Fiche technique
Film allemand
Date de sortie : 15 mars 1922
Genre : Fantastique (Muet)
Titre original : Das Kabinett des Doktor Caligari
Durée : 1h15
Scénario : Hans Janowitz et Carl Mayer
Musique : Giuseppe Becce
Photo : Willy Hameister
Avec Werner Krauss (le docteur Caligari), Conrad Veidt (Cesare), Lil Dagover (Jane), Friedrich Feher (Francis)…
Synopsis : Lors d’une escapade dans une fête foraine, Alan et Francis assistent au spectacle du docteur Caligari. Le vieil homme présente un jeune somnambule, Cesare, qui dort depuis vingt-trois ans mais que le vieux docteur réveille par moments pour lui faire prédire l’avenir. Alan se laisse tenter et le malade lui dit qu’il sera mort avant l’aube. Le lendemain matin, le corps d’Alan est retrouvé sans vie, poignardé en plein cœur. Francis décide alors d’éclaircir ce mystère…
Mon avis : Vous avez dit expressionnisme ?
Das Kabinett des Doktor Caligari est sans conteste un film pionnier. Tout d’abord on peut souligner le travail admirable qui fut nécessaire pour tourner ce film après-guerre, alors que l’Allemagne, chancelante, tentait tant bien que mal de retomber sur ses pieds, ce qui est perceptible à certains moments. Ensuite, parce que ce film inaugure véritablement toute la série d’œuvres expressionnistes qui vont suivre. Les décors y sont magnifiques et les effets visuels stupéfiants pour l’époque, notamment le jeu sur les teintes de l’image selon qu’on se situe dans le présent ou dans le récit en flashbacks. Tout ceci est encore accentué par la partition de Giuseppe Becce qui nous plonge les yeux fermés dans ce village à l’atmosphère oppressante. Enfin, parce que le film de Robert Wiene est écrit de manière brillante et que même après le « twist » final, on est encore à se poser des questions.
Habile mélange de thriller et de fantastique, le film est divisé en 6 actes, ce qui rappelle que la majorité des acteurs de l’époque étaient issus du théâtre. Le nombre 6 peut être vu comme un moyen de dépasser les frontières aristotéliciennes en débarquant sur la planète Cinéma. En parlant de théâtre, attardons-nous un petit peu sur la performance de Werner Krauss dans le rôle du docteur Caligari. Tantôt mielleux tantôt dément, l’acteur allemand compose le premier vrai savant fou et impressionne par les infimes nuances qu’il donne à son jeu malgré le côté très (trop) expressif. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise si on le retrouve ensuite jusqu’au début des années 40 chez Georg Wilhelm Pabst et Friedrich-Wilhelm Murnau. Le fait de raconter l’histoire sous forme de flashbacks permet de se focaliser sur les moments clés de l’enquête de Francis et évite ainsi les baisses de régime. On peut ainsi tranquillement faire basculer le film dans le fantastique dans les deux derniers actes. Pas grand chose à dire d’autre, sinon que ce film a une descendance qu’il serait fastidieux de retracer. En règle générale, c’est plutôt signe de qualité.
NB : Il est amusant de voir de quelle manière Tim Burton a détourné discrètement ce film pour son Edward aux mains d'argent
Note : 10/10










Commentaires
On ne peut évoquer Le cabinet du docteur Caligari sans parler des décors impressionnants , en grand nombre constitués de toiles peintes, et qui par leurs angles et leur côté abrupt ajoutent à l?étrangeté de la mise en scène et à l?atmosphère bizarre. Les acteurs sur-jouent dans la plus pure tradition du cinéma muet, accentuant par la même les émotions. Conradt Veidt interprète très finement je trouve le rôle pas facile de Cesare (on y croirait presque) tandis que Werner Krauss est il est vrai diablement fascinant. Un pur bonheur.
Ma note : 10/10
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