Jimmy « Popeye » Doyle et Buddy « Cloudy » Russo flairent qu’une très grosse transaction va avoir lieu sous peu. Multipliant les filatures, ils vont mettre à jour une filière dont l’origine serait la ville de Marseille. Dès lors, ils n’ont plus qu’un seul but, faire tomber les deux bandes sur le point de s’échanger rien de moins que 60 kilos d’héroïne…
Mon avis : Poulet au ketchup
C’est un véritable électrochoc qu’allait opérer William Friedkin avec The French Connection. En adaptant de manière quasi documentaire la véritable histoire des inspecteurs Eddie Egan et Sonny Grosso qui, en 1962, mirent la main après de longues semaines de filatures sur plus de 50 kilos d’héroïne, le cinéaste entendait montrer sous son vrai jour la police dans son travail quotidien, à cent lieues des sempiternels clichés du flic intègre et bêtement discipliné.
Contrat on ne peut plus rempli avec ce film coup de poing qui fait voler en éclats tout ce que l’on avait l’habitude de nous servir jusque là. Filmé le plus souvent caméra à l’épaule et mettant en scène un héros fort contrasté, The French Connection mise avant tout sur le réalisme du récit qui nous est conté. Ce n’est donc pas une mais deux révolutions essentielles auxquelles on assiste, l’émergence du nouveau flic parallèlement à celle du nouveau polar.
Côté casting, on ne peut que saluer la performance de Gene Hackman, imposant dans tous les sens du terme. Il illustre à travers ses manières peu orthodoxes et ses vices aucunement dissimulés une image nettement moins manichéenne du flic qu’à l’accoutumée. Néanmoins, ce côté humain est quelque peu compensé par une abnégation proche de l’obstination quand il s’agit d’aller au bout de ses intuitions, même si cela doit mettre en danger ses collègues.
Côté récit, apparaît une division assez claire entre une première partie attentiste un peu longuette essentiellement composée de planques ainsi que quelques indices qui nous éclairent sur le personnage de Doyle, à laquelle succède une seconde partie beaucoup plus musclée alignant successivement une filature mémorable où Gene Hackman et Fernando Rey jouent au chat et à la souris, elle-même suivie d’une course-poursuite « pour de vrai » qui n’a vraiment rien à envier à celle de Bullitt. Bref, un must dans le genre qui contribua grandement à en redorer le blason.
Note : 8,5/10











Commentaires
Le fait divers qui servit de base au scénario de "French Connection" est le même qui donna l'idée du... "Corniaud" à Gérard Oury ! L'arrestation aux USA du journaliste de la télévision française Jacques Angelvin (une sorte de Drucker des années 50) dont la Buick avait servi à passer une cargaison d'héroïne.
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